Vie universitaire

La force de l'image

Le groupe The Lost Fingers, dont font partie deux diplômés de Laval, fait la preuve par trois qu’un concept original peut mener droit au succès

Par : Renée Larochelle
Le marché est tellement saturé que c'est important de se démarquer, souligne Alex Morissette.
Le marché est tellement saturé que c'est important de se démarquer, souligne Alex Morissette.
La vie d’artiste n’a pas toujours été rose pour Alex Morissette, le contrebassiste du groupe The Lost Fingers. À sa sortie de la Faculté de musique, en 2007, il a occupé plusieurs emplois pour joindre les deux bouts, avant de trouver la voie royale du succès au sein du populaire trio de jazz manouche. «J’ai vraiment tripé sur tous les cours que j’ai suivis à l’Université. Mais c’est sûr que quelques conseils sur la façon de gérer une carrière artistique m’auraient grandement aidé», a expliqué Alex Morissette devant les étudiantes et étudiants en musique qui avaient envahi la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault, le 23 septembre, à l’invitation de la Faculté de musique. La rencontre visait à promouvoir un nouveau cours sur la gestion d’une carrière en musique offert par la faculté dès janvier.

En quelque 60 minutes tout en paroles et en musique, les membres de ce groupe passé maître dans l’art de réarranger des chansons populaires à la sauce jazz manouche de Django Reinhardt ont fait le tour d’une carrière ayant démarré en lion, avec 160 000 exemplaires vendus de leur premier album Lost in the 80’s, quelques mois après son lancement en août 2008. En juin, un autre disque intitulé Rendez-vous rose était lancé. Entre-temps, la formation, qui compte en ses rangs un autre diplômé de l’Université Laval, Christian Roberge, docteur en biologie moléculaire, a promené et promène toujours son spectacle en Amérique du Nord et en Europe (plus de 360 spectacles en 2008) où on applaudit cette musique originale qui ne l’est pas vraiment. «Nous savons que le succès ne serait pas autant au rendez-vous si nous composions nous-mêmes nos chansons, souligne Byron Mikaloff. C’est la juxtaposition de sons qui ne sont pas faits pour être ensemble qui est intéressante musicalement et qui fait parler de nous. Le concept est nouveau et le public apprécie beaucoup cela.» La chose a toutefois ses mauvais côtés. Vedette d’une publicité vantant les mérites d’une bière à la télévision espagnole l’an dernier, The Lost Fingers a ainsi vu son cachet fondre comme neige au soleil: des 80 000 euros promis, il ne leur est resté que 12 000 euros en poche, le reste ayant servi à payer les droits d’auteur. 

La saveur gitane
Qu’à cela ne tienne, The Lost Fingers a le vent dans les voiles, prenant son image ou sa marque de commerce, c’est selon, très au sérieux, tout en s’amusant comme des petits fous. «La première fois que Byron nous a montré notre costume (rose et résolument rétro années 1960), on a trouvé cela un peu weird, avoue Alex Morissette. Puis, nous nous sommes habitués. Le marché est tellement saturé que c’est important de se démarquer et d’avoir une signature si on veut percer dans le domaine.» Interrogé sur ses projets, le trio répond qu’il continuera à faire de la musique qu’il aime. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’ils ne font que plaquer quelques accords improvisés des airs connus, The Lost Fingers met un soin infini à créer des arrangements originaux à saveur gitane. Développer son identité de musicien, posséder un concept original, avoir l’esprit ouvert: voilà le secret de son succès. Pour le reste, il faut faire confiance en la vie. «Le jour où le public ne nous suivra plus ou que nous sentirons que nous avons fait le tour du jardin, nous tirerons notre révérence, affirme Byron Mikaloff. Et ce ne sera pas plus grave que cela.»



 

      

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