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14 novembre 1996 ![]() |
Counseling
Un étudiant sur dix est confronté à ce problème au cours de son premier trimestre. Voici quelques trucs pour passer à travers.
Vous venez de recevoir une lettre vous informant que vous êtes exclu du programme d'études auquel vous étiez inscrit? Vous n'êtes probablement pas seul ou seule à vivre pareille expérience. On peut affirmer, sans trop se tromper, qu'un étudiant sur dix une proportion qui peut varier d'un programme à l'autre rencontre un jour ou l'autre des difficultés qui rendront difficile la poursuite de ses études dans le programme où il avait été admis. Et la plupart du temps, cette exclusion surviendra durant le premier trimestre, et sera liée à des notes insuffisantes.
Voilà pour le topo de la situation à laquelle est confrontée chaque année une partie de la population étudiante de l'Université Laval. Douche froide s'il en est une, il y pourtant moyen de retourner ce revers de fortune en sa faveur, pour peu que l'on se pose les bonnes questions... et les bons gestes.
Des conseillers et des conseillères du Service d'orientation et de counseling de l'Université Laval ont justement publié, en 1993, une brochure qui se propose "d'informer sur ce qu'est l'exclusion, ce qu'elle implique, ce qu'elle fait vivre, et suggère certains comportements à adopter en pareilles circonstances" . Le document a été réalisé par Donald Côté, Marie-Claude Gagnon (maintenant au Service de placement), Martine Montminy et Daniel Tremblay.
Recevoir un avis d'exclusion ne veut pas dire nécessairement abandon à vie d'un projet d'études universitaires, rassurent les auteurs. Il se peut même que vous puissiez, à la suite d'un recours, réintégrer votre programme. Ce qui est plus courant, par contre, c'est l'admission à un nouveau programme.
La gamme des émotions
Chaque individu étant un cas, il va sans dire que l'annonce de l'exclusion
fera passer l'étudiant ou l'étudiante par toute la gamme des
émotions. "Certaines personnes éprouveront du soulagement
ou de l'indifférence face à leur sanction d'exclusion. Mais
pour la majorité, ce sera un événement dérangeant",
constatent les conseillers et conseillère d'orientation.
Les réactions les plus diverses vont alors de l'absence de réaction (et de la surprise de ne pas en avoir) à une colère difficile à assumer, en passant par l'effet à retardement, le manque d'énergie, la dévalorisation de soi, et l'urgence de prendre une décision. «Comme peu de gens aiment être indécis, la première solution un tant soit peu valable qui se présente devient particulièrement tentante. Et penser l'adopter nous fait déjà nous sentir mieux, ce qui fait souvent croire que ça doit être la bonne...», notent les auteurs.
Le temps de défaire et de faire
Certaines étapes exigent une prise de décision rapide, certes,
mais il ne faut pas généraliser et appliquer ce rythme à
toutes les actions qu'entraîne la sanction d'exclusion, préviennent-ils.
Pour envisager différentes solutions (même la décision
de faire une demande de levée de sanction) , il faut donc se donner
du temps. Une première manière de faire, c'est de prendre
du recul par rapport à ce que vous vivez: les loisirs vous permettront
certainement de penser à autre chose.
Il importe aussi, selon les conseillers et conseillère d'orientation, de maintenir une attitude d'ouverture vis-à-vis des informations que vous allez recueillir: «Porter une attention particulière aux différentes avenues donne la possibilité de faire un choix plus avisé.»
Et l'on se retrouve tout bonnement dans une intense période de réflexion où il faut évaluer honnêtement sa situation: un diagnostic qui demandera de requestionner continuellement ses explications pour apporter les bons correctifs. «Peu importe votre décision, qu'elle soit d'étudier, de chercher du travail ou de voyager, vous aurez des gestes à poser», peut-on lire.
La poursuite des études commandera pour sa part des actions particulières découlant de l'analyse des aspects problématiques ayant mené à l'exclusion. Sont visées ici la motivation ("Si les aspects intérêt et motivation sont concernés, une réflexion en orientation s'impose probablement."), la capacité («Si ce sont vos habitudes et/ou vos habiletés scolaires qui ont été identifiées comme problématiques, des comportements et attitudes sont à corriger.»), et l'état de santé («Si votre contexte de vie peut expliquer vos déboires, il importe de lui accorder l'attention qu'il mérite.»).
L'exclusion, en somme, ce n'est pas la fin du monde: c'est plutôt la fin d'un monde. Le Service d'orientation et de counseling est situé au 2121, pavillon Maurice-Pollack (tél.: 656-7987).
Gabriel Côté