Vie universitaire

Le DD, 10 ans déjà!

Comment les universités peuvent-elles influencer la société en matière de développement durable? Telle est la question posée à l'occasion d'une table ronde visant à souligner les 10 ans de la démarche institutionnelle de l'Université Laval

L’Université amorçait, il y a 10 ans, sa démarche de développement durable. Des changements majeurs, notamment dans les domaines de la recherche, de l’enseignement et de la gestion des déchets et du transport, ont été réalisés au fil des années.
«Il faut apprendre à vivre plus simplement pour que les générations futures puissent simplement vivre.» Cette «petite phrase, lancée par un grand homme», Gandhi, est au coeur même de la vision de l'Université, dixit Éric Bauce. Le vice-recteur exécutif et au développement était invité, le 25 octobre, à participer à une table ronde sur le développement durable. Jean-Martin Aussant, directeur général de Chantier de l'économie sociale, et Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, étaient également présents pour livrer leurs réflexions.

L'activité, qui avait lieu au pavillon Gene-H.-Kruger, était organisée par le Vice-rectorat exécutif et au développement et l'Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société. Elle visait à souligner le 10e anniversaire de la démarche de développement durable de l'Université. En effet, il y a 10 ans, l'établissement amorçait des changements majeurs, notamment dans les domaines de la recherche, de l'enseignement et de la gestion des déchets et du transport.

À travers toutes ses initiatives liées au développement durable, l'Université est un banc d'essai, a expliqué le vice-recteur exécutif et au développement. «On teste de nouvelles façons de faire innovantes. Si elles fonctionnent, on les développe et on les transfère dans la société», a-t-il résumé, donnant l'exemple de la carboneutralité. Après des années d'efforts soutenus, l'Université a atteint cet objectif ambitieux en réduisant massivement ses émissions de gaz à effet de serre et en compensant les émissions restantes. Son but, maintenant, est d'inspirer d'autres acteurs à suivre cette voie. «La première fois que nous avons parlé de carboneutralité, certains nous ont traités de rêveurs. Si nous sommes capables de le faire à l'échelle du campus, je pense qu'il est possible de le faire un peu partout sur la planète, en misant, par exemple, sur de nouvelles façons d'aménager les forêts, sur des constructions en bois et sur des changements de comportement.»

L'écologiste Karel Mayrand a profité de la table ronde pour énumérer de grands enjeux qui touchent la planète. Les changements climatiques, l'épuisement des ressources naturelles et la disparition d'espèces animales sont autant de problèmes auxquels les universités doivent s'attaquer, selon lui. «Plus que jamais, nous avons besoin des universités pour inventer des solutions. Dans la perspective où l'on s'approche d'une ère de choc climatique et de rareté des ressources, il faut bâtir des villes et des sociétés résilientes. On doit aussi réinventer nos modes de production, transformer les fondements de notre économie, redistribuer la richesse et réformer nos institutions politiques et démocratiques. Les universités, dont l'Université Laval, pourront apporter une contribution dans tous ces secteurs.»

Parmi ces défis, Jean-Martin Aussant a insisté sur l'importance de changer notre modèle économique. Pour cela, on doit promouvoir davantage l'économie sociale dans les programmes d'études. Il constate que des préjugés persistent sur ce mode de développement basé sur la communauté. «Beaucoup de gens ignorent ce qu'est une coopérative ou un organisme à but non lucratif. Si on pense à des entrepreneurs vedettes, on pense rarement à ceux qui ont choisi l'économie sociale. Il faut inciter les jeunes, à travers l'enseignement, à considérer ce modèle pour lancer des projets d'affaires.»

Au fil des échanges, une évidence est apparue, celle de la nécessité d'aborder le développement durable sous l'angle interdisciplinaire. Pour Éric Bauce, cette façon de penser implique d'inciter les différents experts à sortir de leur zone de confort. «Les disciplines sont des endroits très confortables et parfois hermétiques. L'ingénieur et le psychologue ont l'impression qu'ils ne parlent pas la même langue, mais quand on les amène à discuter ensemble, des idées émergent. L'interdisciplinarité est avant tout une question d'attitude. C'est possible dans les universités, mais aussi dans les milieux municipal, provincial et fédéral.»

Près d'une centaine de personnes, principalement des étudiants, des chercheurs et des membres du personnel, ont assisté à la table ronde.




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Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Jean-Martin Aussant, directeur général de Chantier de l'économie sociale, et Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement de l'Université Laval, ont partagé leurs réflexions sur le développement durable.

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