Vie universitaire

Jumine, Tool, Trytem

La Faculté des sciences et de génie a remis ses bourses entrepreneuriales Eggenius 2020-2021 à six projets d’étudiants

Par : Yvon Larose
Le projet d’entreprise d’Alex Thivierge et Sébastien De Blois consiste en la mise au point d’un jumeau numérique capable d’optimiser les usines minéralurgiques de manière responsable, et ce, à l’aide d’un logiciel simulant le comportement de l'usine en temps réel. Ce simulateur numérique permet de déduire de l’information à partir d’un modèle mathématique.
Le projet d’entreprise d’Alex Thivierge et Sébastien De Blois consiste en la mise au point d’un jumeau numérique capable d’optimiser les usines minéralurgiques de manière responsable, et ce, à l’aide d’un logiciel simulant le comportement de l'usine en temps réel. Ce simulateur numérique permet de déduire de l’information à partir d’un modèle mathématique.

Le 27 mai, la Faculté des sciences et de génie a dévoilé sur sa page Facebook les noms des étudiantes et des étudiants lauréats des bourses en entrepreneuriat Eggenius de l’année 2020-2021. À la Faculté, Eggenius est un lieu de rassemblement où l’expertise scientifique et l’effervescence créative de la relève rencontrent l’audace des entrepreneurs. Cette année, les donateurs ont choisi de soutenir six projets d’étudiants entrepreneurs. Dans la catégorie Envol RBC, les trois projets ont reçu chacun une bourse de 10 000$. Les bourses Envol RBC visent à appuyer des projets d’entreprise qui se trouvent à un stade de prédémarrage ou de démarrage.

Optimiser les usines minéralurgiques

Alex Thivierge est inscrit au doctorat en génie chimique. Sébastien De Blois est titulaire d’une maîtrise en génie électrique et étudie à la maîtrise en administration des affaires. Ensemble, ils ont lancé Jumine. Ce projet d’entreprise consiste en la mise au point d’un jumeau numérique capable d’optimiser les usines minéralurgiques de manière responsable. Comment? À l’aide d’un logiciel simulant le comportement de l'usine en temps réel grâce à la modélisation hybride, à la fois phénoménologique et avec l’intelligence artificielle, afin de déduire les paramètres optimaux.

«La majorité des mines pourraient opérer de manière plus efficace si elles avaient davantage d’informations sur le minerai, explique Alex Thivierge. En effet, ses propriétés changent constamment et les technologies actuelles ne permettent pas de les mesurer facilement à une fréquence régulière. Malheureusement, leur méconnaissance rend difficile le choix des variables d’opérations et les valeurs de celles-ci se retrouvent donc souvent non optimales. Il est raisonnable d’espérer que les métriques importantes, comme les profits, la consommation énergétique et autres, pourraient être améliorées de quelques pour cent si cette information était connue.»

L’idée de départ des deux jeunes entrepreneurs consistait à résoudre ce problème grâce à la modélisation. Ils voulaient créer un système numérique capable de conseiller aux opérateurs miniers les meilleures pratiques à adopter pour maximiser les performances économiques et environnementales de l’usine, dont l’énergie consommée et les métaux rejetés. Depuis, ils ont précisé leur idée. Ils visent toujours un produit comprenant la conception et l’utilisation de modèles numériques, car il s’agit de leurs expertises. Cependant, ils ont ciblé un produit minimum viable de moins grande envergure afin de générer des revenus dans des délais raisonnables.

Les deux étudiants bénéficient de l’encadrement d’Entrepreneuriat Laval et de celui, ponctuel sur certaines questions techniques, des professeurs Jocelyn Bouchard, André Desbiens et Christian Gagné.

Le produit de Jumine est toujours en développement. Le simulateur numérique est rendu à l’étape de validation de l’idée de départ. Cette façon de faire consiste à déduire de l’information à partir d’un modèle mathématique. Elle demeure nouvelle dans le domaine minier. «Notre simulateur numérique, ajoute Alex Thivierge, bénéficiera simultanément des techniques de modélisation basées sur les principes physiques et ceux basés sur l’intelligence artificielle, nos deux expertises respectives.»

Le simulateur prendra comme intrant les mesures déjà prises en temps réel dans l’usine comme les débits, les puissances, et les transformera en informations non mesurées, comme la dureté du minerai, utiles à la prise de décisions.

Le produit s’adresse aux ingénieurs responsables de la production dans les usines de traitement du minerai. Le marché potentiel est l’ensemble des mines de grande taille, soit environ 2500 complexes miniers.

«À court terme, nos objectifs sont de terminer la validation et un prototype de produit minimum viable, souligne-t-il. À cet effet, nous avons trouvé des partenaires industriels et avons fait des demandes de subventions dans le but de faciliter le développement. À long terme, notre objectif consiste en la réalisation de notre idée de départ, soit de créer un système numérique permettant de conseiller les opérateurs miniers afin d’améliorer leurs performances.»

Des cadres et des composantes de vélo de montagne en aluminium machiné

William Boisvert étudie à la maîtrise en génie mécanique. Il est aussi un passionné de vélo de montagne, un sport pratiqué par des centaines de milliers d’amateurs au Québec. Mettant en commun ses études et son sport préféré, il a fondé Tool, une entreprise de fabrication de cadres et de composantes de vélo de montagne en aluminium machiné.

«Les produits Tool, dit-il, sont fabriqués selon des valeurs de solidité, de durabilité, de beauté et d’écoresponsabilité. Leur originalité consiste en l’utilisation d’aluminium machiné, une technique de fabrication qui n’est pas utilisée pour le vélo en Amérique du Nord. Une autre grande caractéristique est l’assemblage par collage et non par soudage, comme c’est le cas des vélos d’aluminium standard. Les vélos Tool offrent d’ailleurs plus de résilience en montagne que ceux en carbone, de même qu’une plus grande douceur comparée au côté plus vif des vélos en carbone.»

Les vélos de marque Tool sont de type trail, c’est-à-dire qu’ils ont une double suspension de débattement. Ils se pédalent très bien et sont agiles et confortables en descente. Leur design est beau, simple et efficace. Leur géométrie est moderne.

«Le simple pivot élevé permet de gérer les caractéristiques de descente et de pédalage indépendamment, explique-t-il. Étant connecté à deux membres pivotants, le triangle arrière forme un mécanisme à quatre barres qui permet un plein contrôle des caractéristiques de suspension.»

La vision d’entreprise de William Boisvert consiste à concevoir et fabriquer des produits locaux et de qualité, accessibles financièrement et ayant un bonne durée de vie. «Ce vélo s’adresse à des passionnés, précise-t-il. Je le conseillerais à des cyclistes expérimentés, à ceux qui n’en sont plus à leur premier vélo.»

Pour lui, l’aventure entrepreneuriale a commencé au baccalauréat. «J’étais inscrit au cours Procédés et développement de produit, raconte-t-il. À la fin du cours, il fallait réaliser un projet. J’ai proposé à deux collègues de faire un vélo ensemble. Nous l’avons fabriqué au laboratoire du professeur Michel Guillot. Cette première expérience m’a ouvert plein de portes et m’a donné plein d’idées. La passion du vélo m’a poussé en avant. Aujourd’hui, un partenaire industriel local, spécialisé en usinage de précision en aluminium, participe au développement de mon entreprise.»

L’étudiant entrepreneur reçoit le soutien d’Entrepreneuriat Laval.

«Le premier prototype a vu le jour l’an dernier, poursuit-il. Je suis maintenant à l’étape de la fabrication, où j’optimise et je teste le produit. Cette version devrait être prête cet automne. Elle permettra d’aller chercher le maximum de données pour ensuite retourner à la planche à dessins. Je vise la fabrication, en préproduction, d’un premier lot d’une quinzaine de vélos pour l’été 2022.»

William Boisvert dit avoir confiance en l’avenir. «Ma démarche entrepreneuriale a son lot de défis, souligne-t-il. Je dois surmonter les défis d’ordre technique. Je dois continuer à bien faire les choses du point de vue qualité pour me faire une place dans un marché en expansion. Mais je suis vraiment motivé. C’est une passion pour moi.»

Numériser son pied en 3D avec une précision millimétrique

Nora Ajakan est étudiante à la maîtrise en informatique. Il y a un an et demi, elle a acheté en ligne une paire de chaussures comme cadeau à son père vivant au Maroc. Elle les lui a apportées, mais il ne les a jamais portées, car elles ne lui allaient pas.

«Ces chaussures ne correspondaient pas à sa morphologie de pied, raconte-t-elle. Cela m’a frustrée au départ, pour ensuite me faire réfléchir aux 19 milliards de paires de chaussures achetées par an dans le monde. Statistiquement, environ deux personnes sur trois ont déjà porté des chaussures de mauvaise taille. Quarante pour cent des chaussures achetées en ligne sont retournées. Ceci a des impacts économiques certes, mais surtout écologiques.»

Cette prise de conscience a amené l’étudiante à créer Trytem avec Hana Ajakan, inscrite au doctorat en informatique. Cette entreprise a vu le jour en janvier 2021. Sa mission principale est de transformer l’expérience client lors de l’essayage en ligne, afin de combattre le fléau des retours et d’offrir une expérience personnalisée aux acheteurs de chaussures. Dans cette aventure entrepreneuriale, Nora et Hana Ajakan se sont entourées de deux partenaires, Khalil Ben Fadhel, diplômé de la maîtrise en informatique de l’Université Laval, et Mostafa Ouagague, ingénieur logiciel.

«Notre solution, sous forme de logiciel-service, est innovante, affirme-t-elle. Elle combine la réalité augmentée et l’intelligence artificielle. Elle permet d’éliminer les irritants du magasinage en ligne. Elle exploite les dernières technologies intégrées aux nouveaux téléphones intelligents et s’intègre aux plateformes en ligne des détaillants de chaussures. Elle permet au consommateur de numériser son pied en 3D avec une précision millimétrique, d’obtenir des informations précises relatives à sa morphologie, et de les exploiter pour offrir un essayage virtuel réaliste. Notre produit permet également aux détaillants de chaussures de mieux connaître et cerner les besoins de leur clientèle.»

Dans le développement de leur projet, les deux étudiantes bénéficient de l’encadrement d’Entrepreneuriat Laval.

«Nous travaillons actuellement sur la finalisation du prototype pour iOS qui permettra aux détaillants de chaussures en ligne d’ajouter notre produit à leur plateforme, que ce soit un site Web ou une application», indique Nora Ajakan.

Le Canada compte actuellement près de 3000 boutiques de chaussures, dont plus de 800 au Québec. En 2020, en pleine pandémie, la vente de chaussures a représenté 400 milliards de dollars de chiffre d'affaires à l'échelle mondiale.

«Nous comptons faire notre premier lancement en 2021, explique-t-elle. Nous visons dans un premier temps le Canada et le Québec. Pour le futur, nous visons à percer dans ce domaine et à faire de Trytem une entreprise de renom tant sur le plan national qu’international. Nous nous positionnons comme un allié à forte valeur ajoutée pour nos clients et nous travaillons fort afin d’aider les détaillants à réduire leur empreinte écologique, qui est une préoccupation qui nous tient à cœur.»

William Boisvert a réalisé ce premier cadre de vélo de montagne, notamment avec deux collègues, dans un laboratoire de l’Université Laval. À l’arrière: la machine à commande numérique utilisée durant le projet. L’entreprise Tool fabrique des cadres et des composantes faits d’aluminium machiné. Ils sont assemblés par collage. Ces produits sont fabriqués selon des valeurs de solidité, de beauté et d’écoresponsabilité.
L’entreprise de Nora et Hana Ajakan, de Khalil Ben Fadhel et Mostafa Ouagague fait appel à la réalité augmentée et à l’intelligence artificielle dans le domaine de l’achat de chaussures. À l’aide d’un téléphone intelligent, leur solution permet au consommateur de numériser son pied en 3D avec une précision millimétrique et d’obtenir des informations précises relatives à sa morphologie.

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