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17 octobre 2002 ![]() |
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Les coraux de certaines régions côtières du Mexique sont mis à mal depuis une trentaine d'années, en raison du boom touristique que connaissent les destinations vacances de ce pays. Déjà battus par les vagues et soumis aux variations de température et de salinité qui accompagnent les marées, ces bancs doivent maintenant affronter les problèmes de destruction de l'habitat et de pollution. Et Neptune sait que le corail est extrêmement fragile: un simple contact du pied ou de la main suffit à le blesser ou à le tuer. "Au Mexique, la situation des récifs de coraux est comparable à celle que vivent les baleines de Tadoussac à cause des croisières", affirme le professeur Alfonso Condal, du Département des sciences géomatiques. Épine dorsale de l'industrie touristique et de la pêche, les bancs de coraux jouent un rôle écologique central dans les eaux tropicales du Mexique. C'est pourquoi les responsables tentent de suivre de près l'évolution de ces milieux très vulnérables. "L'imagerie satellitaire ne parvient pas à bien documenter l'abondance et la distribution spatiale des composantes des bancs, parce que la résolution des images n'est pas assez grande, explique le professeur Condal. |
Les photos aériennes prises à partir d'un avion (en haut), combinées à des photos sous-marines, permettent de construire une carte montrant la répartition et l'abondance des différentes composantes des récifs de coraux. |
Aucun impact écologique
Les chercheurs ont mis leur méthode à l'essai
à Akumal, une destination touristique située à
une centaine de kilomètres de Cancun. Ils ont photographié
la côte à partir d'un petit avion volant à
400 m d'altitude, avec une caméra Canon de 50 mm d'ouverture.
Une fois numérisées, ces photos ont une résolution
impressionnante: chaque pixel correspond à un carré
de 40 cm de côté au sol, ce qui équivaut
grosso modo, à la taille des organismes retrouvés
sur les récifs de coraux, précise le professeur
Condal. Les chercheurs ont également pris des photos sous-marines
de chaque composante d'un banc typique (sable, fond calcaire,
corail, algues, éponges, mollusques, etc.), de façon
à obtenir sa signature spectrale. Transposées sur
les photos aériennes, ces signatures permettent d'établir
l'abondance et la répartition des diverses composantes
des récifs de coraux. "Nous parvenons ainsi à
faire en une journée, ce qui exigerait une semaine en
bateau, estime Alfonso Condal. En plus, notre méthodologie
n'a aucun impact écologique sur les bancs eux-mêmes,
puisque nous ne les touchons jamais."
Cette technique ne permet cependant pas d'étudier les
bancs situés en profondeur, parce que l'eau freine la
pénétration de la lumière. Cependant, comme
les bancs de coraux les plus vulnérables se retrouvent
près des côtes, en eaux peu profondes, à
portée de milliers de touristes, la méthode mise
au point par les trois chercheurs pourrait devenir un outil de
choix pour le suivi écologique des récifs de coraux
menacés.
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