Vie universitaire

Gérer au bout du monde

Quatre enseignants en gestion et un consultant mettent leur expertise en commun pour documenter toutes les étapes de projets de développement international ou d’action humanitaire

Par : Yvon Larose
Le livre <em>La gestion de projets de développement international et d’action humanitaire </em>met l’accent sur les compétences et les rôles des personnes qui proposent des projets, les gèrent, en assurent le suivi ou en font l’évaluation.
Le livre <em>La gestion de projets de développement international et d’action humanitaire </em>met l’accent sur les compétences et les rôles des personnes qui proposent des projets, les gèrent, en assurent le suivi ou en font l’évaluation.

Les francophones qui ont l’intention de s’engager comme gestionnaires dans l’action humanitaire ou le développement international ont désormais à leur disposition un ouvrage de première main pour la formation et pour la pratique professionnelle en ce domaine. Intitulé La gestion de projets de développement international et d’action humanitaire, ce livre de plus de 350 pages publié aux Presses de l'Université Laval est le fruit d’un travail collectif par des experts en la matière. Quatre enseignants du Département de management de l’Université Laval ont contribué à cet ouvrage ainsi qu’un consultant indépendant. Ce sont respectivement les professeures Isabelle Auclair et Sophie Brière, les chargés de cours Yvan Conoir et Stéphanie Maltais ainsi que Yves Poulin.

«Cet ouvrage est la réédition d’un livre paru en 2016», précise la professeure Brière, responsable de la concentration de 2e cycle en développement international et action humanitaire à la Faculté des sciences de l’administration. «Nous étions trois auteurs, poursuit-elle. Nous sommes maintenant cinq. Notre livre peut intéresser ceux et celles qui ont voyagé et fait quelques expériences comme coopérants bénévoles. Par la suite, ils veulent travailler dans ce domaine, mais ils ont besoin d’outils supplémentaires à ce qu’ils ont appris sur le terrain dans des organisations non gouvernementales (ONG) ou des organismes privés.»

Celle-ci n’hésite pas à qualifier d’«industrie» le domaine d’activité consacré au développement international et à l’aide humanitaire. «En 2018, dit-elle, on estimait à près de 250 milliards de dollars l’argent consacré annuellement à une multitude de projets de différentes envergures et touchant à une grande variété de secteurs. Des ONG comme la Croix-Rouge et Vision mondiale constituent de grosses structures. Des dizaines de milliers de personnes travaillent dans ce domaine. Ce qui explique le besoin de professionnaliser ces activités. Cela prend des connaissances et des compétences particulières pour œuvrer comme gestionnaire dans ce milieu.»

Le livre La gestion de projets de développement international et d’action humanitaire met l’accent sur les compétences et les rôles des personnes qui proposent des projets, les gèrent, en assurent le suivi ou en font l’évaluation. Au fil des pages, les auteurs proposent une démarche rigoureuse qui permet d’intégrer une vision complète et actuelle des concepts, méthodes et outils d’application en matière de gestion de projets.

Des environnements complexes aux multiples enjeux

«La complexité vient au premier rang des caractéristiques de tels projets, soutient Sophie Brière. Quand on gère des personnes en situation de vulnérabilité vivant des enjeux de pauvreté et d’inégalité, en manque de ressources ou bien au niveau de ressources variables, des personnes issues de différentes cultures ou religions, la tâche s’avère difficile. Parfois, deux ou trois pays sont impliqués dans un seul projet. Souvent, le contrat avec le bailleur de fonds peut prendre un ou deux ans avant d’être signé. Les catastrophes naturelles comme un tsunami ou un tremblement de terre font partie des imprévus, lesquels peuvent remettre en question la stabilité politique du pays concerné.»

Le deuxième chapitre du livre énumère l’ensemble des éléments auxquels on doit penser avant même que le projet ne soit commencé. «Est-ce faisable? demande-t-elle. Ai-je l’expertise qu’il faut? Le contexte économique est-il favorable?»

Le troisième chapitre présente les étapes et outils permettant la planification du projet dans ses trois dimensions: technique, coût et temps. Cette planification permet, avant même que le projet ne soit commencé, d’avoir une estimation détaillée du projet et d’effectuer le cas échéant des modifications à la fois dans sa planification et sa conception. Par exemple, si le coût est trop élevé ou la durée du projet est trop longue, il faudra peut-être réduire son envergure. «Il faut faire un budget, affirme la professeure Brière. Telle activité va me coûter tant. Si ça n’entre pas dans les coûts, il faut faire des ajustements avant même que le projet ne soit commencé.»

Le quatrième chapitre a pour objectif de présenter les étapes et les démarches permettant la mise en œuvre du projet. Cette phase du cycle de vie est souvent sous-estimée dans les ouvrages portant sur la gestion de projet. La mise en œuvre du projet représente un défi constant entre conserver le plan initial et s’adapter aux événements qui émergent du terrain. «Nous avons créé une section particulière sur les outils de suivi, indique-t-elle. Comment explique-t-on les écarts? Et comment va-t-on se rattraper par la suite? Les risques vont arriver. Il va y avoir des conflits, des catastrophes naturelles et autres. On s’adapte.»

Enfin, le cinquième chapitre présente la démarche d’évaluation d’un projet. L’évaluation revêt une importance grandissante en développement international et action humanitaire dans un contexte où les acteurs du domaine sont constamment en quête d’une plus grande efficacité de leurs interventions et d’un meilleur succès des projets qu’ils entreprennent. «On trouvait important d’aborder l’évaluation, souligne Sophie Brière. On prend une photo à mi-parcours du projet et à la fin, et on se demande ce qui a fonctionné ou non. L’évaluation est souvent faite par des gens à l’externe. Si on est à mi-parcours, on se demande comment on peut corriger le tir. Si on est en fin de projet, il faut se demander quelles leçons tirer de l’expérience, en fonction d’autres projets à venir. Il faut apprendre de chaque projet. Souvent, on va refaire les mêmes types de projets dans les mêmes pays.»

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