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10 mai 2001 ![]() |
La pédagogie pratiquée à l'université
fait peu souvent, semble-t-il, l'objet de recherches de la part
des chercheurs de ce milieu. Mais les quelques études qui
ont été menées sur le sujet, ici et là,
profitent-elles vraiment aux étudiants?
À cette interrogation fondamentale, lancée lors
de la séance plénière d'ouverture du colloque
"Recherche en pédagogie universitaire" organisé
par la Conférence des recteurs et des principaux des universités
du Québec (CREPUQ), le 27 avril, au pavillon La Laurentienne,
Lynn McAlpine répond de façon affirmative et sans
équivoque.
Pour la directrice du Centre d'enseignement supérieur de
l'Université McGill, qui a fait état, à cette
occasion, des résultats de deux séries d'études
sur l'apprentissage, il ne fait aucun doute que certaines recherches
peuvent contribuer grandement à guider le pédagogue
dans son acte d'enseigner. Par exemple, si ce dernier se fie aux
conclusions d'une étude récente portant sur les
deux approches de l'apprentissage adoptées par les étudiants
du 1er cycle, il se rendra compte que l'approche en profondeur
(fondée sur l'intérêt personnel, l'absence
de stress et un sentiment d'appropriation) améliore davantage
la qualité de cet apprentissage que l'approche en surface
où l'étudiant ne fait que reproduire ce que le professeur
a dit même sans l'avoir compris.
Ladite recherche apprendra alors au professeur à renforcer
la première approche et à minimiser la seconde en
appliquant en classe (ou même en ayant recours au site Web
comme support d'apprentissage) quatre principes directeurs: fournir
des explications claires, expliciter la pertinence de l'apprentissage,
laisser une marge de liberté au chapitre des exigences
du cours et assurer une charge de travail raisonnable.
Hors-les-murs
"Le temps passé hors de la classe, qui représente
les trois quarts du temps que les étudiants vont consacrer
à l'apprentissage, peut être plus efficace que le
temps passé en classe, notamment pour la compréhension
de la matière et la résolution de problèmes",
a affirmé par ailleurs Lynn McAlpine, lorsqu'elle a livré
quelques observations émanant d'une seconde série
d'études ayant investigué, cette fois, du côté
du "temps passé à la tâche" ou du
"temps utile". Comme les étudiants à temps
plein consacrent près de 40 heures par semaine à
leurs études, dont seulement une quinzaine dans la salle
de cours, il importe, selon elle, que le professeur ou la professeure
mette mieux en valeur le "temps invisible" de ses étudiants
hors de la classe.
"Plus nous passerons de temps à la planification pédagogique,
meilleur sera l'apprentissage qui en résultera, a-t-elle
estimé. Notre tâche sera alors de planifier comment
les étudiants s'investiront dans la matière et non
comment nous gérerons leur temps en classe."
Soulignons que le colloque "Recherche en pédagogie
universitaire", qui s'est déroulé sur le thème
"L'intégration des technologies de l'information et
de la communication (TIC) en enseignement", a attiré
à l'Université Laval plus d'une centaine de participants
et de participantes provenant, pour la plupart, du réseau
des universités du Québec.
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