Vie universitaire

Vers un partage sécuritaire de la route

Les routes ont été conçues pour l'automobile mais le vélo prend progressivement sa place

Par : Yvon Larose
Difficile cohabitation: de 2004 à 2008, 12 000 cyclistes ont été tués ou blessés sur les routes du Québec.
Difficile cohabitation: de 2004 à 2008, 12 000 cyclistes ont été tués ou blessés sur les routes du Québec.
À Québec, on compte davantage de cyclistes que d’automobilistes, et plus de 50 % des citoyens habitent à moins de 10 km de leur lieu de travail. Pourtant, on voit peu de cyclistes sur le réseau routier, la pratique du vélo étant principalement récréative. «Une des raisons à cela est que les cyclistes ne se sentent pas en sécurité sur les grands axes de circulation», explique Jean-Marie De Koninck
, professeur 
au Département de mathématiques et de statistique et président de la Table québécoise de la sécurité routière. Ce dernier rappelle que la plupart des infrastructures routières au Québec ont vu le jour dans les années 1950 et 1960. «Ces infrastructures ont vraiment été conçues en fonction de l’automobile, affirme-t-il. Elles ne sont pas adaptées au vélo et découragent les cyclistes. En plus d’être dangereuses. De 2004 à 2008, 12 000 cyclistes québécois ont été tués ou blessés sur les routes.»

Le mercredi 15 septembre, Jean-Marie De Koninck a participé à un débat sur le thème du vélo en ville à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. L’activité était organisée par la Chaire publique ÆLIÉS, en collaboration avec la Coop Roue-Libre, l’atelier vélo de l’Université. Selon Jean-Marie De Koninck, l’usage quotidien et utilitaire du vélo en ville se heurte à un autre obstacle de taille: le manque de courtoisie de nombreux conducteurs. «Plusieurs d’entre eux considèrent que la route leur appartient, indique-t-il. Ils voient les cyclistes comme une nuisance; ils croient qu’ils n’ont pas leur place sur la route.»

Un manque de connaissance de la loi ajoute à la problématique. Par exemple, la loi autorise un automobiliste à contourner un cycliste par la gauche en chevauchant une ligne double. «Comme peu d’automobilistes savent cela, explique-t-il, plutôt que de mettre une roue sur la ligne double, ils ont tendance à serrer les cyclistes de près, ce qui augmente le risque d’accident.» Dans bien des cas, les accidents sont causés par l’inattention des conducteurs, ces derniers étant moins habitués aux vélos qu’aux voitures parce qu’ils sont moins visibles à cause de leur petitesse relative, peu nombreux et présents sur les routes seulement six mois par an.

Selon Jean-Marie De Koninck, les choses changent. «On aménage de plus en plus de pistes cyclables, dit-il. D’ailleurs, il en faudrait une sur l’une des grandes artères qui relient directement le campus de l’Université au centre-ville.» Il ajoute que les conducteurs n’auront d’autre choix que de composer avec un nombre grandissant de cyclistes. «Cette augmentation est amenée par une préoccupation croissante pour la protection de l’environnement et l’exercice physique, soutient-il. Elle est démontrée par la popularité, dans les grandes villes, des vélos en libre-service.»

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