Vie universitaire

L'ergothérapie en mouvement

Le programme de formation des ergothérapeutes inclura désormais un continuum baccalauréat-maîtrise

Par : Jean Hamann
Deux étudiantes entourent la professeure Sylvie St-Cyr dans le laboratoire d'orthèses du pavillon Comtois. Le Québec doit présentement composer avec une pénurie d'ergothérapeutes.
Deux étudiantes entourent la professeure Sylvie St-Cyr dans le laboratoire d'orthèses du pavillon Comtois. Le Québec doit présentement composer avec une pénurie d'ergothérapeutes.
Au moment même où il célèbre ses 40 ans d’existence, le programme d’ergothérapie subit une transformation majeure qui aura une incidence sur la pratique de cette profession au Québec. En vertu de la révision en profondeur du programme de formation que vient d’approuver la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec — et qui devrait recevoir l’aval du ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports d’ici septembre 2009 —, les nouveaux étudiants qui s’inscrivent à ce programme devront désormais compléter un continuum baccalauréat-maîtrise. En effet, à compter de 2010, les nouveaux diplômés en ergothérapie devront avoir complété une scolarité de maîtrise pour exercer leur profession au Québec.
   
Plusieurs raisons ont rendu ce changement nécessaire, explique le professeur Louis Trudel. D’abord, l’ergothérapie se situe au carrefour des sciences biomédicales et biomécaniques, de la psychologie, des sciences sociales et des sciences du comportement occupationnel. Comme toutes ces disciplines ont évolué au fil des ans, il y a tout simplement plus de choses à apprendre. Par ailleurs, l’ergothérapie, qui vise la participation sociale des personnes ayant des incapacités temporaires ou permanentes dans leur milieu de vie, est appelée à relever de nouveaux défis dans la foulée du virage ambulatoire préconisé en santé. Enfin, comme la pratique de l’ergothérapie doit reposer sur des données probantes, l’ergothérapeute doit non seulement être en mesure de faire une analyse critique des données, mais aussi de produire des données probantes à partir de sa propre pratique, d’où la nécessité de développer des compétences en recherche clinique, souligne le professeur Trudel.
   
«Les nouvelles exigences de la pratique sont devenues de plus en plus difficiles à atteindre dans le cadre d’un programme de baccalauréat menant à l’exercice de la profession, même s’il comptait 107 crédits», poursuit-il. Pour ces raisons, le programme de baccalauréat est modifié en profondeur et ramené à 96 crédits, et une maîtrise professionnelle de 48 crédits est créée.
   
Grâce à ces changements, l’Université se met au diapason des autres institutions américaines et canadiennes qui forment des ergothérapeutes. Depuis 2007, l’American Occupational Therapy Association n’accorde plus d’agrément aux programmes qui ne décernent pas un diplôme post baccalauréat. L’Association canadienne des ergothérapeutes, responsable de l’agrément des programmes d’ergothérapie dans les universités canadiennes, lui a emboîté le pas et elle a fixé à 2010 la limite pour modifier la formation. «Il est important de maintenir l’agrément de notre programme si on veut assurer la libre circulation des professionnels formés à l’Université Laval», souligne Louis Trudel.
  
L’obligation d’avoir complété une maîtrise pour pratiquer l’ergothérapie ne s’applique pas aux professionnels qui sont déjà sur le marché du travail. Par contre, une passerelle facilitant l’obtention du diplôme de maîtrise sera offerte à ceux qui souhaitent s’inscrire à ce programme.
   
Le Québec doit présentement composer avec une pénurie d’ergothérapeutes. Pour la contrer, le nombre de nouveaux étudiants admis dans ce programme est passé de 70 à 80 en 2006, puis à 90 en 2008. Une nouvelle hausse devrait porter ce chiffre à 100 à compter de 2010.

Retrouvailles
L’entrée en vigueur du continuum survient au moment où le personnel du programme d’ergothérapie prend possession de ses nouveaux bureaux dans le pavillon Vandry. Dans quelques mois, ce sera au tour des étudiants de profiter de nouveaux espaces de formation. La philosophie de partage de l’espace entre les diverses sciences de la santé qui prévaut dans ce pavillon est à l’image de l’interdisciplinarité préconisée dans le nouveau programme d’ergothérapie.
   
Un colloque marquant les 40 ans du programme d’ergothérapie aura lieu le 29 novembre sur le campus. Les quelque 175 participants attendus, dont une centaine de diplômés, discuteront de l’avenir de leur profession. À cette occasion, les responsables du programme présenteront les récents changements apportés à la formation des étudiants en ergothérapie.
   
L’événement sera marqué par le lancement d’une conférence d’honneur annuelle, rattachée à un cours, qui sera reconnue comme activité de formation continue. La conférence inaugurale sera prononcée par Rachel Thibeault, sommité en réadaptation à base communautaire dans les pays dévastés par la guerre, les conflits ethniques ou les catastrophes naturelles. L’allocution de cette diplômée du programme d’ergothérapie de l’Université Laval (1979) aura pour titre «Ergothérapie et pratique centrée sur le client: outils de justice sociale».

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!