Sports

Championne du monde

Étudiante à la Faculté des lettres, la boxeuse Ariane Fortin a les Jeux olympiques de Londres dans le collimateur

Par : Yasmine Berthou
Une gueule d’ange et des épaules d’acier. Ariane Fortin, 24 ans, championne du monde de boxe féminine amateur, catégorie 60 kg, et étudiante en dernière année du baccalauréat intégré en langue française et rédaction professionnelle, porte la douceur dans son regard bleu lagon. Elle n’en demeure pas moins une athlète tenace et volontaire dont la vie tourne autour du ring.
  
«J’ai su que je voulais embrasser une carrière de boxeuse après avoir vu le film La Pugiliste, confie-t-elle en arborant un immense sourire. La confiance que dégageait le personnage m’a parlé.» Pourtant, rien ne la prédisposait à se diriger dans cette voie, si ce n'est son tempérament. «À 16 ans, j’étais un peu bum. J’avais du caractère: sans doute est-ce que je voulais déjà me démarquer.» Ses parents ne la dissuadent pas: «Ils m’ont montré que si je voulais faire quelque chose, je le pouvais.» Un riche enseignement qu’Ariane Fortin s’est fait un devoir d’appliquer à la lettre dans son cheminement de sportive.
   
Après s’être entraînée quatre ans dans un sous-sol à Lévis, elle monte à Montréal en 2005 pour se perfectionner aux côtés de Mike Moffa, pour la partie boxe, et d’André Kulesza, pour la préparation physique. Un travail qui l’occupe entre 15 et 20 heures chaque semaine. Quelques mois plus tard, en novembre 2006, à New Delhi, Ariane Fortin devient championne du monde de sa catégorie (70 kg). Elle décroche l’or au Championnat panaméricain de 2007 et redevient championne mondiale en 2008 lors d’un combat à Ningbo, en Chine. Elle a remporté le championnat canadien en janvier dernier et elle vise les Jeux olympiques de Londres de 2012, où elle espère voir la boxe féminine faire son entrée.
   
En attendant, elle continue de potasser ses livres d’université pour quelques mois encore. Ensuite, elle se voit bien enseigner le français aux immigrants allophones. «Je sais que la boxe est souvent assimilée à un sport de brutes. Mais, pour moi, les gestes y sont aussi beaux et aussi nobles que dans l’escrime. La boxe amateur n’a pas pour finalité de faire tomber l’adversaire sous les coups. Être capable d’esquiver l’adversaire tout en le touchant la seconde suivante est extrêmement difficile. C’est un sport de stratégie tout en subtilité. Il suffit de toucher son vis-à-vis pour compter un point.» Une chorégraphie qu’elle travaille jusqu’à la perfection.
    
Depuis le début de l’année, d’ailleurs, elle s’est mise au ballet classique. Consciente de sa carrure imposante, Ariane s’amuse de voir ses muscles saillants détonner à côté des corps fluets des autres danseuses. «J’ai tellement mis l'accent sur le fait de gagner deux fois les championnats du monde, que j’avais besoin d’élargir mes horizons, explique-t-elle. J’ai finalement un côté très “fifille”». Dans le gymnase de Mike Moffa, son nouveau passe-temps a fait sourire les boxeurs. Sans moquerie. «Ce n’est pas parce que nous boxons que nous devons perdre notre féminité, prévient-elle. J’utilise du fond de teint, du blush et je ne quitte pour ainsi dire jamais mes boucles d’oreille. […] Je pense faire de la boxe encore plusieurs années et me lancer dans les combats professionnels. Pour quitter plus facilement ce milieu, il faudra que je trouve une autre passion: avoir des enfants, peut-être.»

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