Vie universitaire

Ingénieurs de la culture

La conservation et la mise en valeur du patrimoine publicitaire seront assurées grâce à l’Institut des archives de la publicité

Par : Matthieu Dessureault
La publicité au Québec ne date pas d’hier, comme le démontrait en 2013 l’exposition <em>Le Québec raconté par sa pub</em>, présentée par Loto-Québec, à la Bibliothèque de l’Université Laval. De multiples affiches, pubs télévisés et artéfacts mettaient en lumière les annonceurs, les agences et les artistes ayant contribué à l’émergence de cette industrie.
La publicité au Québec ne date pas d’hier, comme le démontrait en 2013 l’exposition <em>Le Québec raconté par sa pub</em>, présentée par Loto-Québec, à la Bibliothèque de l’Université Laval. De multiples affiches, pubs télévisés et artéfacts mettaient en lumière les annonceurs, les agences et les artistes ayant contribué à l’émergence de cette industrie.
«Ici, c’est Pepsi !», «Ah ! Ah ! Familiprix!», «Le lait, à deux c’est mieux»… derrière ces slogans se cachent des campagnes publicitaires savamment orchestrées. Après avoir été diffusées, bien souvent, elles s’évaporent, faute d’une structure d’archivage efficace. C’est pour résoudre ce problème que l’Institut des archives de la publicité a été créé. Ce projet vise à assurer la pérennité et la valorisation des fonds d’archives publiques et privées des acteurs de l’industrie, soit les annonceurs, les publicitaires et les diffuseurs. Une fois repérées, les archives seront numérisées et déposées sur une plateforme en ligne. Universitaires, professionnels de l’industrie et grand public auront ainsi accès à d’innombrables campagnes, menées au fil des ans au Québec.

Le professeur de publicité sociale Christian Desîlets copilote ce projet avec Martine Cardin, spécialiste en archivistique. Pour lui, il s’agit d’une belle façon de préserver notre patrimoine. «Les publicitaires font de l’ingénierie culturelle; ils façonnent les goûts, les tendances, les modes et influencent les comportements. Chaque jour, des ritournelles publicitaires sont incrustées dans nos têtes. Il s’agit d’une industrie colossale, qui joue un rôle très important dans la société. Or, les publicitaires sont plutôt négligents en ce qui concerne leurs archives. C’est tout un pan de l’activité sociale qui disparaît régulièrement», remarque-t-il.

Avec Bernard Paquet, cofondateur de l’agence Cossette, son équipe a mené une campagne de sensibilisation auprès de l’industrie. Trois figures importantes, lg2, Cossette Communication et le professeur Claude Cossette, ont accepté d’offrir leurs archives à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui regroupait déjà l’ensemble des campagnes orchestrées par le gouvernement. Plusieurs publicitaires, médias et annonceurs ont été invités à leur emboîter le pas. «Nous avons eu, à notre grand bonheur, une réception positive et très rapide de la part de l’industrie, raconte Christian Desîlets. Les publicitaires sont conscients qu’ils ont des pratiques archivistiques déficientes. Ils se réjouissent que l’on s’intéresse à la préservation de leurs grandes campagnes. À cet égard, la présence de BAnQ dans le projet a été déterminante.»

Non seulement les fonds de BAnQ regroupent l’ensemble des archives publiques, on y trouve plusieurs documents entourant la création des campagnes : études de marché, budgets, étapes de production, etc. Une foule d’informations, que l’Institut étudie attentivement. Les retombées pour la recherche et l’enseignement seront énormes, se réjouit déjà le professeur Desîlets. «En communication marketing, on dépend toujours du petit filet d’informations que les organisations laissent filtrer dans la presse spécialisée. Nous aurons désormais accès à une foule de données: pour la recherche et l’enseignement, c’est le Klondike!»

L’équipe de l’Institut est également occupée à recenser différents fonds d’archives privées. Affiches, photos, vidéos, fichiers audio et documents de toutes sortes sont passés au peigne fin. «Cela représente des kilomètres de documents! Nous sommes à l’étape d’inventorier les différents fonds, de manière à en faire l’acquisitionù, puis le traitement. Grâce au numérique, nous pourrons fournir une lecture beaucoup plus globale, cohérente et centralisée des campagnes publicitaires», affirme Martine Cardin. Le nouveau portail devrait être en ligne d’ici deux ans.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!