Vie universitaire

Un homme dans le siècle

C’est sur le thème «Penser et croire» qu’aura lieu, du 29 au 31 janvier, un colloque consacré au philosophe Charles De Koninck

Par : Renée Larochelle
«La liberté de religion implique la liberté de n’adhérer à aucune religion donnée.» Voilà, mot pour mot, la réponse qu’a donnée Charles De Koninck en 1962 à l’historien Marcel Trudel lors d’une entrevue portant sur la question des libertés religieuses et de la laïcité à l’école. À l’époque, cette prise de position de la part d’un catholique avait connu un énorme retentissement dans la société québécoise. «Le moins qu’on puisse dire est que Charles De Koninck a été beaucoup plus clair dans ses propos que ne l’ont été Gérard Bouchard et Charles Taylor dans le débat sur les accommodements raisonnables», souligne Jacques Vallée, qui a été l’élève de Charles De Koninck au début des années 1960. Ancien sous-ministre et délégué du Québec à l’étranger, Jacques Vallée est l’un des conférenciers invités au colloque consacré à Charles de Koninck qui aura lieu du 29 au 31 janvier au pavillon La Laurentienne sur le thème «Penser et croire».

Un enseignant remarquable
Né en Belgique en 1906, Charles De Koninck s’est établi à Québec en 1934, année où il commencé à enseigner la philosophie des sciences et la philosophie de la nature à l’Université Laval. Auteur de plusieurs ouvrages dont les titres évoquent à eux seuls sa pensée (De la primauté du bien commun contre les personnalistes, 1943, Tout homme est mon prochain, 1964), ce grand défenseur de la liberté de conscience est décédé subitement en 1965 à Rome, à la veille de la fin du Concile Vatican II, où il agissait à titre d’expert laïque. Il avait 59 ans. «C’était un enseignant remarquable, très attentif à ses étudiants, affirme Jacques Vallée. Ses cours étaient très vivants et très courus. D’ailleurs, beaucoup d’étudiants américains venaient à Québec expressément pour suivre ses cours.»

Il n’y a pas qu’en matière de religion que ce grand philosophe, au demeurant fervent catholique et partisan de la théorie de l’évolution des espèces, a marqué son époque. Sa critique du fédéralisme dans les années 1950 est moins connue, mais il n’en demeure pas moins qu’il estimait nécessaire que le Québec sauvegarde ses pouvoirs, d’expliquer Jacques Vallée. «Pour Charles De Koninck, la société idéale n’existe pas, dit-il. Il est de ces philosophes qui font face à la réalité. Les défis à relever sont multiples et on doit essayer de bâtir une société la plus raisonnable et la plus juste possible. C’est un travail constant à reprendre.»

Participeront également comme conférenciers à ce colloque Yves Larochelle, physicien et professeur de philosophie au Cégep de Limoilou, Thomas De Koninck, professeur à la Faculté de philosophie, Pascal Ide, docteur en philosophie, prêtre du diocèse de Paris et auteur de nombreux ouvrages de psychologie et d’éthique. Pour plus d’information, s’adresser au secrétariat de la Faculté de philosophie au 418 656-2244.

     

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