Vie universitaire

Soigner à Kalkeri

Les étudiantes en sciences infirmières Nathalie Santerre et Lisa Landry ont travaillé à l’infirmerie d’une école de musique en Inde

Par : Yvon Larose
Ce soir, le jeudi 23 novembre à 17 h, dans le hall d’entrée du pavillon Paul-Comtois et par la suite à la salle 2105, 19 étudiantes inscrites au baccalauréat en sciences infirmières feront une présentation haute en couleurs sur les stages qu'elles ont réalisés l'été dernier dans sept pays de l’hémisphère Sud, soit le Sénégal, le Mali, le Ghana, la Mauritanie, le Bénin, la Chine et l’Inde. Regroupées en sept équipes, ces étudiantes étaient inscrites au programme de stage international et interculturel de six crédits de soins de santé primaires offert dans le cadre du bac. Du nombre, Nathalie Santerre et Lisa Landry risquent d’attirer l’attention, elles qui ont travaillé dix semaines en Inde à l’infirmerie de l’école de musique de Kalkeri, un village du sud-ouest du pays.

«La Kalkeri Sangeet Vidyalaya est un pensionnat pour enfants et adolescents issus de milieux défavorisés, explique Nathalie Santerre. Son financement provient d’une organisation non gouvernementale de Québec, Jeunes Musiciens du monde. Cent jeunes vivent et étudient dix mois par an à l’école. Ils sont vêtus, logés, nourris et ils apprennent la musique traditionnelle indienne.» Élisabeth Savoie, une infirmière québécoise qui était sur place, a supervisé les stagiaires. Selon elle, les étudiantes ont fait preuve de maturité et d’une grande capacité d’adaptation. Elles ont démontré beaucoup de patience, de compassion, de débrouillardise et d’humour. «Il fallait prendre plaisir avec les enfants, souligne Nathalie. Il ne faut pas oublier que le jeu fait partie de la pédiatrie.»

Furoncles, plaies et parasites intestinaux
Au quotidien, l’infirmière et les deux étudiantes soignaient des furoncles, de petites plaies aux pieds et aux mains, des problèmes de peau et des problèmes de fièvre occasionnelle. Elles faisaient aussi l’évaluation physique des jeunes patients en les auscultant, en vérifiant la présence de problèmes abdominaux, en examinant les oreilles. Elles ont également traité les enfants pour des parasites intestinaux dus à l’ingestion d’eau non potable. Une fois elles ont fait face à un épisode de rubéole. «L’enfant, qui avait cinq ans, venait d’arriver à l’école, raconte Nathalie. Comme il n’était pas dans la phase contagieuse, nous l’avons soigné. Après trois ou quatre jours de grosse fièvre, il a pris du mieux.»
Le stage s’est déroulé pendant la saison des pluies. Pour renforcer le système immunitaire contre le froid et l’humidité constante, l’infirmière et les stagiaires ont concocté des thés médicinaux à partir d’herbes indigènes et d’épices. Elles ont aussi préparé, avec l’aide du cuisinier, un surplus d’ail qui a été ajouté au plat quotidien. L’initiative fut couronnée de succès puisque les maux de ventre, de gorge, les rhumes et les infections respiratoires, qui sont propres à la mousson, ont beaucoup diminué.

Durant leur séjour, Nathalie Santerre et Lisa Landry se sont rendues à maintes reprises à l’hôpital le plus moderne de la ville voisine de Dharwad avec de jeunes patients. «Lorsque les pathologies dépassaient nos connaissances et nos compétences, on amenait les jeunes voir le pédiatre», souligne Nathalie. Elles ont aussi visité un hôpital pour lépreux. Elles ont même fait la rencontre d’un médecin formé selon la tradition ayurvédique.

Les deux étudiantes ont suivi une famille d’ouvriers qui résidait sur le terrain de l’école et élaboré un plan de soins pour chacun de ses membres. Entre autres, elles ont traité un des enfants pour la gale et conduit à l’hôpital le père qui s’était fait mordre par un chien afin de le faire vacciner contre la rage. Nathalie et Lisa ont innové durant leur stage en faisant une vingtaine de fiches de soins de base pour chacune des problématiques de santé que l’on rencontre habituellement à l’école.

La Faculté des sciences infirmières, le Bureau international de l’Université et divers partenaires fournissent un encadrement structuré aux stages en pays en émergence. Ces stages visent à susciter le développement de la compétence interculturelle des étudiantes. Depuis 2001, le programme de stage international et interculturel a attiré 109 candidates.

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