Vie universitaire

Le drapeau bien haut

Lyne Pelletier a été l’instigatrice des Jeux canadiens des greffés qui se dérouleront cet été à Québec

Par : Renée Larochelle
«Je suis la preuve vivante qu'on peut avoir une vie de qualité après une greffe», affirme Lyne Pelletier.
«Je suis la preuve vivante qu'on peut avoir une vie de qualité après une greffe», affirme Lyne Pelletier.
Tout est possible dans la vie. Parlez-en à Lyne Pelletier, qui est agente de recherche et de planification au Service de placement de l’Université. Il y a dix ans, si vous lui aviez dit qu’elle serait l’instigatrice des Jeux canadiens des greffés qui se dérouleront cet été à Québec, il est tout probable que la dame vous aurait gentiment ri au nez. Et pourtant, la tenue de ces jeux dont les athlètes ont en commun de pouvoir courir, nager, marcher et s’adonner à différents sports d’équipe avec un organe greffé a été rendue possible grâce à la persévérance de Lyne Pelletier, greffée du foie en 1999 et gagnante de six médailles dans diverses disciplines, notamment le volleyball et la marche rapide. 

«Je rêvais de recevoir les Jeux mondiaux des greffés, mais le président de l’Association canadienne des greffés, Dave Smith, m’a suggéré de commencer par des jeux nationaux, explique cette passionnée de sports avant la greffe, si on peut dire. Pour réaliser ce projet, j’ai travaillé de concert avec MC2 Expérience stratégique, un organisme sans but lucratif mis sur pied par le Service de placement il y a quelques années afin de permettre à un maximum d’étudiants et de diplômés d’acquérir de l’expérience de travail. En juin dernier, nous avons appris que la candidature de Québec était acceptée.» Quelque 400 athlètes âgés de 5 à 77 ans sont attendus à ces jeux qui en sont à leur cinquième édition. Lyne Pelletier y participera évidemment, s’entraînant trois fois par semaine à cet effet. Au programme: marche rapide, séances de vélo stationnaire et musculation.

Le téléphone sonne
Lyne Pelletier a appris qu’elle souffrait d’une cirrhose biliaire primitive au début des années 1990, à la suite de prélèvements sanguins montrant une quantité anormalement élevée de phosphatases alcalines dans le foie. La seule solution pour remédier à cette maladie dégénérative est la greffe. L’attente débute. Sur le point de terminer un baccalauréat en consommation, la jeune femme lutte constamment contre la fatigue qui l’envahit. Ses muscles se mettent à fondre comme neige au soleil et son abdomen se distend, conséquences de sa maladie, ce qui ne l’empêche pas de commencer une maîtrise en administration des affaires. Un beau jour, le téléphone sonne: un foie est disponible. Mais à l’hôpital, Lyne Pelletier doit passer son tour, l’organe disponible se révélant après examen aussi mal en point que le sien. «J’étais déçue, mais en même temps, je trouvais ça encourageant d’être si près du but», révèle-t-elle. Quelques mois plus tard, autre appel et autre déception: à quelques minutes d’être opérée, Lyne Pelletier apprend qu’on a dû donner le foie qui lui était destiné à une autre personne, le cas étant jugé plus urgent. L’opération aura finalement lieu en novembre 1999. Aujourd’hui, Lyne Pelletier affirme que sa greffe l’a ouverte au monde.

«Je suis la preuve vivante qu’on peut avoir une vie de qualité après une greffe», affirme Lyne Pelletier, qui est notamment allée en France en 2003, en Thaïlande en 2007 et en Australie en 2009 pour participer aux Jeux mondiaux des greffés qui y ont eu lieu. «Ma seule restriction, c’est le jus de pamplemousse qui est contre-indiqué dans mon cas, plaisante-t-elle. Pour le reste, je surveille ma consommation de sel et de sucre, un peu comme tout le monde devrait le faire. Bien sûr, j’encourage le don d’organes, car cela permet de continuer à vivre. Et la vie est tellement belle!»             

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