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Une valeur ajoutée du 21e siècle

Une enquête démontre que les entreprises québécoises ont de plus en plus d'intérêt pour les candidats ayant des connaissances ou des compétences en développement durable

En région, on observe la même attitude favorable au DD qu'en milieu urbain. Des industries telles la papetière Cascades, à Kingsey Falls, ou l'aluminerie Alcoa, à Deschambault-Grondines, en sont la preuve.
Le concept de développement durable (DD) a-t-il fait sa place dans la culture organisationnelle des entreprises québécoises? Le marché du travail fait-il preuve d'ouverture pour de la main-d'oeuvre spécialisée en DD?

Pour tenter de répondre à ces questions, le Service de placement (SPLA) a mené une vaste enquête prospective en 2015 et en 2016. Les résultats viennent d'être rendus publics dans le Rapport d'enquête sur la perception des compétences en développement durable sur le marché du travail.

«Nous nous étions engagés à faire cette enquête dans le cadre du Plan d'action de développement durable 2015-2018 de l'Université Laval, explique le directeur du SPLA, Richard Buteau. Cette démarche nous a notamment permis d'aller vérifier l'intérêt d'employeurs québécois pour le DD.»

L'enquête comportait trois volets. D'abord, le groupe de travail a analysé un corpus de 341 offres d'emploi affichées par des employeurs au SPLA sur une période de 2 ans. Ensuite, le Service de placement a tenu un groupe de discussion portant sur la perception des entreprises sur les compétences recherchées en matière de DD. Enfin, le SPLA a élaboré et administré un sondage sur les compétences recherchées en DD dans les organisations. Près de 16 000 personnes-ressources, employées dans quelque 10 000 entreprises québécoises, ont reçu le questionnaire par courriel.

«Les phases un et deux de l'enquête nous ont préparés en vue du questionnaire de la phase trois, souligne Richard Buteau. Seulement 81 offres d'emploi sur les 341 analysées demandaient une formation en DD ou en environnement. Ce résultat peut laisser supposer que la formation en DD est peut-être méconnue chez les employeurs ou que le marché d'emploi en DD n'exige pas encore de formation spécialisée.»

Les échanges au sein du groupe de discussion ont notamment permis d'apprendre que les organisations représentées ont intégré le DD à leur structure et à leur fonctionnement pour des raisons économiques et d'optimisation des processus et des ressources. Il a également été mentionné que les organisations qui répondent aux appels d'offres du gouvernement du Québec, parce qu'elles doivent respecter un cadre légal normatif défini dans la Loi sur le développement durable, semblent plus enclines à intégrer dans leur fonctionnement des comportements en lien avec le développement durable.

Le sondage a suscité l'intérêt de 561 répondants, soit un taux de réponse de 3,5%. «Ce sondage, avec un questionnaire assez long, était plus qu'un vox pop, indique le directeur du SPLA. Cet échantillon non probabiliste représente malgré tout 3,5% de l'ensemble. Ce résultat nous apparaît convenable.»

L'enquête révèle que près de 60% des répondants ont été témoins de l'enclenchement d'une  démarche de développement durable dans leur organisation. «Depuis une dizaine d'années, soutient Richard Buteau, le concept de DD s'est beaucoup développé en entreprise. Je m'attendais à ce résultat.»

Plus de la moitié des répondants (55%) ont démontré de l'intérêt pour du personnel compétent en développement durable. «Certains membres du groupe de travail ne pensaient pas qu'on se rendrait à 50%, dit-il. On a trouvé ce chiffre vraiment intéressant.»

Autre résultat à souligner: dans 41% des cas, les répondants ont dit que, devant trois candidats au profil similaire et à la candidature équivalente, ils choisiraient celui ayant un diplôme en lien avec le DD. «L'aspect «à candidature égale» n'avait jamais été questionné au SPLA, explique Richard Buteau. Ce pourcentage montre une évolution vers une citoyenneté responsable.»

Les résultats mettent également en valeur l'importance accordée à la dimension sociale du DD. Près de 70% des répondants l'ont mentionnée. «Les grandes entreprises veulent être socialement responsables, elles veulent redonner à la collectivité, affirme le directeur. Plusieurs s'engagent sur ce plan. C'est le cas du Mouvement Desjardins. C'est aussi le cas de l'aluminerie Alcoa et de la papetière Cascades. Chez les PME, on peut penser à l'entreprise technologique Optel Vision.»

Selon Richard Buteau, les entreprises québécoises semblent faire une place grandissante au DD parmi leurs préoccupations. «Le SPLA, dit-il, sondera à nouveau les employeurs en 2018-2019 afin de mesurer l'évolution de leur perception quant au développement durable.»

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