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5 octobre 1995 ![]() |
Counseling
UNE QUESTION D'�QUILIBRE
Autonomie, organisation et �quilibre sont les trois mots cl�s d'une bonne adaptation � l'universit�.
�Typiquement, ceux qui ont de la difficult� � s'adapter � l'universit� sont les �tudiants qui en sont � leur premier trimestre, qui ont un faible r�seau familial et social, qui connaissent des probl�mes financiers, qui sont �culturellement d�racin�s� de leur r�gion ou de leur pays. Ce peuvent �tre aussi ceux qui s'inscrivent uniquement pour toucher des pr�ts et bourses, pour se donner un gagne-pain, ou d'autres qui ont �t� pouss�s par leurs parents ou qui travaillent � temps partiel plus de 20 heures par semaine.�
On compte autant de sc�narios qu'il y a d'individus. Parfois c'est l'affaire d'un facteur; d'autres fois, il s'agit de la combinaison de un, de deux ou de trois de ces �l�ments. Quoi qu'il en soit de la �typologie� du ph�nom�ne que d�crit H�l�ne Morrissette, psychologue au Service d'orientation et de counseling de l'Universit� Laval, un fait demeure: la m�sadaptation � l'universit� est un probl�me de plus en plus courant qui demande qu'on le scrute davantage. Le bon dosage
Tout un monde, semble-t-il, peut faire se distancer la situation id�ale ou r�v�e et la r�alit� du v�cu journalier. Ainsi, pour que l'adaptation soit optimale, il faut d'abord, selon la psychologue, que r�gne un �quilibre dans l'existence de l'individu, fond� sur les besoins dict�s par son �quotidien intellectuel� et �l'�chancier de sa vie personnelle�. �L'universit�, contrairement aux autres �tapes de notre syst�me d'�ducation, r�clame de l'�tudiant une certaine autonomie. Il faut qu'il soit capable d'organiser ses affaires d'une fa�on �quilibr�e. C'est souvent par rapport � son degr� d'autonomie qu'il va avoir de la difficult� � s'adapter�, confirme-t-elle. Entre le r�ve et la r�alit�, il n'y a qu'un pas... lequel, une fois franchi, brise quelquefois le miroir aux alouettes. �Je vais enfin �tudier dans ce que j'aime�, s'exclame le candidat � la m�sadaptation d�s sa premi�re semaine de cours. Mais le r�alit� l'attend dans le d�tour. L'��tude passion� esp�re la �profession passion�. �Le choc qu'il re�oit � l'universit�, c'est celui de la vie du monde du travail, la profession �tant une profession et non une passion�, pr�tend H�l�ne Morrissette, pour qui l'adaptation � l'universit� pr�figure �galement l'adaptation au monde des adultes, voire � celui du travail. Le risque cro�t donc avec les usages quand on inhale pour la premi�re fois l'atmosph�re du nouveau campus: tout � coup, ce sont les grands groupes, des lieux physiques difficiles � unifier, une charge de travail importante, et cette autonomie dans laquelle on le laisse s'�emp�trer�. L'adaptation est alors mise � rude �preuve.
Un horaire nourissant
�La premi�re ann�e peut �tre inconfortable, admet la psychologue. Mais cela ne signifie pas que l'on soit pour autant un cas d�sesp�r�.� Des solutions, le Service d'orientation et de counseling peut en trouver. Des encouragements, ses conseillers et ses conseill�res peuvent en prodiguer. Le travail de fond doit cependant commencer sur soi... par soi.
Il est bon, dans ces circonstances, de se rappeler les autres moments d'adaptation v�cus pr�c�demment (d�m�nagements, entr�e au coll�ge, au secondaire, etc.), que l'on peut consid�rer comme des ��tapes initiatiques�, pour voir comment on a pu s'en sortir, conseille H�l�ne Morrissette.
Il importe finalement, selon elle, de ne pas mettre tous ses oeufs dans le m�me panier, la vari�t� dans l'�quilibre �tant de rigueur: �On est plus efficace, on est plus motiv� si on �labore un horaire nourissant qui permet de s'occuper de sa personne sous tous ses aspects.�
GABRIEL C�T�