Sports

Du Rouge et Or jusqu'aux équipes professionnelles

Le PEPS souffle 50 bougies. Voilà l’occasion de revenir sur les personnalités et les événements qui ont marqué ce complexe sportif. Ce sixième article d’une série porte sur des étudiants-athlètes diplômés qui ont fait par la suite carrière chez les professionnels.

Par : Yvon Larose
Gino Brousseau (volleyball), Isabelle Grenier (basketball) et Vicente Parraguirre (volleyball) ont fait ou font carrière chez les professionnels. Le premier a joué en France et au Japon, la deuxième a fait carrière en Allemagne et le troisième joue en République tchèque.
Gino Brousseau (volleyball), Isabelle Grenier (basketball) et Vicente Parraguirre (volleyball) ont fait ou font carrière chez les professionnels. Le premier a joué en France et au Japon, la deuxième a fait carrière en Allemagne et le troisième joue en République tchèque.

Un grand nombre d’athlètes talentueux ont étudié à l’Université Laval, et ce, depuis l’ouverture du PEPS en 1970. Parmi eux, plusieurs hommes et femmes ont poursuivi leur passion au niveau professionnel, dans différents pays et dans l’une ou l’autre des cinq disciplines suivantes: football, volleyball, basketball, soccer ou golf. À l’heure actuelle, c’est au football que l’on retrouve le plus d’athlètes professionnels à être passés par l’Université. Dix-huit s’alignent avec neuf équipes canadiennes et un autre, Antony Auclair, joue avec les Buccaneers de Tampa Bay, les gagnants du Super Bowl 2021. Quarante footballeurs ont évolué dans la Ligue canadienne de football.

Le programme de volleyball Rouge et Or vient au second rang pour le plus grand nombre d’étudiants-athlètes devenus professionnels. Au total, 24 anciens et anciennes ont joué au moins un an en Europe, dans une ligue professionnelle de niveau A ou B. L’un des plus connus est sans doute Gino Brousseau. Un autre est Vicente Parraguirre. Ce dernier a commencé sa carrière professionnelle en 2019, tout de suite après ses études à l’Université Laval. Il s’aligne avec le SKV, l’équipe de Ústí nad Labem, en République tchèque.

Le meilleur souvenir de son passage à l’Université est sa participation à la finale canadienne de mars 2019. «Le tournoi a été une très bonne façon de finir ma carrière universitaire, dit-il. Les partisans ont été incroyables, mes parents étaient là et aussi toute ma famille québécoise. Nous avons bien joué. Nous avons disputé 14 sets en trois jours! De plus, nous avons gagné la médaille de bronze pour la première fois dans mes cinq ans avec l’équipe.»

Ce diplômé en administration des affaires a 26 ans. Il est originaire du Chili. Sa principale qualité athlétique est sa puissance à l’attaque. «C’est un peu ma marque de commerce et ce qui m’a amené à jouer pour le Rouge et Or, souligne-t-il. Un bras rapide et une bonne épaule.»

Selon Vicente Parraguirre, l’encadrement sportif reçu à l’Université l’a bien préparé à la vie de sportif professionnel. «Cet encadrement, explique-t-il, m’a aidé à m’organiser et à comprendre que si on s’organise bien, on peut faire beaucoup de choses. Il faut toujours avoir les priorités bien définies et, de cette façon, consacrer le temps nécessaire à chaque activité. Avec le Rouge et Or volleyball, j’ai eu la chance de côtoyer de bons entraîneurs qui ont toujours essayé de pousser mes limites au maximum, de me faire sortir de ma zone de confort et de me donner des outils pour que je puisse m’adapter aux différentes situations et ainsi devenir un meilleur joueur.»

Une des choses qu’il aime le plus du volley est que c’est un peu de tout. «On saute, dit-il, on se déplace vite, on frappe fort et aussi il y a beaucoup de technique dans chacun des coups.»

L’ancien du Rouge et Or évolue aussi avec l’équipe nationale du Chili. En 2019, la formation a terminé quatrième aux Jeux panaméricains, après 48 ans d’absence. L’équipe a également remporté le bronze au championnat sud-américain, une première depuis 1993.

Qu’a-t-il appris en Europe jusqu’à maintenant? «Je continue à apprendre chaque jour, répond-il. L’important est de pouvoir s’adapter rapidement. M’être rendu au niveau professionnel fait que je n’ai rien à envier aux autres athlètes qui ont une longue carrière chez les professionnels. Je peux jouer d’égal à égal et je ne me sens pas désavantagé.»

De Dorsten à Berlin

Le programme de basketball Rouge et Or a permis l’éclosion, comme professionnels, d’une demi-douzaine d’étudiantes et d’étudiants-athlètes. Les femmes se sont dirigées vers les ligues professionnelles de basketball du Vieux Continent afin de réaliser leur rêve. Ce fut notamment le cas d’Isabelle Grenier, au début des années 2000. Chez les hommes, quelques-uns, comme Charles Fortier et Samuel Audet-Sow, ont fait partie, dans la deuxième moitié des années 2000, des Kebs de Québec de la défunte Association américaine de basketball (ABA).

Isabelle Grenier travaille aujourd’hui comme orthopédagogue dans une école secondaire de Montréal. Elle est âgée de 42 ans. Après ses études universitaires de 1998 à 2003, elle a pris le chemin de l’Europe avec l’espoir d’être engagée par un club professionnel.

«Il m’a fallu du courage pour partir seule dans le but de me trouver un emploi, explique-t-elle. Quand j’ai décidé de tenter ma chance en Europe, ça n’a pas fonctionné comme je le prévoyais. En septembre, je n’avais pas réussi à me trouver un club qui voulait de moi. Je suis donc partie avec mon sac à dos et je suis allée me chercher une équipe. Je me suis arrêtée en France et c’est finalement en rejoignant une coéquipière de l’équipe nationale canadienne qui jouait en Allemagne que je me suis fait remarquer. Je suis particulièrement fière de cette étape de ma vie. Sans celle-ci, je n’aurais jamais vécu cette expérience inoubliable qui consiste à être payée pour faire le sport que j’aime.»

La basketteuse a été porte-couleurs du club de la ville de Dorsten pendant trois ans. Elle a ensuite joué un an à Halle et une autre année pour une équipe de Berlin. Une des choses qu’elle a apprises comme professionnelle est qu’un sport peut être une business. «Si tu ne performes pas, dit-elle, tu risques fortement de perdre ton job

Sa principale qualité comme basketteuse était son sens du jeu. Selon elle, l’anticipation, la mobilité et la précision caractérisent ce sport. «C’est un beau mélange de tout ça, soutient-elle, en y ajoutant l’importance des détails lors des entraînements et des parties.»

Au terme de ses études universitaires, Isabelle Grenier avait comme objectif de rester en forme et de performer dans l’équipe nationale canadienne dont elle faisait partie. «Pour y parvenir, indique-t-elle, je devais jouer en Europe. Alors c’est ce que j’ai fait.»

Ses meilleurs souvenirs du Rouge et Or basketball? «Notre participation à la finale du championnat canadien, répond-elle, et certaines victoires importantes lors des championnats provinciaux.»

Ses succès chez les professionnels, elle les doit à l’encadrement du programme Rouge et Or. «Mon encadrement sportif a été fait par l’une des meilleures, affirme-t-elle. Sans Linda Marquis, je n’aurais jamais été prête à faire le saut chez les professionnels. La disponibilité des entraîneurs et thérapeutes a aidé grandement à mon cheminement en tant qu’athlète. Tout au long de mon parcours à l’Université Laval, j’ai amélioré ma discipline personnelle, j’ai pris de la maturité autant sur le terrain que sur les bancs d’école, et je suis devenue une adulte en confiance et prête à entamer de nouveaux défis.»

De la France jusqu’au Japon

Fréjus, Paris, Osaka, Cannes, Poitiers, Paris: le volleyeur Gino Brousseau a laissé sa marque, comme professionnel, avec cinq clubs français et un club japonais entre 1990 et 2003. De plus, durant l’été, entre les différentes saisons professionnelles, il intégrait l’équipe nationale canadienne. Aujourd’hui âgé de 54 ans, il occupe depuis 2020 la fonction d’entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball Rouge et Or.

«Mon sentiment d’appartenance est très fort pour le Rouge et Or, souligne ce diplômé en gérontologie. J’y ai fait mes études et après ma retraite d’athlète professionnel en 2003, j’ai commencé à travailler pour le programme de football, à l’encadrement des études, et ensuite pour le programme de volleyball comme adjoint. Aujourd’hui, j’y suis comme entraîneur-chef.»

Le meilleur souvenir sportif qu’il garde de son passage à l’Université Laval est sans contredit le premier titre canadien remporté par le Rouge et Or en 1990. La réalisation dont il est le plus fier est sa participation aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

«À la base, explique-t-il, je dirais que j’étais un athlète multidisciplinaire, donc très complet dans toutes les phases du jeu. J’avais plusieurs qualités athlétiques, mais mes grandes qualités étaient plus sur les plans de mon intensité et de mon leadership.»

Selon lui, le volleyball est un sport de coopération très technique qui demande la maîtrise de plusieurs habiletés motrices.

«L’encadrement sportif que j’ai reçu à l’Université m’a appris à me dépasser et à persévérer», soutient-il.

Lire tous les articles de la série sur le 50e anniversaire du PEPS

Pour en savoir plus

Consultez la section spéciale 50e anniversaire sur le site Web du PEPS.

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