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8 mai 1997 ![]() |
Le Colloque "Culture institutionnelle de recherche: vers une ou des cultures de recherche?", présenté le 28 avril sur le campus et organisé par la Commission de la recherche, coïncidait, à quelques semaines près, au dixième anniversaire de l'entrée en poste de Denis Gagnon au vice-rectorat à la recherche. Ce dernier a d'ailleurs profité de l'occasion pour faire le point sur l'état de la culture de recherche à l'Université.
D'autres participants ont fait valoir leur point de vue sur cette question. Suzanne Fortier, vice-principale à la recherche à l'Université Queen's, une petite université ontarienne ayant une grande tradition de recherche, estime ainsi que les valeurs de base d'une université définissent en grande partie sa culture. "Nous avons trois valeurs fondamentales à Queen's: l'intégrité intellectuelle, la liberté de questionnement et d'échanges d'idées et le respect de la personne. Elles conditionnent toutes nos actions et expliquent en bonne partie nos succès."
De son côté, Édith Deleury, professeure à la Faculté de droit, constate l'émergence de plusieurs cultures de la recherche à Laval. "Il y a la recherche individuelle et la collective, la facultaire et l'interfacultaire, la fondamentale et l'appliquée, etc. Il faut respecter la diversité des cultures et des formes de la recherche et encourager la recherche pluridisciplinaire en se donnant les moyens d'en faire."
Caroline Sénécal, professeure à l'École de psychologie, considère qu'une culture de la recherche s'exprime en bonne partie par le souci de former la relève. "Il faut laisser de l'autonomie aux étudiants-chercheurs, leur faire vivre des congrès, des stages à l'extérieur, les laisser rédiger des articles et des demandes de subventions. On s'attarde trop peu à la relève."
"À la lumière des discussions, on peut dire qu'il n'y a pas une culture mais plusieurs manifestations d'une même culture de la recherche à l'Université Laval, conclut Joël de la Noue, président de la Commission de la recherche. Je crois cependant qu'on s'achemine doucement vers un dénominateur commun." Les chercheurs qui viennent d'établissements ayant une longue tradition de recherche n'hésitent pas à dire "je suis du MIT ou je suis de Stanford", poursuit-il. Ici à Laval, par souci d'affirmer leurs différences, les chercheurs ont pris l'habitude de s'identifier à leur unité ou à leur centre de recherche.
"Je crois qu'un jour, lorsqu'on demandera à un chercheur de l'Université où il travaille, il répondra avec fierté qu'il est de l'Université Laval. C'est ça une culture de la recherche: s'identifier à la globalité de l'institution et être tout aussi fier des réalisations des chercheurs des autres unités que de la sienne."