Vie universitaire

Les porteurs de culture

Près de 80 étudiants de différentes nationalités ont représenté leur pays au cours d'une parade des drapeaux au stade TELUS-Université Laval

Par : Matthieu Dessureault
Drapeaux en main, les étudiants ont formé une haie d'honneur pour accueillir les joueurs du Rouge et Or sur le terrain.
Drapeaux en main, les étudiants ont formé une haie d'honneur pour accueillir les joueurs du Rouge et Or sur le terrain.
C'est une scène inhabituelle qui s'est offerte aux partisans du Rouge et Or dimanche. Avant le match opposant l'équipe de football de l'Université Laval aux Redmens de l'Université McGill, puis durant la mi-temps, des étudiants ont défilé, drapeau de leur pays en main. Près de 80 pays étaient représentés, du Chili à la Chine, en passant par l'Italie et le Liban. Organisée dans le cadre des Journées de la culture, cette activité visait à mettre en valeur la diversité culturelle de l'Université et l'apport important des étudiants étrangers à la vie du campus. Cet automne, ils sont plus de 5 500 étudiants étrangers ou résidents permanents, provenant de plus d'une centaine de pays dans le monde.

C'est justement cet aspect multiculturel qui plaît à Kossi Amouzou, étudiant à la maîtrise en droit et fier représentant du Togo. «L'Université Laval est un point de rencontre entre plusieurs nationalités. C'est un pôle multiculturel, où tu peux parler le français, évidemment, mais aussi l'anglais et plusieurs autres langues. Comme francophone, cet établissement m'apparaissait la meilleure option pour mes études.»

C'est son cousin, un étudiant en science politique, qui l'a encouragé à venir de ce côté de l'Atlantique, en 2014. Son arrivée, il faut le dire, n'a pas été de tout repos. D'abord, il a dû s'adapter à une nouvelle vie. Autre culture, autre approche de l'enseignement, c'est «un monde inconnu» qui s'ouvrait à lui. Quelques mois après son arrivée, sa mère est décédée. Retour, donc, au Togo, pour organiser les obsèques. «J'ai traversé des moments très difficiles. J'ai manqué une session, j'étais à deux doigts de tout abandonner. C'est un conseiller aux études de ma faculté qui m'a soutenu. Je lui serai toujours reconnaissant. Lorsque je penserai à l'Université Laval, c'est à lui que je penserai, ainsi qu'au Bureau de la vie étudiante, qui m'a accueilli et aidé avec des ateliers d'information.»

Au rayon des souvenirs marquants, Kossi Amouzou n'est pas près d'oublier non plus ce match du Rouge et Or. Grand fan de soccer, l'étudiant a découvert, cette journée-là, l'univers du football universitaire. Par-dessus tout, il a été surpris de la frénésie entourant l'événement. Autant de gens faisant fi de la température incertaine pour venir encourager leur équipe, cela l'a étonné. «Chez moi, il faudrait un match de l'équipe nationale pour remplir un stade comme celui-ci!»

La porteuse du drapeau brésilien était également ravie de son expérience. Doctorante en sciences et technologies des aliments, Raquel Silveira Porto Oliveira a réalisé un rêve en venant étudier à l'Université Laval. C'est en 2011, au cours d'un voyage avec son mari, qu'elle a découvert le campus. «Nous avions passé seulement deux jours à Québec, mais j'étais tombée en amour avec la ville! En 2013, lors du Salon «Imagine étudier au Canada», à São Paulo, j'ai appris que l'Université avait un programme de recherche dans mon domaine. J'étais vraiment excitée. J'ai envoyé ma candidature pour un doctorat, et on m'a acceptée!»

Encadrée par le professeur Yves Pouliot, la jeune femme s'intéresse aux peptides, de petites protéines que l'on retrouve entre autres dans le lait. Ses recherches, espère-t-elle, aideront les professionnels de l'industrie à optimiser leur processus de production. Faire des études à Québec lui a demandé, à elle aussi, une période d'adaptation. Outre le climat, aux antipodes de la température de sa région d'origine, qui frôle les 27 degrés Celsius en moyenne, la langue s'est avérée un défi. «J'avais suivi des cours de français au Brésil, mais c'était le français de France. Les expressions québécoises, c'est très différent! J'ai eu beaucoup de difficulté à communiquer à mon arrivée. Heureusement, tout le monde a été patient avec moi», raconte-t-elle avec son joli accent.

Après ses études, probablement en 2018, Raquel Silveira Porto Oliveira compte s'établir au Canada et faire sa demande de résidence permanente. De son côté, Kossi Amouzou a l'intention de retourner dans son pays pour y partager ses connaissances. Ainsi, il pourra transmettre un peu de son expérience québécoise, philosophe-t-il. «Je pense souvent à ce que j'ai laissé derrière. Quand je regarde l'état de mon pays, je me dis qu'il y a beaucoup à faire! Les études et l'épanouissement personnel, je veux que mes proches connaissent ça aussi!»




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Issus des cinq continents, les participants ont pu échanger avec le recteur, Denis Brière. Photo: Marc Robitaille

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