23 avril 2026
La golfeuse du Rouge et Or Sarah-Maude Martel mettra bientôt un point final à sa carrière universitaire
Après avoir brillé sur les terrains de golf ces dernières années, la porte-couleurs du Rouge et Or fera ses adieux à la compétition universitaire en juin en participant avec ses coéquipières au Championnat canadien de collèges et universités

Sarah-Maude Martel photographiée en plein élan au championnat canadien universitaire 2023, qui s'est déroulé au club de golf FireRock à Komoka, en Ontario.
— Golf Canada
Elle s’appelle Sarah-Maude Martel. Elle a 23 ans et a terminé son baccalauréat en administration des affaires il y a quelques mois à l’Université Laval. C’est aussi une passionnée de golf qui s’est affirmée ces dernières années comme une athlète de haut niveau sur les circuits universitaires québécois et canadien. Un exemple: en septembre dernier au club de golf Le Marthelinois, à Trois-Rivières, lors du Championnat provincial du Réseau du sport étudiant du Québec, l’étudiante-athlète a ramené deux cartes identiques de 71, soit un coup sous la normale, lors des deux dernières rondes. Cette performance a contribué à la conquête d’un quatrième titre provincial d’affilée pour le club de golf féminin Rouge et Or.
«La fin de la saison 2025 m’a beaucoup marquée, dit-elle. Le tournoi s’est bien terminé. J’ai été capable d’aller chercher de bons scores. Sur le plan individuel, je suis invaincue depuis trois ans en ligue universitaire. Rares sont les joueurs capables de jouer en dessous de la normale. J’ai été capable de le faire ces deux dernières saisons. C’est un peu comme accomplir le rêve de tout golfeur!»
En juin, Sarah-Maude Martel participera avec ses coéquipières au Championnat canadien de collèges et universités qui se tiendra au club de golf La Tempête, à Lévis. Il s’agira de son ultime tournoi universitaire en carrière.
«Notre préparation est assez complète en vue de cette compétition, explique-t-elle. Nous poursuivons d’abord l’entraînement physique de trois à quatre fois par semaine au PEPS, afin de maintenir une bonne condition et de prévenir les blessures. Ensuite, nous enchaînons avec des pratiques au club de golf Royal Québec, où nous travaillons notamment la technique de notre élan et différents aspects de notre jeu. Nous allons également nous entraîner au club de golf La Tempête environ deux fois par semaine, ce qui nous permet de bien nous familiariser avec le parcours. Finalement, au mois de mai, nous aurons l’opportunité de participer à un camp d’entraînement en République dominicaine.»
Puissance, précision, finesse
Élizabeth Asselin est l’entraîneuse-cheffe du club de golf féminin Rouge et Or. Cette professionnelle du club de golf Royal Québec connaît Sarah-Maude Martel depuis la fin des années 2010, qu’elle a dirigée au sein de l’académie junior du Royal Québec. «Sarah-Maude, souligne-t-elle, est talentueuse, mais elle a énormément travaillé pour obtenir le succès qu'elle a aujourd'hui; ça ne lui est pas tombé dessus sans rien faire. Honnêtement, elle n'a pas de faiblesses dans son jeu. Elle a énormément de forces, comme sa puissance avec sa drive, sa précision avec ses fers et sa finesse autour des verts. C'est une athlète qui est surtout extrêmement disciplinée et organisée. C’est une personne très curieuse, à l'affût de façons de s'améliorer et très autonome dans les pratiques.»
Un sport «mental»
Le golf se définit comme un sport de précision qui se joue en plein air. À l’aide d’un bâton appelé club, la golfeuse ou le golfeur frappe une balle en direction d’un trou qu’il faut atteindre avec le moins de coups possible. Voilà pour la définition simple.

Sarah-Maude Martel au club de golf Le Marthelinois à Trois-Rivières lors du championnat provincial en 2025
— Rouge et Or
«Mais le golf, affirme Sarah-Maude Martel, c’est bien plus que seulement frapper des balles! C’est un sport exigeant où l’on est constamment confronté à de nouvelles situations et où les erreurs font partie du jeu. Il est donc facile de tomber dans un discours interne négatif. Être capable de maintenir une attitude constructive permet de préserver sa confiance et d’aborder chaque coup avec clarté. C’est là que les techniques de concentration, la routine d’avant-coup – incluant la respiration et la capacité à «passer au suivant» après chaque frappe – prennent toute leur importance.» Dit autrement, dans ce sport très «mental», Sarah-Maude Martel recommande «d’oublier les derniers coups, le passé est le passé, et de se concentrer sur le prochain coup».
Parmi la panoplie de situations qui peuvent se présenter durant une partie, il y a l’envoi accidentel de la balle dans un boisé. «Cela m’arrive, admet-elle. Mais pas souvent. Ramener la balle sur le terrain représente un défi.» Jouer sous la pluie constitue un autre genre de défi. «Ce n’est pas évident de s’élancer avec un manteau de pluie sur soi, explique-t-elle. On est tout collé. Il faut rester concentré sur son jeu. Il faut s’assurer que les bâtons ne se mouillent pas trop.»
Dans leur entraînement, les golfeuses du club Rouge et Or sont accompagnées par une préparatrice mentale. Celle-ci permet aux étudiantes-athlètes de développer des outils essentiels en golf – tels que la visualisation, la concentration et la capacité de rester dans le moment présent – et de les intégrer à leur routine.
Entre quatre et six heures pour une ronde de golf
Sarah-Maude Martel essaie de maintenir une routine stable au quotidien, notamment en ce qui concerne le sommeil, en se couchant et en se levant à des heures régulières. «Avec les entraînements tôt le matin, dit-elle, la récupération devient essentielle pour performer.»
Côté alimentation, elle dit ne pas avoir de plan strict, mais elle fait des choix équilibrés pour soutenir l’entraînement et la récupération. «Sur le terrain, poursuit-elle, c’est particulièrement important, car une ronde de golf peut durer entre quatre et six heures, donc il faut bien s’alimenter et s’hydrater afin de maintenir son énergie et sa concentration du début à la fin.»
Sur la conciliation sport-études, Sarah-Maude Martel insiste sur l’importance d’être organisé. Elle ajoute que les professeurs sont accommodants. «Si on a un examen durant une compétition, explique-t-elle, on a toujours la possibilité de le reprendre à un autre moment. Sinon, si on n’est pas sur le terrain, on est dans nos livres!»
Et la suite des choses? «Les rangs professionnels ne font pas partie de mes objectifs, répond-elle. Mais je suis motivée à continuer la compétition. Je suis inscrite à un tournoi fin juin à Montréal. C’est un tournoi de niveau amateur qui se déroule sur deux jours. J’y avais remporté le titre en 2022, avant mon entrée à l’Université Laval, donc il s’agit pour moi d’un retour dans le circuit amateur, ce qui est très motivant.»
Il va de soi que Sarah-Maude Martel recommande son sport. «C’est le sport de la vie, si je puis dire. Il y a tellement d’embûches dans un 18 trous. Il faut faire de son mieux, se relever, comme dans la vie de tous les jours.»

