Sports

Le guerrier des pistes

Après une fructueuse carrière internationale, le biathlonien Jean-Philippe Le Guellec, maintenant étudiant en intervention sportive, vise à nouveau les sommets, cette fois comme entraîneur et comme gestionnaire

Par : Yvon Larose
Jean-Philippe Le Guellec à l'arrivée de la course du 20 km individuel lors de la Coupe du monde tenue à Östersund, en Suède, durant la saison 2012-2013. Deux jours plus tard, il remportait le sprint de 10 km.
Jean-Philippe Le Guellec à l'arrivée de la course du 20 km individuel lors de la Coupe du monde tenue à Östersund, en Suède, durant la saison 2012-2013. Deux jours plus tard, il remportait le sprint de 10 km.
«Je suis présentement assistant-entraîneur de l'équipe provinciale de biathlon au centre Myriam-Bédard à Valcartier. Je vais m'impliquer avec ces jeunes. Notre mandat est de les former pour l'équipe nationale. C'est du développement de haut niveau. C'est un beau défi, car les jeunes sont engagés, intéressés et sérieux.»

Le moins qu'on puisse dire est que Jean-Philippe Le Guellec, inscrit au baccalauréat en intervention sportive, ne doit pas avoir de mal à maintenir l'attention de ces jeunes sportifs, lui qui a écrit plusieurs pages de l'histoire canadienne du biathlon, ce sport d'hiver pareil à nul autre mariant le ski de fond et le tir à la carabine.

Ce fameux biathlonien, sélectionné à trois reprises pour représenter le Canada aux Jeux olympiques, a fait son entrée à l'Université à l'automne 2015. «Il était clair que je voulais rester dans le monde sportif après ma carrière d'athlète, indique-t-il. En plus du coaching, ma formation en intervention sportive contient un volet administratif en gestion du sport de haut niveau. Ce sera une corde de plus à mon arc.» Ces connaissances lui servent déjà. En décembre 2016, l'olympien maintenant âgé de 31 ans a coordonné, avec l'étudiante Sophianne Fortin, le nouveau volet initiation de la populaire course de ski de fond Sprint Rouge et Or. Le 9 décembre, au stade TELUS-Université Laval, quelque 400 jeunes de quatre écoles de niveau primaire de Québec ont pris part au volet initiation. Cette activité a bénéficié du soutien du Grand Défi Pierre Lavoie, qui a fourni l'équipement de ski de fond.

Skier à bonne vitesse sur une piste enneigée, puis s'arrêter pour effectuer cinq tirs à la carabine, debout ou couché, sur des cibles de quelques dizaines de millimètres de diamètre installées à 50 mètres de distance, tandis que le coeur bat à environ 170 pulsations par minute, pour ensuite repartir sur ses skis jusqu'au prochain pas de tir, tel est le lot du biathlonien.

Sur le circuit de la Coupe du monde, le 1er décembre 2012, à Östersund, en Suède, Jean-Philippe Le Guellec a atteint toutes ses cibles au 10 km sprint pour remporter la médaille d'or. Pour la première fois, un Canadien méritait une médaille à la Coupe du monde de biathlon chez les hommes. Deux années plus tôt, aux Jeux olympiques de Vancouver, il avait terminé cette épreuve au sixième rang. Deux ans plus tard, aux Jeux de Sotchi, il conclura le 10 km sprint en cinquième position.

«Östersund demeure l'une de mes plus belles performances, affirme-t-il. Mais ce n'est pas mon plus beau souvenir. Cela est arrivé en 2004 aux Championnats du monde juniors en France lorsque j'ai remporté l'argent au relais avec trois gars de Québec. Aux mêmes championnats, j'avais obtenu l'or au sprint et l'argent en poursuite.»

Son objectif, comme athlète, a été de se hisser parmi l'élite mondiale d'un sport dominé par les Scandinaves. Sur la piste, l'olympien avait une attitude combative, un style bagarreur.

Humeur stable, calme constant, concentration élevée, vision excellente: tous ces éléments ont permis à Jean-Philippe Le Guellec d'obtenir de bonnes performances, en particulier sur le pas de tir. Chaque fois, il tenait compte de la direction et de la force du vent, de la provenance et de l'intensité de la lumière ainsi que de la densité et de l'intensité des précipitations. «Ce sont, dit-il, les principaux éléments extérieurs au tireur qui peuvent affecter la trajectoire de la balle.» En Scandinavie, il a vu des foules de 30 000 personnes encourager un favori à l'approche d'un pas de tir. Pour lui, le bruit ambiant constituait un défi. «Cela, explique-t-il, se compare à une situation où quelqu'un vous parle, mais où vous êtes mentalement ailleurs.»

Selon lui, on ne se lasse jamais d'effectuer une séquence parfaite au tir. «Je crois que l'on devient simplement accro. Le rythme de la recharge de la culasse, la détonation et le «Bling!» des cinq cibles consécutives, tout ça est enivrant... et tellement satisfaisant!»

La vie d'athlète de haut niveau a ses exigences. Ainsi que ses récompenses. «Cette vie comporte des sacrifices, mais il reste qu'elle est absolument unique, soutient Jean-Philippe Le Guellec. On ne peut pas sortir avec ses amis autant qu'on voudrait, mais on se promène en Europe six mois par année. En plus, on fait un sport que l'on aime. Il en émane une passion et une joie de vivre. Le sport m'a tellement donné: il m'a permis de me développer comme athlète, oui, mais il m'aura également permis d'apprendre à me connaître et à me forger comme personne.»

Selon lui, un athlète de pointe recherche l'excellence. «Il faut pouvoir déterminer les aspects à améliorer, année après année, souligne-t-il. Se perfectionner est une quête sans fin.»

Jean-Philippe Le Guellec a pris sa retraite de la compétition en 2014. Il apprécie de ne plus avoir à se concentrer autant sur son sport. «Afin d'atteindre le niveau que je visais, je me devais de ne rien laisser au hasard, raconte-t-il. J'étais concentré littéralement à temps plein sur des variables comme l'alimentation, l'entraînement, la périodisation de l'entraînement, la préparation physique, le repos, le niveau de fatigue, l'humeur, etc. Leur équilibre était ce qui me tenait à coeur. C'est ce qui m'a permis d'atteindre de très hauts niveaux.»

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!