Vie universitaire

Une petite ONU

Le Département de génie chimique est l'un des plus multiculturels du campus

Par : Yvon Larose
Près d'une centaine de personnes ont pris part à la Soirée multiculturelle du 31 janvier. Pour la photo de groupe, dans un geste spontané, les étudiants ont tous revêtu le tee-shirt aux couleurs institutionnelles qui leur avait été remis comme cadeau pour leur présence.
Près d'une centaine de personnes ont pris part à la Soirée multiculturelle du 31 janvier. Pour la photo de groupe, dans un geste spontané, les étudiants ont tous revêtu le tee-shirt aux couleurs institutionnelles qui leur avait été remis comme cadeau pour leur présence.
Près d'une soixantaine d'étudiants inscrits aux cycles supérieurs en génie chimique ont participé, le jeudi 31 janvier, à la troisième Soirée multiculturelle de leur département. La rencontre s'est tenue dans une salle du Pavillon d'optique-photonique. Une trentaine de professeurs, membres du personnel, conjoints et enfants se mêlaient aux étudiants. Le programme de la soirée comprenait des présentations PowerPoint de quatre à cinq minutes accompagnées de musique traditionnelle sur le pays des présentateurs. A suivi une dégustation de plusieurs mets traditionnels préparés par les étudiants.

«Nous sommes l'un des départements les plus riches en multiculturalisme, probablement en tête de liste!», souligne Maria-Cornélia Iliuta, professeure et directrice des programmes de 2e et 3e cycles au Département de génie chimique. La professeure avait lancé cette initiative en 2015. «Un très grand nombre de nos étudiants aux cycles supérieurs sont des étudiants internationaux, poursuit-elle. La diversité culturelle est une grande richesse pour chacun de nous et pour la communauté universitaire entière. Cette soirée multiculturelle a été une grande occasion de célébrer cela, d'apprendre à mieux se connaître.»

Selon Maria-Cornélia Iliuta, de telles activités permettent aux étudiants étrangers de sortir un petit peu de leur coquille. «Plusieurs d'entre eux sortent pour la première fois de leur pays en venant étudier à Québec, explique-t-elle. Ils se retrouvent dans un milieu totalement nouveau avec une culture différente. Ils sont un peu perdus. C'est pourquoi nous organisons depuis quelques années des activités d'accueil pour leur faciliter la vie. Il reste que la vie d'un étudiant aux cycles supérieurs est bien différente de celle d'un étudiant au premier cycle. Ce dernier évolue dans des classes de quelques dizaines de collègues. L'autre est davantage isolé, dans son bureau ou en laboratoire.»

Pour elle, tout est une question d'environnement. «Nous essayons de faire tout ce qui est possible pour qu'ils fassent un bon travail, dit-elle. Il faut prendre soin d'eux pour les garder. Dans des cas très rares, un étudiant étranger est reparti avant la fin de ses études. Comme une semence, ils trouvent ici une bonne terre dans laquelle ils vont pouvoir se développer dans l'harmonie et la convivialité.»

Anahita Bakhshizadeh Gashti et Kang Gao sont tous deux inscrits au doctorat en génie chimique. La première est Iranienne, le second Chinois. Tous deux ont assisté à la Soirée multiculturelle.

«Mon adaptation au système universitaire a été difficile, raconte-t-elle. Mais mon superviseur, le professeur Alain Garnier, m'a facilité les choses. Son soutien a été une motivation pour mes recherches.» Selon elle, ne pas parler français à Québec représente un défi pour un étudiant étranger. «Mais à partir du moment où vous parlez cette langue, poursuit-elle, vous pouvez vous faire de bons amis et vous pouvez trouver le chemin de leur cœur. Après quelques années ici, je me sens vraiment chez moi.»

Kang Gao étudie à l'Université Laval depuis un an et demi grâce à une bourse d'État. Il qualifie son groupe de recherche de «famille» dans laquelle le superviseur agit comme «parent» et où ses collègues jouent le rôle de «frères» ou de «sœurs». «Tous m'aident beaucoup, dit-il, j'ai ainsi pu m'adapter rapidement et entreprendre mes activités de recherche.» L'étudiant a pris la question du français au sérieux. Il s'est inscrit à un atelier de français ainsi qu'à des cours de langue. «La diversité culturelle représente un atout majeur pour chacun d'entre nous, affirme-t-il. Cette réalité élargit mes horizons, elle me permet de voir au-delà des murs. C'est une fenêtre sur le monde.» Il dit aimer Québec, mais encore plus l'Université Laval. «Je veux demeurer au Québec, soutient-il. Mais je devrai retourner en Chine. Mon pays a besoin de moi.»

Les étudiants des programmes de maîtrise et de doctorat viennent d'une vingtaine de pays d'Europe, d'Afrique, d'Asie et des Amériques. Les contingents les plus importants proviennent d'Iran, du Vietnam et du Canada. Et cette diversité se remarque aussi dans le corps professoral du Département.

«Environ la moitié de nos professeurs sont nés à l'étranger, explique le directeur du département, Bruno Gaillet. Ils proviennent d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie. La popularité de nos programmes s'explique par le bouche-à-oreille et par les contacts de nos professeurs à l'étranger. L'un d'eux connaît très bien les universités vietnamiennes. Un autre a de très bons contacts en Chine; il y va assez souvent. Il a des étudiants chinois dans son groupe depuis je ne sais combien d'années. Un autre professeur est d'origine iranienne. Il connaît bien les universités de ce pays. Nous savons que ceux qui veulent venir ici ont un bon background en génie chimique, plus précisément en génie pétrolier considérant l'importance de cette industrie là-bas.»

Dès l'entrée du secrétariat du département, deux mots, «Poussez/Push», apposés sur la porte vitrée, préviennent le visiteur que la langue anglaise fait partie du quotidien du personnel.

«De nombreux arrivants aux cycles supérieurs ne comprennent pas le français, indique Bruno Gaillet. Comme l'ensemble de la littérature scientifique est en anglais, tous sont obligés de lire, écrire, comprendre et parler l'anglais. On encourage tous ces étudiants à parler le français. S'ils le souhaitent, on peut les accompagner dans cette voie. Ils sont libres de le faire. Je crois que la plupart suivent des cours de français. Dans les cours de maîtrise et de doctorat, on essaie de faire en sorte de satisfaire tout le monde. Un cours peut se donner en français avec des notes de cours en anglais, et vice-versa. Au laboratoire, les inscriptions sont dans les deux langues pour éviter tout problème.»

Dans son approche, Maria-Cornélia Iliuta vante les mérites d'apprendre une langue là où elle est parlée. «La plupart viennent ici pour décrocher un diplôme, dit-elle. Une fois sur place, ils s'ouvrent davantage. Ils se rendent compte de l'avantage de suivre des cours de français. Je les encourage fortement à le faire. Chaque fois que je discute avec eux, je parle un peu français. Je leur dis qu'il faut qu'ils apprennent cette langue en écoutant les autres, en s'habituant à la musique de la langue. Parler français ici est une expérience unique.»

La direction de l'Université était représentée par le vice-recteur à l'administration André Darveau, la vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation Eugénie Brouillet, et la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes Caroline Senécal. Étaient également présents le doyen André Zaccarin, la vice-doyenne à la recherche Line Lapointe et le vice-doyen aux études Alain Garnier.

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Lors de la Soirée multiculturelle. Mehrsa et Sanaz posent pour la photo, sous le regard bienveillant de leurs parents d'origine iranienne, Gholamli Sharifishourabi (à gauche) et Solmaz Zamanishourabi (au centre). Il est stagiaire postdoctoral au Département de génie chimique. Elle attend de commencer sa maîtrise dans le même département.



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Les participants ont pu déguster de nombreux mets traditionnels préparés par différents étudiants.

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