Vie universitaire

L'éveil

Les stages d'études à l'étranger transforment à jamais ceux et celles qui se lancent dans l'aventure, révèle une récente thèse de doctorat en anthropologie

Par : Renée Larochelle
Au cours de l'étude, 80 entrevues auprès de 53 étudiants et étudiantes des 3 cycles provenant de diverses facultés ont été réalisées.
Au cours de l'étude, 80 entrevues auprès de 53 étudiants et étudiantes des 3 cycles provenant de diverses facultés ont été réalisées.
«On parle souvent de choc culturel lorsque des étudiants effectuent un stage d'études à l'étranger. Mais encore? Je voulais voir en quoi cela les transformait et connaître le sens qu'ils donnaient à leur expérience. L'analyse de leurs récits m'a fait comprendre qu'un stage représentait une formidable occasion de prendre conscience de soi et des autres.» Brigitte Martin résume ainsi sa thèse de doctorat en anthropologie, effectuée sous la direction de Marie-Andrée Couillard, professeure à la Faculté des sciences sociales. Agente de recherche et de planification au Bureau international (BI), Brigitte Martin était en terrain de connaissance, ayant elle-même aidé à mettre en place le programme étudiant de mobilité internationale lancé en 2000 à l'Université.

Pour son étude, Brigitte Martin a mené plus de 80 entrevues auprès de 53 étudiants et étudiantes des 3 cycles provenant de diverses facultés et ayant participé à l'un des 10 programmes de mobilité de courte ou de longue durée offerts par le BI. Les entrevues ont eu lieu entre septembre 2011 et mai 2012. Les étudiants étaient invités à s'exprimer sur leur milieu familial, leur parcours scolaire, leurs centres d'intérêt et leurs réseaux. Des groupes de discussion réunissant des étudiants qui s'apprêtaient à partir à l'étranger et d'autres qui en revenaient ont également eu lieu. À partir de cette enquête ethnologique, Brigitte Martin a dégagé trois parcours d'étudiants: «l'ingénu», «le maëlstromiste» et «le cosmopolite».

«L'ingénu n'a pas ou peu d'expérience de voyage à l'étranger, explique Brigitte Martin. C'est un étudiant plus compétitif que la moyenne et il considère que ce stage représente une plus-value pour son curriculum vitae. D'ailleurs, son choix de carrière est souvent fait en fonction d'une profession valorisée socialement: médecin, avocat, ingénieur, gestionnaire, etc. Partir est aussi un moyen de s'affranchir de son milieu familial.» Comme son nom l'indique, le maëlstromiste est un véritable tourbillon. Il acquiert très tôt la curiosité de voyager, souvent grâce aux récits de voyage émanant d'une personne importante pour lui, comme une tante ou un oncle. Parlant une deuxième langue, voire une troisième, son domaine d'études (relations internationales, géographie, etc.) témoigne de sa passion pour l'étranger. Enfin, Brigitte Martin décrit le cosmopolite comme un individu un peu marginal, dont l'un ou les deux parents sont souvent d'origine étrangère. Très à l'aise avec les différents codes culturels, trouvant dans la culture locale une réponse à ses questions existentielles aussi bien que celles liées à son domaine d'étude (science politique, arts, sociologie, anthropologie, etc.), le cosmopolite est en quelque sorte un citoyen du monde.

À des degrés divers, les trois catégories d'étudiants trouveront leur compte au cours du voyage: renouvellement des valeurs, renforcement de la confiance en soi, développement de l'intérêt pour sa propre culture et celle de l'autre, tolérance, ouverture, sentiment accru de faire partie du monde. Sans compter, évidemment, l'enrichissement des connaissances dans son domaine de formation.

Toutes ces considérations amènent Brigitte Martin à encourager fortement les étudiants à participer au programme de mobilité offert par le BI, programme qui gagne d'ailleurs en popularité d'année en année. À titre d'exemple, une centaine d'étudiants profitaient de ce programme avant la création du BI. Aujourd'hui, leur nombre frise le millier annuellement. Malgré des statistiques encourageantes, Brigitte Martin estime que le programme pourrait bénéficier d'une plus grande visibilité. Elle croit aussi que les tribunes manquent pour permettre aux étudiants de parler de leur expérience. Des conférences pourraient inciter d'autres jeunes à se lancer dans l'aventure, une opinion partagée par Richard Poulin, directeur du Bureau international. «Pourquoi pas un circuit de type «Grands explorateurs» où les étudiants iraient rencontrer les jeunes dans les écoles?», suggère-t-il. L'idée est lancée.

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