Vie universitaire

Le bonheur est dans la classe

L’avenir des enfants réside dans une éducation fondée sur le développement intégral de l’être humain

Par : Renée Larochelle
Les enseignants du primaire éprouvent certaines difficultés à définir leur conception de l’éducation. Des trois finalités de la réforme de l’éducation,  «instruire, socialiser et qualifier», celle d’instruire leur apparaît comme la plus claire et la plus importante à promouvoir. L’instruction figurant au premier plan de leurs priorités, l’éducation touche davantage l’apprentissage des bonnes manières et relève à cet effet de la famille et du personnel des services de garde des écoles. Si les enseignants se disent d’accord avec l’idée selon laquelle l’éducation devrait viser le développement intégral de la personne, cette finalité est difficile à atteindre, notamment à cause des classes surchargées, du manque d’outils didactiques et surtout, de l’absence de précision entourant la définition même du concept de développement intégral.

Tels sont quelques-uns des résultats que présente Benoît Tremblay dans son mémoire de maîtrise réalisé sous la direction de Gaston Marcotte, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation. Pour les fins de sa recherche, Benoît Tremblay a interviewé treize enseignants du primaire provenant des commissions scolaires de la Capitale, des Premières-Seigneuries et de Charlevoix, au printemps 2003. Son but: mieux connaître la conception de l’éducation et ses finalités chez les enseignants du niveau primaire. Sans vouloir étendre ses résultats à l’ensemble des enseignants au primaire du Québec, Benoît Tremblay estime que le flou entourant la définition du développement intégral de la personne chez les enseignants n’aide pas la cause de l’éducation et, par là, celle des enfants.

«Quand ils parlent de développement intégral, les enseignants nomment, par exemple, l’acquisition de valeurs, le développement de la personnalité, le niveau de motivation, la capacité d’adaptation, la propension au bonheur, mais sans qu’il existe de fil conducteur entre ces éléments, explique Benoît Tremblay. Ils disent être là pour permettre aux élèves de trouver leur place dans la société, de devenir plus autonomes et responsables, d’être plus conscients d’eux-mêmes, etc. Ils laissent entendre que le quotidien vécu avec les élèves se charge d’offrir des occasions permettant autre chose que l’acquisition de connaissances ou de compétences.»

Une conception naturelle
Selon Benoît Tremblay, la connaissance du concept de l’éducation et la compréhension de ses fondements ne constituent pas des priorités pour les enseignants, si on en juge par leurs propos. «Bien que la philosophie porte en elle un discours pouvant éclairer la fin ultime de l’éducation, soit le plein développement du potentiel d’humanité résidant en chaque individu, les enseignants n’y recourent que très peu pour présenter leur conception de l’éducation», note le chercheur, qui refuse toutefois de leur lancer la pierre.
   
«Nous savons tous que les enseignants doivent composer avec toutes sortes de contraintes, constate-t-il. Quant à savoir si la réforme de l’éducation a du bon, la question est de voir en quoi elle peut être un gage de réussite, certes sur le plan scolaire, mais surtout dans l’optique d’assurer une autonomie et une responsabilité morale toujours plus grandes chez l’individu. D’où l’importance de fonder l’éducation sur une conception naturelle de l’être humain - apte à le saisir dans sa totalité en dépit des différences individuelles - et d’articuler explicitement les contenus des différentes matières autour de cette conception, insiste Benoît Tremblay. Chaque enfant doit être systématiquement invité, pour son bonheur individuel et collectif, à développer au maximum son potentiel d’humanité.»   

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