Vie universitaire

Une médecine au service de la société

La Faculté de médecine de l'Université Laval devient la première faculté de médecine francophone au monde à recevoir la reconnaissance en responsabilité sociale ASPIRE de l'Association for Medical Education in Europe

Par : Pascale Guéricolas
La Faculté de médecine a rencontré des membres de la communauté atikamekw de Manawan pour les interroger sur leurs besoins en matière de professionnels de la santé.
La Faculté de médecine a rencontré des membres de la communauté atikamekw de Manawan pour les interroger sur leurs besoins en matière de professionnels de la santé.
La responsabilité sociale constitue une des pierres d'assise de la Faculté de médecine depuis sa création en 1852. À cette époque, il s'agissait de fournir des services dans leur langue à des Canadiens français, isolés au milieu d'un continent anglophone. Depuis plus d'un siècle, l'engagement dans la communauté reste une des valeurs importantes de la Faculté, même s'il a pris d'autres formes aujourd'hui. Le prix ASPIRE, reçu le 28 août à Helsinki, à l'occasion de l'assemblée générale de l'Association for Medical Education in Europe (AMEE), témoigne de cette volonté de s'engager auprès de la population. Cet engagement s'exprime aussi bien dans la façon de sélectionner les étudiants que dans le choix des stages pour les résidents, les axes de recherche et le type de formation continue privilégié.

Comme les autres facultés de médecine du Québec, celle de l'Université Laval mise sur l'excellence des notes scolaires pour choisir ses futurs étudiants. Cependant, les candidats doivent aussi démontrer qu'ils possèdent de solides qualités de communication et d'autres compétences sociales avant de travailler dans le domaine de la santé. La Faculté privilégie aussi les candidatures provenant de régions comme le Bas-Saint-Laurent ou la Gaspésie. Selon plusieurs études, les diplômés issus de ces régions ont davantage tendance à s'installer dans leur lieu d'origine, comparativement à ceux qui viennent des grands centres urbains. Cette volonté claire de mieux desservir des communautés souvent mal pourvues en services de santé s'étend aussi aux Premières Nations.

«Dès 2008, notre faculté a mis sur pied le programme Pipeline, en collaboration avec les autres facultés de médecine québécoises, afin de faciliter l'accès des étudiants autochtones à notre formation», précise Jean Ouellet, directeur de l'enseignement en région. À titre d'exemple, Yves Sioui, un professeur d'origine huronne-wendat, visite les écoles secondaires des communautés des Premières Nations pour éveiller les élèves à la possibilité d'une carrière médicale. Actuellement, 18 étudiants hurons-wendat et innus poursuivent leur cheminement au sein des différents départements de la Faculté de médecine. Une diplômée innue travaille déjà comme médecin de famille sur la Côte-Nord. «Je les rencontre régulièrement pour les aider à passer à travers tout le processus de formation, note Jean Ouellet. Comme tous les étudiants, ils ont tendance à douter de leurs capacités. En plus, ils sont parfois aux prises avec les préjugés que certains nourrissent envers les Premières Nations.»

Préoccupée par les problèmes de santé des communautés autochtones, la Faculté de médecine de l'Université Laval a d'ailleurs organisé, en juin, un forum avec des Atikamekw de Manawan. «Il est essentiel pour la Faculté de collaborer avec les citoyens pour comprendre ce qu'ils attendent des professionnels de la santé, qu'il s'agisse des médecins, des physiothérapeutes ou des ergothérapeutes», souligne Julien Poitras, vice-doyen à la responsabilité sociale de la Faculté de médecine. Trois rencontres semblables ont eu lieu en 2016 à Baie-Comeau, à Rimouski et à Gaspé, avec la collaboration de l'Institut du Nouveau Monde. À plusieurs reprises, les citoyens interrogés ont déploré les difficultés de communication des professionnels de la santé.

Consciente de ce problème, la direction de la Faculté de médecine offre aux diplômés davantage de formation continue en matière de responsabilité sociale. «C'est aussi important pour nous d'exposer nos étudiants à la réalité de populations très diversifiées en les envoyant en stage non seulement en milieu rural, mais aussi à l'étranger, poursuit Julien Poitras. En effet, une grande partie de notre population étudiante vient de familles canadiennes françaises blanches, et il faut la mettre en contact avec différentes cultures.» Ces efforts constants permettent à la Faculté de médecine de l'Université Laval de se distinguer au Québec et d'être reconnue comme l'établissement formant le plus de médecins qui s'installent en région. Il s'agit certainement d'un des engagements qui a favorisé l'obtention du prix en responsabilité sociale ASPIRE.

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