Vie universitaire

Sur le terrain en pays arabe

L’été dernier, une trentaine d’étudiantes en sciences infirmières ont effectué un stage international et interculturel dans neuf pays, dont la Tunisie

Par : Yvon Larose
Hier, le mercredi 19 novembre, les 31 étudiantes et l’étudiant qui ont profité de l’expérience d’apprentissage à l’international offerte cet été par la Faculté des sciences infirmières ont présenté un compte-rendu par affiche-photos de leur stage au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Les différents stages interculturels se sont déroulés en Asie, en Afrique et en Amérique du Nord. Pour la première fois, les destinations comprenaient le Burkina Faso et la Tunisie. Les autres milieux de stage se trouvaient en Chine, en Inde, au Cameroun, au Ghana, au Mali et au Sénégal, ainsi que dans le Grand Nord du Québec.

Entre mai et juillet, Émilie Patterson-St-Yves et Sandra Rotzetter ont travaillé durant dix semaines au Centre de protection maternelle et infantile Okbi de la ville de Sousse, en Tunisie, un pays musulman d’Afrique du Nord. Cet établissement offre des soins aux mères en période prénatale et postnatale, ainsi qu’aux bébés et jeunes enfants. Le personnel comprend deux médecins et quelques sages-femmes, infirmières et ouvrières. Les deux étudiantes ont consacré une partie de leur stage à faire de l’observation. Elles ont entre autres remarqué qu’on se sert, là-bas, d’une sorte de cône en métal pour écouter les battements cardiaques du fœtus. «Peu efficace», dira Sandra. Au Québec, on utilise plutôt un type de stéthoscope spécialement conçu pour cet usage. Les deux Québécoises ont aussi fait des prises de sang et vérifié la tension artérielle. «Au Québec, les prises de sang se font avec des tubes avec pression négative, explique Émilie. Au Centre, on piquait avec une aiguille et on laissait dégoutter dans un tube à prélèvement.»

Les stagiaires ont aussi fait de l’enseignement auprès des femmes, un enseignement basé sur les connaissances biomédicales. La coordonnatrice locale du stage leur servait d’interprète. Selon Sandra, les femmes tunisiennes reçoivent peu d’information sur leur grossesse, leur accouchement et les soins du nouveau-né. «Leur peu de connaissances en périnatalité est ce qui m’a le plus frappée, souligne-t-elle. Au Québec, on fait beaucoup plus d’enseignement, là-bas, c’est minimal.» En général, les femmes réagissaient positivement à l’information qui leur était communiquée. «On faisait attention de ne pas les brusquer dans leurs croyances, ajoute Émilie. Mais je ne suis pas certaine qu’elles aient mis en application nos enseignements.»

Dans cette culture, le savoir populaire relatif à la périnatalité est transmis par les femmes de la famille ou de l’entourage. Ce savoir découle bien souvent d’une vision magico-religieuse. Ainsi, une croyance veut qu’il faille manger du couscous en grande quantité pour favoriser la production de lait maternel. Une autre veut qu’il soit impossible pour une femme d’allaiter deux bébés en même temps. «C’est pourquoi le lait maternisé est prescrit dans les cas de jumeaux, indique Émilie. Dans les faits, plus la mère est sollicitée, plus la production de lait augmente.» Les étudiantes ont monté une fiche d’information expliquant les mythes et les faits entourant l’allaitement maternel.Émilie reconnaît que le stage, même s’il fut «très enrichissant», n’a pas toujours été facile. «Mais, dit-elle, il a fait de nous des personnes plus ouvertes sur les autres cultures.»

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