9 octobre 2026
Une microforêt prendra racine au cœur du campus
Le chantier à venir au pied du pavillon Jeanne-Lapointe permettra de réaménager les espaces extérieurs pour favoriser la biodiversité, mieux gérer les eaux pluviales et créer une nouvelle aire de vie

Représentation de la microforêt vue du futur Carrefour international Brian-Mulroney
— Projet Paysage
La construction du Carrefour international Brian-Mulroney, du nouveau pavillon de la Faculté des sciences de l'éducation et le réaménagement de l'entrée du pavillon La Laurentienne, pour en faire le futur pavillon Pierre-Péladeau, entraînera une transformation majeure du secteur de l'avenue du Séminaire. Ces travaux seront l'occasion de créer un milieu de vie extérieur plus végétalisé et plus résilient.
Réalisé en collaboration avec le Service des immeubles, la firme Projet Paysage et des spécialistes de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, le concept propose une approche de renaturation visant à recréer rapidement une petite forêt naturelle, tout en contribuant à la rétention et à l'infiltration des eaux pluviales directement sur le site. Cet aménagement favorisera également la biodiversité et offrira de nouvelles possibilités d'enseignement, d'apprentissage et d'observation en milieu naturel.

Plan schématique du projet de renaturation au pied de la tour Jeanne-Lapointe
— Projet Paysage
Une forêt éponge aux multiples fonctions
Au cœur de l'aménagement se trouvera une forêt éponge, conçue à la fois comme espace favorisant la biodiversité, offrant des refuges fauniques et agissant comme une infrastructure de gestion des eaux pluviales. La forêt éponge sera complétée par des îlots de plantation de type sous-bois et, ensemble, ces aménagements permettront de recueillir et de retenir temporairement l'eau sur le site avant de la diriger vers le réseau de drainage.
«L'objectif est de créer un aménagement capable de jouer plusieurs rôles à la fois. La végétation contribue à la qualité du milieu de vie et à la biodiversité, mais elle devient aussi une composante fonctionnelle de la gestion hydrique du site», explique Mélinda Tremblay, architecte au Service des immeubles.
Cette infrastructure verte constitue une mesure d'adaptation aux changements climatiques. En ralentissant l'écoulement de l'eau et en favorisant son absorption, elle contribuera à réduire la pression exercée sur les réseaux de drainage lors des épisodes de pluie intense, appelés à devenir plus fréquents.
Un aménagement entièrement composé d'espèces indigènes
La microforêt se distinguera par une stratégie de végétalisation composée entièrement d'espèces indigènes du Québec. Implantées de manière dense afin d'accélérer la création d'un écosystème forestier à petite échelle, ces plantations permettront d'accroître la valeur écologique du site. De plus, certaines espèces pourront être utilisées dans des activités d'enseignement et des cours de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique et de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation.
«Un aménagement de cette nature permet d'observer concrètement le développement d'une communauté végétale en milieu urbain», souligne la professeure Janani Sivarajah de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. «Il constituera également un laboratoire vivant pour l'enseignement. La diversité des espèces végétales qui y seront implantées offrira un contexte d'apprentissage concret pour certains cours, favorisant l'observation et l'identification des végétaux directement sur le terrain», ajoute Monique Poulin, professeure à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation.
La réalisation du projet nécessitera le retrait préalable d'arbres situés dans le périmètre des travaux. Une attention particulière sera toutefois portée à deux grands pins, dont le bois sera récupéré et transformé en 10 billes de huit pieds destinées au Centre de recherche sur les matériaux renouvelables (CRMR) de l'Université Laval. Le CRMR réunit des expertises consacrées notamment à la caractérisation et à la transformation des ressources renouvelables, à la conception de produits écoresponsables et à l'évaluation de leurs performances environnementales. Sa mission consiste à soutenir la recherche et la formation en vue d'une utilisation responsable des ressources forestières et lignocellulosiques.
Des liens entre les engagements et les projets
Selon Ève Roussel, directrice du Service des immeubles, le projet illustre bien que les engagements de l'Université en matière de biodiversité peuvent se traduire concrètement dans la planification et la réalisation des aménagements.
Cette collaboration entre les différentes équipes permet, dit-elle, d'aborder l'aménagement comme un projet multidisciplinaire qui ajoutera une aire de vie au cœur du campus. «Le chantier devient ainsi une occasion de combiner les besoins opérationnels avec les objectifs de biodiversité, d'adaptation climatique et de valorisation des expertises universitaires.»
Anne Gaboury est responsable de l'adaptation aux changements climatiques et de la biodiversité au Bureau de la responsabilité sociale et environnementale et Dominique Bernard est conseillère en communication au Service des immeubles.

























