Vie universitaire

Le missionnaire de l’ail

Agriculteur autodidacte, Cédric Paré est déterminé à faire connaître l’ail et ses multiples bienfaits

Le soleil couchant dessine des ombres rougeâtres sur le champ et les maisons autour. La scène est de toute beauté, mais Cédric Paré n’est pas là pour admirer le paysage. Le voici occupé à récolter la fleur d’ail de ses plants, une étape essentielle qui permettra d’optimiser la croissance des bulbes. Le front en sueur, il coupe une à une les tiges spiralées et les dépose dans des paniers, qui seront vendus le lendemain à ses clients.

«En tout, je produis 6000 plants d’ail. Tout est récolté à la main, sans machinerie; ça fait beaucoup pour un seul homme! L’agriculture, c’est ce qui me permet de déconnecter du travail et de décrocher du rythme de la ville. Mes 5 à 7, je les passe au champ avec mon chien et le soleil couchant», dit-il.

De jour, Cédric Paré est fonctionnaire. De soir, il devient agriculteur. Sa compagnie, Ô champ, se spécialise dans la production de fleurs d’ail et de bulbes d’ail. Depuis dix ans, il loue une parcelle de terrain dans le nord de Charlesbourg. Chaque automne, son ail fraîchement récolté part comme des petits pains chauds! «Ma clientèle est constituée d’un noyau de personnes qui s’agrandit d’une année à l’autre avec le bouche-à-oreille. Mon bonheur, c’est quand des clients reviennent me voir pour m’acheter de plus grandes quantités d’ail. Pour un agriculteur, c’est motivant de savoir que nos produits plaisent.»

Diplômé d’un baccalauréat en génie chimique et d’un certificat en journalisme, Cédric Paré ne semblait pas destiné à l’agriculture. C’est lors d’un stage en agronomie qu’il a découvert la culture de l’ail, une plante intéressante sur les plans nutritionnel et économique. Déterminé à faire sa place dans ce marché, il a fait ses devoirs. «J’ai lu plusieurs recherches scientifiques sur le sujet et je me suis informé auprès de spécialistes. Mon baccalauréat en génie chimique m’a permis de mettre à profit mes connaissances en environnement, par exemple sur la gestion des nutriments dans la terre. Pour ce qui est de mes études en journalisme, elles m’ont aidé pour tout ce qui touche la relation avec la clientèle : vendre le produit, l’expliquer et convaincre les gens d’en acheter. Particulièrement pour la fleur d’ail, je me vois comme un missionnaire; cet aliment, malgré son goût délicieux et ses propriétés nutritionnelles, est encore peu connu au Québec.»

Maintenant inscrit à la maîtrise en développement des personnes et des organisations, l’agriculteur compte intégrer à son entreprise des principes de responsabilité sociale. D’ailleurs, une partie de sa dernière production de fleurs d’ail a été remise à un organisme qui offre des repas aux gens dans le besoin. Aussi, ses plants sont entretenus avec un souci de respect de l’environnement, sans pesticides ni produits chimiques.

Avec Entrepreneuriat Laval, il entreprend une nouvelle étape : la commercialisation de l’ail noir. De plus en plus populaire, cet aliment santé résulte d’un long processus de maturation des gousses. «J’ai déjà ma recette qui a été testée et approuvée. Ce qui me manque, c’est notamment le marketing et la mise en marché du produit. Avec ses conseils et son réseau d’experts provenant de diverses facultés, Entrepreneuriat Laval m’offre un soutien qui me pousse à me surpasser», conclut Cédric Paré.

Jusqu’au 8 octobre, on peut rencontrer ce passionné au Marché local UL. Créé par Coop Zone, cet événement se tient chaque mardi, sur l’heure du midi, à l’extérieur du pavillon Alphonse-Desjardins, près de la terrasse du café Fou AELIÉS.

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