5 octobre 2026
Partenariat renouvelé Université Laval et Sorbonne Université: faire de la science ensemble dans un monde qui change
La rectrice Sophie D'Amours et la présidente Nathalie Drach-Temam discutent de diplomatie scientifique, du rôle des universités dans la cité et des nouveaux domaines de recherche à développer ensemble

Le 2 octobre au Cercle du pavillon Alphonse-Desjardins, a eu lieu un café-conférence réunissant la présidente de Sorbonne Université, Nathalie Drach-Temam, et la rectrice Sophie D'Amours. Les échanges se sont déroulés sur le thème de l'université au cœur de la cité.
— Université Laval - Yan Doublet
Dans un contexte où la science et les universités font face à diverses pressions, les partenariats internationaux prennent un sens particulier. Pour la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, et la présidente de Sorbonne Université, Nathalie Drach-Temam, ils permettent non seulement de faire avancer la recherche, mais aussi de renforcer la place de la connaissance dans la société.
À l'occasion de la visite à Québec d'une délégation de Sorbonne Université, Sophie D'Amours et Nathalie Drach-Temam se sont entretenues avec ULaval nouvelles. Diplomatie scientifique, recherche sur les océans, maladies neurologiques dégénératives, matériaux durables: leur conversation permet d'entrevoir ce que les deux universités poursuivent ensemble et veulent développer. L'entrevue a eu lieu à la veille du renouvellement pour cinq nouvelles années du partenariat stratégique qui unit les deux établissements.
Pour plus de détails, lire L'Université Laval et Sorbonne Université renouvellent leur partenariat stratégique
«Le bilan des cinq dernières années a été très positif», affirme Nathalie Drach-Temam. Un point de vue partagé par Sophie D'Amours. «Nous sommes deux universités bien engagées dans la science et les collaborations scientifiques, poursuit cette dernière. On a d'abord identifié les thématiques importantes pour nous et qui ont porté fruit. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur nos équipes, sur nos valeurs et sur notre posture universitaire. Le fait que nos universités sont très ancrées dans l'histoire de la francophonie s'inscrit dans l'ADN de notre partenariat stratégique.»
«On a su travailler sur cet héritage qu'on a très fort, qu'on met à l'avant et qu'on n'oublie pas», ajoute la présidente de Sorbonne Université.
À l'ère de la diplomatie scientifique
Un des temps forts de la visite a été l'annonce de la création de trois nouvelles chaires de recherche conjointes sur les savoirs, le pouvoir et la diplomatie scientifique, sur la géomatique, l'écologie et l'acoustique des milieux marins et côtiers, et sur la métabolomique et la protéomique appliquées aux interactions alimentation-médicaments en santé cardiométabolique.
«On peut voir la diplomatie scientifique de différentes façons, explique Nathalie Drach-Temam. Il y a des sujets comme le développement durable pour lesquels il faut être proactif sur les liens entre les pays, sur les partenariats internationaux. On peut travailler entre universités, ensuite, chacune porte les messages communs pour remonter au niveau des États. À savoir si la classe politique est ouverte à ça, je répondrai qu'elle n'a pas le choix!»
La rectrice Sophie D'Amours renchérit. «Le destin de l'université et celui de la cité sont liés, soutient-elle. De notre part, nous devons développer une connaissance la plus robuste possible et la partager. Nos villes et nos politiciens ont quand même une obligation de s'intéresser aux faits. Je pense qu'il y a des menaces réelles envers les universités, particulièrement de la part de mouvements qui disposent d'outils puissants et qui veulent apporter un récit très différent de celui de la science. On ne vivait pas dans ce monde-là avant. On a à s'adapter à ça. La diplomatie scientifique touche à toutes ces choses.»
Nathalie Drach-Temam a fait allusion au scientifique en chef du Québec. «Au Québec, souligne-t-elle, vous avez quand même cette idée qu'auprès des décideurs politiques il y a des personnes qui ont la capacité d'éclairer les décisions publiques.» Selon elle, les deux universités sont à la fois très modernes et très innovantes. «Nous avons une même volonté de faire en sorte que la science soit au cœur d'une vision politique et publique, poursuit-elle. L'institution universitaire et la cité ont deux destins liés.»
Pour un partenariat réussi
Au fil de l'entrevue, la rectrice et la présidente ont abordé plusieurs aspects de la recherche scientifique conjointe menée par les deux établissements. Sophie D'Amours a expliqué qu'un partenariat solide et soutenu qui doit se poursuivre repose sur la réponse à trois questions. D'abord, est-ce que le potentiel est là? Ensuite, est-ce que les retombées sont là? Enfin, est-ce que ce qui a été fait jusqu'à maintenant ouvre des voies nouvelles? «Dans le cas du partenariat entre l'Université Laval et Sorbonne Université, ajoute-t-elle, la réponse est oui.»
La présidente de Sorbonne Université a insisté pour sa part sur les océans comme terrain de recherche commun. «C'est un des sujets majeurs de recherche où je pense que Sorbonne Université est vraiment leader en Europe, soutient-elle. L'Arctique ressort beaucoup dans les projets menés depuis 2021 par le partenariat stratégique. En 2025 à Nice en France, dans le cadre de la 3e Conférence des Nations Unies sur l'Océan, l'Université Laval et Sorbonne Université ont été présentes ensemble. C'est là qu'on a signé notre accord sur le programme de recherche Takuvik. [Ce programme vise l'étude des écosystèmes océaniques et terrestres arctiques ainsi que l'interaction du changement climatique et de l'industrialisation dans l'Arctique canadien.]»
La rectrice a rappelé l'importance du financement de la recherche universitaire dans le cadre d'un partenariat stratégique. «L'Europe a compris depuis longtemps qu'il fallait s'allier à de grands budgets de recherche et soutenir les équipes transnationales de recherche, indique-t-elle. Le Canada le fait depuis moins longtemps.»
Maladies neurologiques dégénératives, matériaux durables
Et l'avenir? «Une nouvelle collaboration commence à se développer avec Sorbonne Université sur les maladies neurologiques dégénératives, répond Sophie D'Amours. À l'Université Laval, c'est un créneau de force pour nous. De part et d'autre, les chercheurs se connaissent, se parlent. Mais ils n'avaient pas imaginé aller plus loin. Ce sera possible avec l'aide des deux universités.»
Un autre exemple concerne les matériaux durables, «une grande force depuis longtemps pour l'Université Laval». «En 2025, explique Sophie D'Amours, nos chercheurs ont décidé qu'il était temps de créer un institut des matériaux durables et de fédérer tous les organismes de recherche du domaine. Avec Sorbonne Université, on a notre organisme miroir avec lequel on peut avancer beaucoup plus vite.»
Nathalie Drach-Temam qualifie la relation Université Laval – Sorbonne Université de mature. «Cette maturité, soutient-elle, va nous permettre potentiellement d'attirer avec nous d'autres universités à l'international.»



















