Vie universitaire

L'humain au cœur de l'expérience numérique

Des étudiants au baccalauréat en design de produits ont utilisé les technologies pour créer divers objets qui favorisent l'interaction humaine

Par : Matthieu Dessureault
Est-il possible de modifier l'état d'esprit grâce aux odeurs? Jusqu'où les odeurs peuvent-elles influencer notre comportement? Peut-on arriver à décrire les facteurs qui agissent sur les expériences olfactives? Des étudiants se sont intéressés à ces questions en créant un «olfactorium», qui permet à l'utilisateur de sentir des odeurs, de dessiner l'émotion perçue et de dévoiler cette émotion aux autres.
Est-il possible de modifier l'état d'esprit grâce aux odeurs? Jusqu'où les odeurs peuvent-elles influencer notre comportement? Peut-on arriver à décrire les facteurs qui agissent sur les expériences olfactives? Des étudiants se sont intéressés à ces questions en créant un «olfactorium», qui permet à l'utilisateur de sentir des odeurs, de dessiner l'émotion perçue et de dévoiler cette émotion aux autres.
Avec la révolution numérique, la tendance est à la dématérialisation. Pas à l'École de design, où une trentaine d'étudiants en design de produits ont créé des objets, bien tangibles, en utilisant les technologies interactives. Un haut-parleur qui réagit aux mouvements de la main, un dispositif pour générer des ambiances olfactives, une petite boîte qui active musique et jeux de lumière sur commande: autant d'œuvres qui ont été produites dans le cadre d'un cours du professeur Guillaume Blum, Design et transfert technologique, et d'un atelier donné par les chargés de cours Louis Drouin et Pierrette Grondin.

Après avoir appris certaines bases théoriques, les étudiants avaient deux semaines pour concevoir et construire un objet à l'aide des modules Arduino, une technologie qui permet de créer des systèmes électroniques. «Pour un grand nombre d'étudiants, c'était une première expérience de programmation. L'objectif n'était pas de former des spécialistes, mais plutôt de les initier au travail des ingénieurs en électronique et en informatique afin de les aider à établir un dialogue commun», explique Guillaume Blum.

Divisés en petites équipes, les étudiants avaient carte blanche pour mener à bien leurs projets. Leur seule directive: mettre l'expérience utilisateur au centre du processus de design. «Trop souvent dans ce genre de projets, l'accent est mis davantage sur l'aspect technologique; on veut créer quelque chose d'amusant et de nouveau sans prendre en considération les usages que l'objet va générer. C'est pourquoi, avec nos étudiants, nous insistons sur l'importance de faire passer l'expérience de l'utilisateur en premier», dit le professeur Blum.

Xavier Barbeau-Arseneault, Sheila Bergeron, Catherine Charbonneau et Marc-Antoine Landry ont créé un «olfactorium», une machine qui permet de mettre en images sa perception des odeurs. Le principe est simple: la personne appuie sur un bouton, ce qui déclenche une odeur grâce à un servomoteur et à un ventilateur. Guidée par un système de lumières, elle est invitée à sentir cette odeur pendant quelques secondes, puis à effectuer un dessin sur une tablette. À la fin, un tableau d'affichage dévoile tous les dessins qui ont été réalisés. «Les odeurs procurent des sensations, évoquent des souvenirs, engendrent des émotions. L'odorat est un sens souvent négligé, mais qui influence néanmoins notre humeur, nos comportements et les décisions que nous prenons. L'olfactorium permet aux utilisateurs de sentir certaines odeurs, de dessiner l'émotion perçue et de dévoiler cette émotion aux autres», explique Catherine Charbonneau.

Une autre équipe a conçu une petite boîte servant à créer des ambiances festives. Intitulé «Party Box», cet objet comprend un capteur de mouvements qui active de la musique. Un autre système diffuse des jets lumineux au rythme des pièces, qui peuvent être changées en appuyant sur des boutons. «Le module peut être utilisé dans différents contextes festifs, comme des festivals, des fêtes ou tout événement qui se veut rassembleur», indique Laurie Martel, qui a travaillé sur ce projet avec Anaël Fournier, Kim-Shani Hardy-Charbonnier, Sara-Maude Martel, Fanny Proulx-Cormier et Sébastien Robitaille.

Autre projet intéressant, «L'Odyssée» est une fausse épée qui plonge l'utilisateur dans un monde imaginaire. Muni d'écouteurs, le joueur doit prendre des décisions qui font évoluer une histoire racontée par un narrateur. Pour cela, il lui suffit d'effectuer des mouvements avec l'épée. Le tout fonctionne grâce à capteur fixé à l'objet. Les étudiants derrière ce projet, Nicolas Douville, Geneviève Bourdua-Sokolyk, Samuel Gauthier, Philippe Hogue, Keven Rodrigue et Olivier Rousseau, espèrent que l'initiative fera des petits. «Nous voulons que chacun puisse concevoir sa propre épée en y ajoutant le système électronique d'Arduino, qui est peu dispendieux. Un autre objectif est de créer une plateforme Web permettant à la communauté de joueurs de partager leurs scénarios et leurs modèles d'épée afin que tous puissent en profiter.»

D'une équipe de designers à l'autre, l'expérience de programmation s'est avérée des plus formatrices. «Dans notre métier, nous aurons à réaliser des projets dans lesquels nous n'aurons pas toutes les connaissances. Il faudra nous débrouiller pour trouver les ressources pour communiquer nos idées correctement et pour créer des concepts crédibles et viables. N'ayant jamais travaillé avec Arduino, nous avons appris des concepts clés, des termes et des contraintes liés au monde de l'électronique. Grâce à ce projet, nous savons mieux où aller chercher l'information afin de communiquer nos idées à des spécialistes ou de réaliser des prototypes par nous-mêmes», se réjouit Laurie Martel.

Visionnez les vidéos des différents projets




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«L'Odyssée» est un module électronique qui peut être fixé à divers objets, comme cette épée, pour faire vivre des expériences immersives au joueur. Les étudiants derrière ce concept se sont inspirés notamment des livres dont vous êtes le héros, des jeux grandeur nature et de Donjons et Dragons.

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À la fois capteur de présence et système de son, le «Party Box» permet de créer une ambiance festive. On peut l'utiliser pour des soirées d'anniversaire, des spectacles et tout autre événement rassembleur.

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