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23 janvier 1997 ![]() |
Partenariat financier et scientifique avec le CRDI et Développement
international Desjardins
Le ministre de la Coopération internationale et ministre responsable
de la Francophonie, Don Boudria, est de passage à Québec aujourd'hui,
jeudi, 23 janvier, pour annoncer la création d'une chaire de recherche
et de formation en développement international à l'Université
Laval.La nouvelle chaire de l'Université mise sur un partenariat
financier et scientifique avec Développement international Desjardins
(DID) et le Centre de recherches pour le développement international
(CRDI). Son appellation spécifique sera choisie après approbation
du Conseil d'administration de l'Université, de DID et du CRDI.
La chaire vise la recherche appliquée et la formation d'étudiantes
et d'étudiants d'origine canadienne ou internationale dans des domaines
aussi diversifiés que les services financiers, les conditions de
vie des ménages et le commerce international. Elle a aussi pour objectif
de mettre en place un réseau de communication et d'information en
coopération internationale, dans des institutions francophones d'enseignement
et de recherche en agroalimentaire à travers le monde et dans des
institutions québécoises et canadiennes qui s'intéressent
à la problématique des services financiers et de conditions
de vie des ménages.
Pour ce faire, les travaux de la chaire concerneront particulièrement
les continents de l'Afrique et de l'Amérique latine où la
pauvreté et la sécurité alimentaire constituent des
enjeux prioritaires. L'élaboration de nouveaux modèles économiques
de développement, une meilleure connaisssance des causes du succès
et d'échec du microfinancement ainsi que les études approfondies
des conditions de vie des ménages, pourront permettre de trouver
des solutions originales, intégratrices et structurantes aux problèmes
de la pauvreté et de la sécurité alimentaire.
L'amélioration des conditions de vie des ménages et de leur accès aux services financiers représente une condition sine qua non de réduction de la pauvreté et d'amélioration de la compétitivité des entreprises. Cependant, les questions de pauvreté, de commerce et d'accès aux services financiers ne peuvent être étudiées sans porter une attention particulière aux perceptions et aux rôles des femmes, en plus d'être inscrites dans une perspective de développement durable.
Un fonds de 1,5 million
La chaire en développement international dispose d'un fonds de capitalisation
de 1,5 million de dollars. Elle a été créée
à l'invitation du Centre de recherches pour le développement
international qui y injecte un montant de 750 000 $. L'Université
Laval a répondu à l'exigence d'appariement de ce montant en
s'associant à Développement international Desjardins qui a
consenti 400 000 $ à la chaire, montant auquel s'est ajoutée
une contribution de 250 000 $ de La Fondation de l'Université Laval
et de 100 000 $ de la Faculté des sciences de l'agriculture et de
l'alimentation.
C'est d'ailleurs un professeur de cette Faculté, Frédéric
Martin, qui sera le titulaire de cette chaire. Ce spécialiste affiche
13 années d'expérience professionnelle sur des questions touchant
au développement en Afrique et en Amérique latine, dont quatre
de présence sur le terrain.
Retombées
Les partenaires de la chaire estiment qu'elle générera des
retombées directes de 2 millions de dollars au cours des cinq prochaines
années et de 4 millions au cours de la prochaine décennie.
Au fil des ans, les contributions externes seront accrues pour permettre
d'atteindre l'objectif de 5 millions de dollars après 10 ans. Les
retombées économiques indirectes seront probablement plus
importantes encore pour les pays en développement et le Canada, bien
qu'elles soient plus difficiles à quantifier.
Les services financiers
Le thème Les services financiers en appui aux ménages et aux
entreprises s'attardera à une contrainte-clé au processus
de développement, soit l'accès au capital par les ménages
et les entreprises pour financer leurs besoins de consommation et d'investissement.
De nos jours, en effet, le financement du développement dépasse
de loin les simples opérations de crédit. Il suppose l'existence
d'une offre diversifiée de services financiers et l'accès
des entreprises et des ménages à ces services. Cet accès
aux services financiers est souvent restreint pour de grandes portions de
la population des pays en développement.
Dans ce contexte, les recherches devront, entre autres, se préoccuper
de façon particulière des populations les moins favorisées
pour leur permettre d'intégrer les réseaux formels financiers
(la microfinance). De plus elles devront s'intéresser aux services
financiers spécifiques pour les micro et les petites entreprises.
Les produits financiers non bancaires pourront faire également l'objet
de recherches comme, par exemple, les produits d'assurance et de fonds de
pension de même que l'habitat et son financement.
Pauvreté et conditions de vie
Pour sa part, le thème Pauvreté et conditions de vie des ménages se situe au coeur de la problématique du développement. En
effet, le but central du développement est de promouvoir le bien-être
des ménages par l'amélioration de leurs conditions de vie,
en ciblant en priorité les groupes les plus pauvres.
Selon les estimations récentes, il y aurait entre 600 millions et
un milliard de pauvres dans le monde. Depuis le début des années
80, le ratio de pauvres par rapport à la population globale stagne
et leur nombre absolu a augmenté. Malgré de grandes percées
technologiques et avancées méthodologiques au cours des 20
dernières années, il reste encore au moins deux défis
dans le domaine de la recherche en matière de pauvreté et
des conditions de vie. Premièrement, les mesures actuelles du niveau
de vie laissent à désirer.
Deuxièmement, il s'agit de mieux comprendre comment assurer une meilleure
efficacité des actions publiques de lutte contre la pauvreté
et d'amélioration des conditions de vie, entre autres par la mise
en place de systèmes adéquats de suivi-évaluation.
Compétitivité des filières, intégration régionale
et commerce international
Enfin, le thème Compétitivité des filières,
intégration régionale et commerce international, s'intéressera
au deuxième agent clé de l'économie d'un pays après
les ménages, soit les entreprises. Assurer la viabilité des
entreprises est fondamental pour le processus de développement car
celles-ci permettent la production de biens et la création de valeur
ajoutée, d'emploi, de revenu et de devises. Être viable pour
une entreprise implique d'être compétitive, c'est-à-dire
capable de vendre ses produits et services sur les marchés visés
tout en faisant des profits.
Aujourd'hui, l'analyse de la compétitivité se fait de plus
en plus avec une approche de filière allant du producteur de produit
primaire au consommateur final. Cette approche permet d'identifier les obstacles-clés
à l'amélioration de la compétitivité sur le
marché final. Pour de plus en plus d'entreprises qui produisent des
biens échangeables sur le marché mondial, cette compétitivité
doit être abordée dans un contexte d'ouverture internationale.