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La préservation et la promotion du patrimoine immatériel se veulent une réponse aux effets du rouleau compresseur de la mondialisation

Par : Yvon Larose
Plus de 800 spécialistes du patrimoine culturel immatériel en provenance d’une trentaine de pays, dont la Chine, sont réunis depuis hier, le mercredi 17 octobre, et ce, jusqu’au 20 octobre, dans un hôtel de Québec. Ce congrès conjoint de l’American Folklore Society et de l’Association canadienne d’ethnologie et de folklore est organisé par l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval (IPAC).

Avec plus de 560 communications réparties en plus de 200 ateliers, forums et conférences, les participants explorent les problématiques, les enjeux et les perspectives du patrimoine culturel immatériel, également appelé patrimoine vivant. «Expressions orales, savoir-faire, fêtes, croyances, rituels, instruments, objets et artefacts sont autant de manifestations du patrimoine immatériel, comme le sont les espaces, lieux et territoires dans lesquels ces manifestations se produisent», explique Laurier Turgeon, professeur au Département d’histoire, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique et directeur de l’IPAC. Selon lui, on assiste, depuis quelques années dans le monde, a un intérêt croissant pour le patrimoine culturel immatériel comme moyen de soutenir et même de développer la diversité culturelle menacée par le phénomène de la mondialisation. «Le patrimoine immatériel se veut une réaction aux méfaits de la mondialisation, poursuit Laurier Turgeon. Souvent, la mondialisation transmet un sentiment de dépossession et d’anonymat. Elle fragilise le patrimoine qui est souvent assez local ou régional. Or, le patrimoine immatériel permet de développer un sentiment d’appartenance dans les communautés locales.» Selon lui, la mondialisation agit comme un rouleau compresseur sur les cultures, comme dans le cas des produits du terroir et des produits artisanaux menacés par la concurrence de produits importés. «Il est donc important de recenser les savoir-faire régionaux et de les valoriser», affirme-t-il.

Les participants au colloque discuteront, entre autres, du nombre grandissant de politiques qui visent à sauvegarder le patrimoine culturel immatériel. «Petit patrimoine», «patrimoine du peuple», «héritage culturel vivant des communautés», le patrimoine immatériel est désormais perçu comme un élément dynamique de la culture contemporaine. En 2003, l’UNESCO a adopté la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. À ce jour, plus de 90 pays l’ont ratifiée. «Un grand succès», aux dires de Laurier Turgeon. Il y a quelques semaines, la ministre de la Culture du Québec annonçait que la Loi sur les biens culturels, qui fait actuellement l’objet d’une refonte, contiendra une section sur le patrimoine immatériel. «C’est un peu dans l’ordre des choses, soutient-il. Les politiciens se rendent compte qu’il y a une demande sociale pour mieux connaître et mieux faire connaître le patrimoine immatériel. Les gens veulent que le patrimoine soit plus que des vieilles pierres et des plaques commémoratives. Ils veulent voir le patrimoine en action, comme le démontre, par exemple, la popularité des Fêtes de la Nouvelle-France.»

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