Vie universitaire

Vagues de chaleur et aléas hydrométéorologiques

Un premier atlas Web au Québec permet d'évaluer la vulnérabilité de la population aux aléas climatiques

Par : Yvon Larose
Capture d'écran de la cartographie de la vulnérabilité aux vagues de chaleur à Québec et dans la région immédiate. Plus un secteur est rouge, plus sa population est vulnérable.
Capture d'écran de la cartographie de la vulnérabilité aux vagues de chaleur à Québec et dans la région immédiate. Plus un secteur est rouge, plus sa population est vulnérable.
L'Atlas Web sur la vulnérabilité de la population québécoise aux vagues de chaleur et aux aléas hydrométéorologiques est officiellement lancé aujourd'hui, 17 septembre. Cet ambitieux projet de recherche a vu le jour il y a trois ans à l'initiative d'une équipe de professeurs du Département de géographie et du Département des sciences géomatiques. Il a été réalisé en partenariat avec le consortium Ouranos et l'Institut national de santé publique du Québec. Une quinzaine d'étudiants ont collaboré à son développement.

Cet outil cartographique interactif, convivial et ergonomique est destiné surtout au grand public. Il répond à un besoin puisqu'il n'existe, à l'heure actuelle, que très peu d'informations et aucune cartographie sur le sujet pour l'ensemble du territoire québécois. L'Atlas fournit des informations valides sur la distribution géographique de la vulnérabilité de la population, et ce, dans l'ensemble des municipalités québécoises. Cette vulnérabilité cible deux aléas climatiques: les vagues de chaleur et les épisodes hydrométéorologiques comme les précipitations extrêmes et les inondations.

«Les événements climatiques extrêmes sont maintenant plus fréquents et plus intenses au Québec, explique la responsable du projet, la professeure Nathalie Barrette, du Département de géographie. Les épisodes de canicule et d'inondations des récents mois sont fort probablement assez représentatifs de ce qui nous attend dans le futur. Et ces bouleversements ont des conséquences sur la santé et la sécurité des populations, en particulier pour les personnes vulnérables sur les plans physique, économique, social et environnemental.»

L'Institut national de santé publique prévoit une augmentation du taux de mortalité de 2% pour 2020 en raison de la hausse des températures moyennes estivales. En 2017, plus de 5 300 résidences avaient été inondées et plus de 4 000 personnes avaient dû être évacuées.

L'Atlas s'appuie sur des données socioéconomiques et démographiques, ainsi que sur des données portant sur l'environnement bâti et l'accessibilité à des services. L'une de ces sources est le recensement 2016 de Statistique Canada. Les cartes de vulnérabilité créées ne sont pas des cartes de risque de survenue d'une catastrophe sur le territoire. Elles identifient plutôt les zones où se trouvent les populations plus vulnérables, par exemple les personnes vivant seules, les résidents d'âges sensibles aux vagues de chaleur et les familles monoparentales.

L'utilisateur peut naviguer à travers la carte, cliquer sur des entités géographiques et faire afficher des couches d'information. Dans le cas de la vulnérabilité aux vagues de chaleur, les couches montrent notamment la localisation des services de santé, l'indicateur de climatisation et les îlots de chaleur urbaine.

«Une des fonctions originales de l'Atlas permet de téléverser nos propres données géospatiales sur le site, indique la professeure. Par exemple, un organisme de bassin versant pourrait téléverser sur l'Atlas une couche de données lui appartenant et la faire afficher en même temps que la couche de vulnérabilité.»

Le site révèle que 16% de familles monoparentales habitent le quartier de Nathalie Barrette dans l'arrondissement de Sainte-Foy, à Québec. La proportion de personnes vivant seules y est très élevée à 31%. Souvent, ces personnes sont des aînés qui n'ont plus le droit de conduire une automobile. En outre, 41% des résidents sont locataires.

«La vulnérabilité de ce secteur très résidentiel est malgré tout moyenne en raison de la présence de services de santé et d'espaces verts, souligne-t-elle. L'Atlas permet de connaître un peu plus le profil socioéconomique de mon quartier. Il est reconnu que lorsque les citoyens connaissent mieux leur environnement physique et humain, ils sont plus aptes à faire face aux événements climatiques extrêmes. Ils peuvent être plus attentifs à ceux et à celles que ces événements peuvent rendre plus fragiles.»

Le financement du projet est venu du Fonds vert, dans le cadre du Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement du Québec.

Consultez l'Atlas

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