Vie universitaire

Le droit à l'erreur

Nos décisions nous aident à devenir nous-mêmes et à construire notre identité

Par : Renée Larochelle
«Une fois que ma décision est prise, j’hésite longuement», a écrit le romancier français Jules Renard. Cette citation illustre bien à quel point il est parfois difficile de s’en tenir à la décision qu’on a prise. Car décider, c’est renoncer à quelque chose. En effet, même s’il est toujours possible de revenir en arrière, la décision signe une petite mort et annonce un choix qui en exclut forcément d’autres. D’où l’anxiété accompagnant parfois les prises de décision importantes de la vie. Pour faire la lumière sur les mécanismes de la prise de décision, le Centre d’aide aux étudiants (CAE) a organisé récemment un atelier sur le sujet, la question centrale étant: Pourquoi donc avons-nous généralement tant de difficulté à prendre une décision?
«Décider est une chose qui s’apprend», dit France Lehoux, conseillère en orientation au CAE et animatrice de cet atelier, avec Yves Villeneuve, également conseiller en orientation. «Il faut d’abord distinguer l’indécision passagère, la saine indécision en fait, de l’indécision chronique, souligne France Lehoux. Dans le premier cas, cela permet de remettre en perspective ce qu’on a choisi et même de nous conforter dans ce choix. En cas d’indécision chronique, il arrive qu’on se sente tellement paralysé qu’on ira jusqu’à accepter que d’autres prennent une décision à notre place. Oui, c’est important de demander conseil, mais la décision finale nous revient.»
 
Choisir sa vie
Qu’il s’agisse de changer de programme d’études, de rompre avec son conjoint ou d’accepter une offre d’emploi, l’essentiel consiste à ne pas agir impulsivement. Une faible capacité de tolérance à l’incertitude, conjuguée à un niveau d’anxiété élevé, peut nous inciter à prendre une décision trop rapidement. La méconnaissance de soi, la peur de se tromper, de s’engager, de décevoir ou de déplaire constituent également des obstacles à une prise de décision éclairée. «On doit garder à l’esprit qu’une décision n’est pas une question de vie ou de mort et se donner le droit à l’erreur, explique France Lehoux. La vie est un champ d’expérience et il ne faut pas se priver d’exercer du pouvoir sur sa vie. Nos décisions nous aident à devenir nous-mêmes et à construire notre identité. Décider, c’est non seulement s’affirmer, mais c'est aussi assumer que notre choix pourra déranger ou bousculer les autres dans leurs croyances et leurs valeurs profondes.»       

Une fois la décision prise, la meilleure voie à suivre consiste à ne pas remettre son choix en question et à s’engager dans l’action. On peut aussi s’entourer de personnes qui nous apporteront du soutien. Quant à savoir si c’était une bonne ou une mauvaise décision, on doit se dire que c’était la meilleure à prendre dans les circonstances et qu’une nouvelle expérience commence. Et aussi, que la vie continue. Pour en savoir plus: www.aide.ulaval.ca

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