Vie universitaire

Pour un meilleur équilibre en recherche

Les sciences humaines et sociales à l'Université Laval ont maintenant une fière représentante: Annie Pilote, membre du réseau des leaders pour le CRSH

Par : Matthieu Dessureault
Vice-doyenne à la recherche, aux études supérieures et à l'international et professeure au Département des fondements et pratiques en éducation, Annie Pilote entreprend son nouveau mandat avec enthousiasme.
Vice-doyenne à la recherche, aux études supérieures et à l'international et professeure au Département des fondements et pratiques en éducation, Annie Pilote entreprend son nouveau mandat avec enthousiasme.
Les sciences humaines et sociales font face à plus d'un enjeu sur le plan du financement. Ce secteur de recherche, qui englobe des disciplines comme la psychologie, le droit et l'histoire, a désormais une ambassadrice à l'Université Laval chargée de faire le lien entre les chercheurs et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), un organisme subventionnaire du gouvernement fédéral. Annie Pilote, vice-doyenne à la recherche, aux études supérieures et à l'international à la Faculté des sciences de l'éducation, rejoint le réseau des leaders pour le CRSH.

Cette organisation est composée de représentants d'universités canadiennes admissibles à gérer des fonds attribués par le CRSH. Les leaders, dont le mandat est d'une durée de trois ans, sont choisis par le recteur de leur université. Leur rôle est de faciliter le partage de l'information entre les établissements et de contribuer au développement des programmes du CRSH. «Les leaders jouent un rôle important. La communication avec les organismes subventionnaires se fait de multiples façons, notamment grâce à des chercheurs membres de comités ou de jurys, qui transmettent de précieuses informations à leurs pairs. Les différents interlocuteurs font que l'information arrive de façon morcelée. Le réseau des leaders permet aux membres de centraliser les communications, mais surtout d'être les porte-parole des chercheurs auprès du CRSH», explique Annie Pilote.

En collaboration avec le Bureau de la recherche et de la création, elle prévoit organiser des consultations et diverses activités de mobilisation afin de prendre le pouls de la communauté. Professeure au Département des fondements et pratiques en éducation, elle est bien placée pour savoir que tout n'est pas rose dans le domaine des sciences humaines et sociales. Un exemple qui en dit long: pour la période 2015-2016, ce secteur de recherche a reçu seulement 9,9% des subventions octroyées à l'Université par les organismes fédéraux et provinciaux, soit 32 millions de dollars. «Ce chiffre est extrêmement préoccupant, surtout quand on considère que les chercheurs en sciences humaines et sociales sont capables d'être très productifs avec peu de moyens. Le défi principal signalé par les chercheurs, incluant ceux hautement subventionnés, est le manque de temps. Par rapport à d'autres secteurs, le recrutement d'étudiants dans leur faculté est un enjeu important. Les charges de travail des professeurs sont forcément affectées par ce contexte. Tant qu'il n'y aura pas davantage de moyens consentis aux sciences humaines et sociales, ils vivront énormément de pression», dit Annie Pilote, qui espère que les programmes de subvention incluent la possibilité d'obtenir un dégagement d'activités d'enseignement pour la recherche.

Selon elle, il faut également trouver un équilibre entre le financement de projets majeurs et celui de projets de moindre envergure. «Depuis quelques années, les règles des programmes visant à financer des recherches ambitieuses ont eu comme effet pervers d'induire une baisse du taux de succès des plus petits projets. Ce n'est pas parce qu'un projet est modeste qu'il aura moins de retombées sociales qu'un projet scientifique de plus grande envergure.»

Autre enjeu: la représentativité des francophones dans les comités de sélection. «Des chercheurs francophones se demandent s'ils auront plus de chances d'obtenir du financement en présentant leur demande de subvention en anglais. Si c'est le cas, ce n'est pas acceptable. Derrière l'enjeu de la langue se trouve celui des conditions de travail. Surchargés, plusieurs chercheurs doivent décliner les invitations du CRSH pour faire partie des comités de sélection. Il est certain que si les francophones ne sont pas présents autour de la table pour évaluer les demandes, nous avons là une partie du problème.»

Pragmatique, Annie Pilote n'en demeure pas moins optimiste par rapport à l'avenir des sciences humaines et sociales. «Le CRSH n'est pas figé dans ses stratégies. Il a une grande volonté de répondre à des besoins exprimés par la communauté scientifique.»




Les sciences humaines et sociales à l'Université Laval, ce sont:


  • 657 professeurs
  • 6 430 étudiants inscrits aux cycles supérieurs
  • 16 chaires de recherche du Canada
  • 20 chaires de leadership en enseignement
  • 30 chaires de recherche en partenariat
  • 371 nouveaux projets financés par les organismes subventionnaires pour la période 2015-2016

Université Laval

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Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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