Vie universitaire

Les nouveaux bâtisseurs

La génération Y a des choses à apprendre à ses professeurs 

Par : Renée Larochelle
Ils ont entre 18 et 25 ans. Baignant depuis leur enfance dans un univers de micro-ordinateurs, de jeux vidéos, de téléphones cellulaires, de cédérom, de téléchargement de musique et quoi encore, ils carburent à l’instantanéité, habitués à ce que tout aille vite.  C’est la génération du «bip, clip, rap, zap». Habiles négociateurs, grands revendicateurs, ils veulent être consultés avant de s’en faire imposer. Après la génération «X», voici la génération «Y», dont les spécialistes disent qu’elle bouleversera nos habitudes, nos valeurs et surtout notre conception du travail.

«Pour la première fois dans l’histoire, les enfants connaissent mieux que leurs parents une innovation centrale pour la société, soit toutes les nouvelles technologies», a expliqué Jenny Lower, adjointe au doyen de la Faculté de pharmacie et professeure à cette même faculté, lors d’une conférence qu’elle a prononcée dans le cadre des activités campus de L’Heure pédagogique, le 27 octobre. «Parce qu’elle est branchée sur la culture numérique, la génération Y apporte une nouvelle façon d’être, de penser et d’apprendre qui remodèle les comportements et il faut en tenir compte», estime Jenny Lower, qui a commencé tout naturellement à s’intéresser à la génération Y en examinant le comportement des cohortes d’étudiants à qui elle enseigne depuis une dizaine d’années.

Avoir le choix
Par exemple, le temps où le professeur se présentait devant les étudiants au premier cours avec un plan de cours coulé dans le béton sur un plateau d’argent est bel et bien fini. En effet, les étudiants veulent être impliqués dans le processus de décision et souhaitent un menu où ils pourront cocher ce qu’ils considèrent bon pour eux. Même s’ils se décident finalement pour ce qu’avait prévu le professeur, l’important est d’avoir le choix. «Avant tout, les représentants de la génération Y veulent participer aux décisions qui les concernent, souligne Jenny Lower. Comment peut-il en être autrement alors que leurs parents les ont toujours consultés sur tout?»

Selon la professeure, les entreprises qui embaucheront les jeunes diplômés devront tenir compte de cette dernière caractéristique, si elles ne veulent pas manquer le bateau de la relève. De plus, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre qui ira en grandissant au cours des prochaines années, le risque est grand que les jeunes aillent frapper à d’autres portes s’ils ne se sentent pas dans le coup ou s’ils estiment qu’on ne tient pas compte de leurs compétences, de leurs opinions ou de leurs idées. «Ils aiment la diversité, l’innovation, la créativité, les résultats, les défis, la transparence et la cohérence, dit Jenny Lower. Ils apprécient travailler à l’intérieur de "structures horizontales" où il y a plus de travail d’équipe, ce qui amène davantage de considération, de concertation et de collaboration. Par dessus tout, ils ont une vision optimiste de l’avenir. Ce sont de nouveaux bâtisseurs à qui on doit faire confiance.»

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