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5 octobre 1995 ![]() |
Programmes d'�changes d'�tudiants de la CREPUQ
VOS COURS DANS UNE VALISE
Que diriez-vous de vous retrouver, l'automne prochain, dans une universit� europ�enne, am�ricaine, australienne ou mexicaine?
Petite devinette: comment poursuivre des �tudes � l'�tranger lorsque le dollar canadien se prom�ne au ras du plancher des vaches, quand on ne connait personne dans le pays destinataire, et encore moins le fonctionnement administratif universitaire qui y a cours?
Chaque ann�e, Pour une soixantaine d'�tudiants de l'Universit� Laval, la r�ponse tient en six lettres et a pour nom: CREPUQ. La Conf�rence des recteurs et des principaux des universit�s du Qu�bec propose en effet des programmes d'�changes qui permettent aux �tudiants de s'inscrire dans un �tablissement en Australie, aux �tats-Unis, en Europe ou au Mexique tout en acquittant leurs droits d'inscription � l'Universit� Laval et en percevant les aides financi�res habituelles.
�Je n'aurais jamais eu les moyens de poursuivre ma scolarit� � l'Universit� du Massachussets sans le programme de la CREPUQ, car les frais de scolarit� s'�l�vent � 11 000 dollars am�ricains pour les �tudiants �trangers � l'�tat�, explique Dominique Banville. �Durant l'ann�e pass�e � Amherst, j'ai continu� � recevoir mes pr�ts et bourses du gouvernement du Qu�bec et je travaillais sur le campus.� L'�tudiante, inscrite au doctorat en �ducation physique � l'Universit� Laval, a pu appr�cier durant son exp�rience chez nos voisins du sud l'importance accord�e � la recherche dans son domaine d'�tudes, ainsi que la place privili�g�e qu'y occupe le sport universitaire. M�me si Amherst ne compte que 7 000 habitants, les matchs de basketball peuvent facilement attirer 15 000 spectateurs en d�lire lorsque l'�quipe locale se classe en bonne position dans la ligue universitaire.
Le g�nie suisse
Install� pour un an de l'autre c�t� de l'Atlantique, plus exactement en Suisse, Donald Dupont a tir� profit �galement de l'enseignement qu'il a re�u dans l'�cole polytechnique qu'il fr�quentait. Cet �tablissement de Lausanne, qui forme exclusivement des ing�nieurs, dispose en effet d'outils de travail dernier cri pour ses �tudiants. �L�-bas, je disposais de mon propre bureau, de ma propre table de dessin et j'avais acc�s facilement � des ordinateurs puissants, explique cet �tudiant qui ach�ve cette ann�e son baccalaur�at en g�nie m�canique. En plus, les Suisses sont tr�s forts en machines-outils et j'ai pu me mettre au courant des derniers d�veloppements.� Martin Garneau, qui a pass� lui aussi un an dans une �cole polytechnique suisse, a pu tirer profit �galement du mat�riel � sa disposition pour les travaux pratiques durant son s�jour. �Nous avons pass� la premi�re journ�e � visiter les laboratoires du D�partement des mat�riaux, indique l'�tudiant en g�nie des mat�riaux et m�tallurgie. � l'Universit� Laval, la visite aurait �t� beaucoup plus courte.�
Des contacts difficiles
Si les deux �tudiants ont appr�ci� � sa juste mesure le lien privil�gi� qu'entretiennent les �coles polytechniques et l'industrie locale et europ�enne, ils ont par ailleurs �prouv� quelques difficult�s � nouer des contacts �troits avec les autres �tudiants du pays. �J'ai parfois ressenti une sorte de racisme, remarque Donald Dupont. La Suisse est le pays le plus riche au monde, et ses habitants nous le font savoir.� Anne- Marie Duchesne, partie fr�quenter le D�partement de litt�rature fran�aise � l'Universit� du Mirail � Toulouse, a d�, elle aussi, affronter une certaine indiff�rence, apr�s un premier contact pourtant chaleureux. �Lors de mes s�jours pr�c�dents en France comme touriste, les gens se montraient tr�s accueillants, remarque l'�tudiante � la ma�trise en lettres modernes. � mon arriv�e, je sortais beaucoup, puis je me suis aper�ue qu'une fois l'effet de surprise pass�, il �tait difficle de p�n�trer dans les groupes d'amis d�j� constitu�.�
Jean-S�bastien Cloutier, qui recommande � tout un chacun de passer au moins un an � Paris, n'a pas rencontr� les m�mes probl�mes lors de son s�jour � la Sorbonne. Il reconnait que son arriv�e dans une famille d'accueil qu'il connaissait d�j� a certainement facilit� les premiers contacts. �En France, on part avec une longueur d'avance en �tant Qu�b�cois, indique-t- il. J'ai trouv� la jungle des universit�s parisiennes assez impersonnelle, mais je n'h�sitais pas � aller vers les gens pour leur parler.� Cet �tudiant au baccalaur�at en communication, qui se d�finit comme �un peu Fran�ais de coeur�, a pris un v�ritable bain de culture durant son s�jour parisien, en marchant pendant des heures dans les rues de la ville-lumi�re, en visitant des mus�es ou en suivant avec ses amis fran�ais les p�rip�ties de la derni�re campagne pr�sidentielle. � tel point, qu'il jugeait l'actualit� qu�b�coise un peu terne durant la m�me p�riode.
M�me si certains des �tudiants qui ont particip� au programme d'�changes ont rencontr� quelques difficult�s � vaincre les barri�res interculturelles, tous se d�clarent pr�ts � repartir demain matin. �J'ai appris � compter sur moi, � me motiver sans le secours des autres�, reconnait Marie Duchesne, qui raconte d'autre part sa fascination pour ses professeurs de litt�rature toulousains, capables de citer de m�moire des pages enti�res de texte. �Aujourd'hui, j'ai plus confiance en moi, remarque de son c�t� Martin Garneau. Quand je rencontre des gens, je me pr�sente, j'explique d'o� je viens.� La majorit� d'entre eux ont profit� �galement de leur s�jour pour sillonner le pays d'accueil et m�me l'Europe, en profitant des tarifs de transport offerts aux �tudiants. Une excellente mani�re de conjuguer l'utile � l'agr�able.
PASCALE GU�RICOLAS