14 octobre 2026
Grand Rendez-vous des diplômées et diplômés: les multiples visages du leadership
La rectrice Sophie D'Amours s'est entretenue avec des personnes diplômées qui donnent l'exemple à leur façon

Lors du Grand Rendez-vous des diplômées et diplômés (de gauche à droite): Marie-Eve Roy, Gaston Déry, Denis Dubois, Sophie D’Amours, Allison Van Rassel et Marilie Cormier Gaudet.
— Jérémy Goulet
Le 13 octobre, le Grand Rendez-vous des diplômées et diplômés réunissait la communauté universitaire pour une réflexion sur le thème «Leadership et pouvoir d'influence: créer un impact durable». La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, s'est d'abord entretenue avec le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins Denis Dubois, diplômé de l'Université Laval en actuariat, avant de discuter avec quatre personnalités nommées parmi les diplômées et diplômés de l'année 2025.
Le leader de Desjardins partage sa vision
Devant une salle comble réunissant près de 240 personnes, les cinq diplômées et diplômés ont partagé leur vision du leadership et livré des exemples tirés de leur parcours.
Pour le premier entretien de la soirée, il a notamment été question de la responsabilité des leaders et des organisations dans un monde de grands bouleversements. Du côté de l'Université, la rectrice soulignait l'importance de donner les outils aux étudiantes et étudiants pour les préparer aux défis actuels et futurs de notre société. Pour le Mouvement Desjardins, Denis Dubois insistait davantage sur le devoir d'écoute et d'accompagnement des membres de la coopérative. «L'augmentation du coût de la vie est une grande préoccupation aujourd'hui. On l'entend partout. Donc, on essaie de faire notre part en appuyant des projets de logements abordables et en favorisant l'accès à la propriété.»
Entré en fonction à titre de président-directeur général du Mouvement Desjardins en septembre 2025, Denis Dubois reconnaît l'importance d'être bien entouré, l'audace et l'ambition comme des éléments clés qui ont contribué à son ascension au sein de l'organisation.
Quant à ses années universitaires, il en garde d'excellents souvenirs. «J'y ai développé la rigueur, l'analyse et la discipline, mais j'ai aussi créé des liens d'amitié qui durent encore aujourd'hui. Le volet social a occupé une grande place dans mes études. J'ai aussi développé une dépendance au jeu vidéo Tetris pendant ma première année de baccalauréat. J'ai dû arrêter complètement ensuite parce que ça nuisait à mes études!», a-t-il confié à la blague.
Denis Dubois a aussi tenu à annoncer le renouvellement du partenariat entre le Mouvement Desjardins et l'Université Laval. Un engagement de 1,5 million de dollars visant à soutenir la formation, la recherche et l'innovation au sein de l'établissement. «Nous sommes fiers, chez Desjardins, d'investir concrètement dans la relève pour l'aider à relever les défis auxquels nous sommes confrontés», a affirmé le PDG.
Pour l'Université Laval, ce renouvellement témoigne de la solidité d'une collaboration qui dure depuis plus de 50 ans. «Les grands partenariats se mesurent autant à leur longévité qu'à leur capacité d'évoluer», a mentionné la rectrice.
La parole aux diplômées et diplômés de l'année
La deuxième partie de l'événement donnait la parole à quatre personnes diplômées: Gaston Déry, ingénieur forestier et pionnier de la foresterie urbaine au Québec, Allison Van Rassel, communicatrice culinaire et entrepreneure, Marilie Cormier Gaudet, directrice générale du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) Centre-du-Québec, et Marie-Eve Roy, ingénieure forestière et spécialiste du transfert de connaissances. En 2025, ces personnes avaient été nommées diplômées et diplômés de l'année par un comité constitué au sein de l'Université Laval, parce qu'elles ont reçu des honneurs dans leurs domaines respectifs.
Invités à définir leur propre conception du leadership, les panélistes ont illustré la diversité des formes qu'il peut prendre.
Le leadership collaboratif est la forme qui définit le mieux l'approche de Gaston Déry. «Il n'y a pas un moment ou un événement précis qui explique l'influence et le leadership que j'ai pu développer au cours de ma carrière. C'est l'ensemble de l'œuvre. Et la vérité, c'est que, sans mes équipes de travail, sans la contribution des personnes qui ont croisé mon parcours, je ne serais pas ici aujourd'hui.»
Du côté d'Allison Van Rassel, le plaisir est à la source de son influence. «Je crois que c'est ce qui donne envie aux gens de me suivre.» Humble, elle identifie le moment où Radio-Canada l'a contactée pour lui offrir d'être chroniqueuse à l'émission Bien dans son assiette comme étant décisif dans sa carrière «On dirait que je ne comprenais pas pourquoi on m'avait choisi, mais j'ai accepté.»
Marilie Cormier Gaudet, elle, se définit davantage comme un capitaine de bateau. «Au CAVAC, les intervenants sont essentiels. Ce sont eux qui offrent les services. Moi, mon rôle, c'est davantage de donner une direction et de partager ma vision.»
Quant à Marie-Eve Roy, elle explique son leadership par sa passion et son approche humaine: «je veux que les gens autour de moi se sentent bien.»
Le public invité à participer
Plusieurs questions ont donné lieu à des échanges particulièrement riches entre les panélistes et le public.
Les participantes et participants ont notamment été invités à répondre, par l'entremise d'une application Web, à l'affirmation «La franchise devrait-elle, oui ou non, toujours primer sur la diplomatie?». Alors que la question divisait quasi également l'auditoire, les panélistes étaient unanimes: la franchise doit primer. «Une main de fer dans un gant de velours», a dit Gaston Déry. Par respect pour soi et pour l'autre, la vérité doit prévaloir. Denis Dubois a tenu toutefois à préciser: «on a tendance à mettre en opposition les deux termes, mais ils peuvent très bien coexister».
L'entretien a entre autres permis de mettre en lumière l'importance de l'équilibre entre l'authenticité, l'écoute et la capacité d'adaptation. Les panélistes ont également partagé des réflexions sur les moments charnières qui ont renforcé leur confiance comme leaders ainsi que sur la place de la vulnérabilité dans l'exercice du leadership. «Pour moi, la vulnérabilité est essentielle, a confié Marie-Ève Roy. C'est ce qui nous rend humains.»
Un impact au-delà du rôle
Au fil des échanges, un constat s'est imposé: le leadership ne repose pas nécessairement sur un titre ou une position d'autorité, mais sur la capacité d'influencer positivement son entourage, de mobiliser les gens autour d'une vision et de contribuer à quelque chose qui dépasse ses intérêts individuels.
Qu'il s'agisse de finance, de foresterie, d'entrepreneuriat, de gestion ou de communication, les panélistes ont démontré que l'impact durable se construit à travers des gestes cohérents, une vision à long terme et un engagement envers les autres. «C'est le travail d'une vie. Le fleuve coule lentement, mais il arrive toujours à la mer», a conclu avec philosophie Gaston Déry.

























