20 mai 2026
Pourquoi certaines personnes sont-elles affectées par le pollen au printemps et pas d'autres?
Jean-Nicolas Boursiquot, professeur de clinique au Département de microbiologie-infectiologie et d'immunologie, répond à une question du public posée dans le cadre de la série La science, pas si compliquée!

Le bouleau libère de grandes quantités de pollen au printemps, ce qui peut faire réagir le système immunitaire de certaines personnes de façon excessive, explique Jean-Nicolas Boursiquot, professeur de clinique à la Faculté de médecine.
— Université Laval, Yan Doublet
Comme plusieurs personnes, Tristan se réveille avec d'énormes symptômes liés au pollen au printemps, alors que d'autres ne sont pas du tout affectées. «Pourquoi cette “injustice”?» demande-t-il. Jean-Nicolas Boursiquot, professeur de clinique à la Faculté de médecine et allergologue-immunologue au CHU de Québec – Université Laval, répond à sa question.
«Au printemps, plusieurs arbres (notamment le bouleau) libèrent de grandes quantités de pollen dans l'air afin d'assurer leur reproduction. Pour la majorité des gens, ce pollen est totalement inoffensif. Chez certaines personnes toutefois, le système immunitaire réagit de façon excessive et considère à tort le pollen comme un danger.
Cette réaction porte le nom d'allergie. Le corps produit alors des anticorps appelés IgE, qui entraînent la libération de substances inflammatoires comme l'histamine. C'est cette cascade de réactions qui provoque les symptômes typiques des allergies saisonnières: éternuements, congestion nasale, écoulement du nez, démangeaisons, yeux rouges ou larmoyants, et parfois même des symptômes d'asthme.
Pourquoi certaines personnes deviennent-elles allergiques, alors que d'autres non? La réponse repose sur un mélange de facteurs génétiques et environnementaux. Les personnes ayant des parents allergiques présentent un risque plus élevé de développer elles aussi des allergies.
Notre environnement moderne pourrait également contribuer au phénomène. Selon l'“hypothèse hygiéniste”, le fait de grandir dans des milieux très propres et peu exposés aux microbes limiterait l'apprentissage normal du système immunitaire, qui deviendrait alors plus susceptible de réagir à des substances pourtant inoffensives comme le pollen.
Les changements climatiques jouent aussi un rôle important. Des printemps plus précoces et des saisons polliniques plus longues favorisent une exposition accrue au pollen, ce qui peut aggraver les symptômes chez les personnes allergiques.
Heureusement, plusieurs traitements efficaces existent pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes.»
Propos recueillis par Audrey-Maude Vézina

La cabine vidéo de La science, pas si compliquée! (à gauche) et Tristan, qui a posé la question sur les allergies au pollen.











