Vie universitaire

Le courrier

Une expo sans ses experts
Dans un constat plutôt triste, l’Université Laval annonçait (Le Soleil, 19 septembre 2007) qu’elle va finalement participer aux Fêtes du 400e de Québec par une exposition au quart du budget de ce qu’elle avait prévu, c’est-à-dire passant d’un financement évalué à 800 000 $ à 200 000 $ pour une exposition scientifique qualifiée de «plus modeste». Triste tout d’abord parce qu’il est question d’argent au vu et au su du grand public alors que l’on parle ici de fête, d’un cadeau de l’Université Laval à la Ville de Québec, en insistant que trop sur la coupure qui divise par quatre l’offre de départ (les cyniques y verront peut-être une valeur de symbole pour le quatre centième?). Habituellement, on annonce publiquement une coupe comme un bon coup, alors que dans ce cas-ci l’Université semble plutôt s’excuser de ne pouvoir faire mieux en ayant perdu le commanditaire pressenti.
   
 Il est d’autant plus étonnant de lire à la même période (18 septembre) dans le discours de rentrée du recteur Brière au chapitre de l’implication dans la communauté régionale: « Enfin, l’Université doit être présente dans les grands débats de société et dans la vie de notre milieu dans le but d’encourager le développement intellectuel, social, culturel et économique de la grande région de Québec.» Quoi penser alors d’un effort aussi mince quand on le compare seulement à celui consenti en 1908 à une époque où l’Université Laval était un petit foyer intellectuel dans une ville en plein essor. Ce qui étonne encore davantage, c’est non seulement le rétrécissement de la mise annoncée mais le fait que l’Université Laval lançait en grandes pompes au printemps dernier (le 28 mai 2007) le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture (LAMIC), qui totalisera un investissement de près de 4 millions de dollars, venant dans une proportion de 80 % de la Fondation canadienne d’innovation (FCI) et du Gouvernement du Québec. De fait, la transformation de l’ex-Centre muséographique en une plate-forme technologique de recherche en muséographie semble être ignorée par l’actuelle direction universitaire et, du coup, discrédite l’expertise que réunit pourtant une pareille infrastructure.    

Comment l’Université, dans un contexte de restriction qu’elle semble elle-même déplorer, peut se permettre de ne pas profiter des ressources en son sein? Alors que l’exposition est le domaine précis d’expertise de ce dernier-né en recherche expérimentale au titre de pôle en émergence reconnu internationalement par ses pairs. Il est étrange encore une fois d’associer une telle position de recul avec l’idée de faire l’économie d’un secteur bien pourvu sur son campus par l’intégration des technologies de pointe au domaine précis de l’exposition. C’est à se demander comment fait-on ses calculs en plus haute instance, en divisant au lieu de multiplier, en soustrayant au lieu d’additionner. Il est parfois difficile de comprendre certaines équations, sauf peut-être si l’on doit tenir compte de l’effet capricieux d’une drôle de mathématique. Si quelqu’un peut m’expliquer cette nouvelle manière de faire, qu’on m’en informe aussitôt car je n’y comprends rien.

PHILIPPE DUBÉ
Professeur titulaire de muséologie et directeur du LAMIC

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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