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Amélie Denoncourt, future ingénieure forestière, croit que la sous-représentation des femmes dans les professions scientifiques freine la biodiversité en ces domaines

Par : Renée Larochelle
Amélie Denoncourt: «Il est important d'inciter les filles à s'informer sur les études et les carrières scientifiques».
Amélie Denoncourt: «Il est important d'inciter les filles à s'informer sur les études et les carrières scientifiques».
Amélie Denoncourt a terminé il y a quelques semaines sa troisième et avant-dernière année du baccalauréat en aménagement et environnement forestiers de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. Dans sa classe cette année, les filles se comptaient sur les doigts d’une main: sur trente étudiants, elles n’étaient que cinq à se destiner à la carrière d’ingénieure forestière. «Avec l’aspect protection de l’environnement qui prend de plus en plus d’importance dans le domaine, les filles vont peut-être se sentir davantage interpellées», dit Amélie Denoncourt, lauréate du prix Environnement d’une valeur de 2 000 $ remis par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, à l’occasion du concours Chapeau, les filles!, volet Excelle Science. Ce concours récompense des femmes ayant choisi d’exercer un métier traditionnellement masculin.

«Si plus de femmes faisaient carrière en sciences, elles apporteraient des idées novatrices et contribueraient à la biodiversité de la science et des technologies, souligne la jeune femme. Cela dit, on ne peut pas obliger les filles à se diriger en sciences si cela ne les intéresse pas. Par contre, il existe encore des stéréotypes rattachés à certaines professions, d’où l’importance d’inciter les filles à s’informer sur les études et les carrières scientifiques.» Passionnée de plein air et branchée sur la nature, Amélie Denoncourt  a eu la piqûre des sciences au collégial lors d’une sortie à la base de plein air de Sainte-Foy effectuée lors d’un cours de biologie végétale. «Le professeur nous a demandé de réfléchir sur les moyens à prendre pour améliorer le site, raconte-t-elle. J’avais beaucoup d’idées, je me sentais vraiment dans mon élément. Je pensais à la sensibilisation qu’on pourrait y faire, au respect des boisés et de la tourbière. L’expérience a été une sorte de déclic.»
 
Une réserve naturelle
Refusant de se laisser enfermer dans le carcan d’étudiante modèle, Amélie Denoncourt a participé à plusieurs activités reliées à son domaine dès sa première année à l’Université. En plus de collaborer à la distribution de plants d’arbres visant à créer un meilleur environnement urbain, elle organise depuis trois ans la Semaine des sciences forestières, dont l’objectif est de promouvoir la bonne gestion des forêts et les métiers qui y sont associés. Pour son projet de fin d’études de baccalauréat, elle compte établir une réserve naturelle sur les berges du Saint-Laurent. Quand on lui demande si la forêt québécoise est en danger, la future ingénieure prend tout son temps avant de répondre que la forêt est une ressource renouvelable et qu’il faut s’assurer qu’elle le reste. «Avec l’application en mars de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, on est sur la bonne voie, constate-t-elle. La réforme permettra sûrement aux citoyens de se réapproprier la gestion de leurs forêts.» Après son baccalauréat, elle entreprendra une maîtrise dont elle connaît déjà le sujet: la gestion des aires protégées en fonction des changements climatiques.

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