Vie universitaire

Six chantiers de fouilles

De mai à août, 33 étudiants en archéologie ont retourné la terre québécoise

Par : Yvon Larose
Les étudiants Daphné Marquis, Cynthia Gosselin, Sonia Blouin et Jérôme Robitaille effectuent du travail en laboratoire sur des éclats de pierre découverts à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Les étudiants Daphné Marquis, Cynthia Gosselin, Sonia Blouin et Jérôme Robitaille effectuent du travail en laboratoire sur des éclats de pierre découverts à Saint-Augustin-de-Desmaures.
L’archéologue Geneviève Treyvaud, doctorante et chargée de cours au Département d’histoire, a supervisé pendant cinq semaines, soit jusqu’au 14 août, le chantier-école en archéologie sur le site de fouilles de l’ancien fort Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Ce deuxième été de fouilles a permis de mettre au jour des vestiges du bastion nord-ouest du fort construit en 1748, mais surtout de la fondation d’un bâtiment qui devait se situer à l’intérieur du premier fort construit au même endroit en 1666. «La construction “poteau sur sol” est typique du 17e siècle, explique-t-elle. Cette découverte permet de localiser le fort de 1666.» Ce chantier est placé sous la direction du professeur Réginald Auger du Département d’histoire.

En juin, en compagnie de Michel Plourde, archéologue et chargé de cours au Département d’histoire, Geneviève Treyvaud a supervisé quatre semaines de fouilles dans la réserve amérindienne d’Odanak, près de Sorel. Les travaux, qui se poursuivront durant quatre autres étés, ont pour objectif de localiser le fort d’Odanak. Ce fort a été érigé au début du 18e siècle par des Abénakis pour des Abénakis. Parmi la centaine d’artéfacts découverts cet été, mentionnons une pointe de flèche datée de 4 000 ans, des tessons de poterie amérindienne et une pierre à fusil.

De juillet à août, dans le boisé Saint-Félix de Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, quatre étudiants du chantier-école ont fouillé un site qui a révélé l’existence d’un vaste atelier de taille de la pierre. «Cet atelier était utilisé vers 5 000 ans avant aujourd’hui et possiblement dès 8 000 ans», soutient Michel Plourde, qui a agi comme coresponsable du chantier avec le professeur James Woollett, du Département d’histoire. «Les tailleurs de pierre, poursuit-il, y ont façonné des ébauches qui allaient servir, sur d’autres sites, à la fabrication de pointes de projectile, de couteaux ou de perçoirs, par exemple.»

Une alimentation diversifiée
Du 30 mai au 25 juin, à Château-Richer près de Québec, la doctorante en archéologie Maryse Cloutier-Gélinas a participé à une intervention menée par le Groupe d’analyses et d’interprétations archéologiques sur le site du deuxième couvent de l’endroit (1830-1906). Ses analyses préliminaires effectuées sur les sols des latrines indiquent notamment que les religieuses avaient une alimentation en viande assez diversifiée. «Les petits fruits tels que la framboise, la fraise et la cenelle étaient aussi présents au menu, accompagnés du raisin importé d’Europe», précise-t-elle.

La professeure Allison Bain, du Département d’histoire, et la doctorante en archéologie Lindsay Swinarton ont codirigé le chantier-école sur le site du second palais de l’intendant (1716-1760), à Québec, du 11 mai au 10 juin. Selon Allison Bain, le chantier a permis de fouiller une surface de circulation pavée aménagée vers 1753 et découverte en 2008. Un des artéfacts les plus intéressants découverts cet été est un fragment de faïence de Nevers.

En juin, à Saint-Maxime-du-Mont-Louis, en Gaspésie, le chantier de dix jours, placé sous la direction de l’archéologue et doctorante Françoise Duguay et de l’étudiant Tommy Simon Pelletier, inscrit à la maîtrise en archéologie, a permis de découvrir les vestiges d’un bâtiment en bois érigé vers la fin du 17e siècle. «Le site a eu une vocation de lieu de boucherie et de débitage sur une période approximative d’un siècle et demi», souligne ce dernier. Outre les vestiges structuraux, on a mis au jour, entre autres, des restes d’orignaux et de morues.

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