Vie universitaire

Harnacher l'intuition

Une démarche de groupe tablant sur l'alimentation intuitive améliore le rapport aux aliments et la qualité des choix alimentaires

Par : Jean Hamann
Le programme <em>Choisir de maigrir?</em> fait appel à l'alimentation intuitive. Cette approche mise sur l'écoute des sensations de faim et de satiété pour reconnecter les aliments, le corps et l'esprit.
Le programme <em>Choisir de maigrir?</em> fait appel à l'alimentation intuitive. Cette approche mise sur l'écoute des sensations de faim et de satiété pour reconnecter les aliments, le corps et l'esprit.
Le principe de base de l'alimentation intuitive est simple: le corps sait de quels aliments il a besoin, quand il en a besoin et en quelle quantité il en a besoin. Il suffit de reconnecter les aliments, le corps et l'esprit en étant à l'écoute de ses signaux internes de faim et de satiété. En théorie, la mise en pratique de cette approche devrait conduire à des choix alimentaires plus naturels et favoriser une alimentation de meilleure qualité. Une étude publiée dans Clinical Nutrition par une équipe de l'Université Laval confirme cette thèse, mais elle démontre également que pour tenir ses promesses, l'alimentation intuitive doit être encadrée.

Les chercheuses de l'Université et leurs collaboratrices arrivent à cette conclusion après avoir évalué l'efficacité du programme Choisir de maigrir?, qui repose sur l'alimentation intuitive. Contrairement aux programmes qui misent sur une réduction de l'apport calorique, une augmentation de la dépense énergétique et le respect absolu de menus et de programmes d'activités physiques préétablis, cette intervention de groupe fait appel à une meilleure compréhension des aspects biologiques, psychologiques et sociologiques du poids corporel, à l'acceptation de ses limites, à l'adoption de comportements sains à l'égard de la nourriture et à la redécouverte du plaisir de manger et de bouger.

«Cette approche est diamétralement opposée à ce que préconisent la plupart des régimes amaigrissants, souligne la première auteure de l'étude, Élise Carbonneau. D'ailleurs, elle a été développée en réponse au manque d'efficacité de ces régimes et à la frustration qu'ils engendrent chez les femmes prises dans l'engrenage des diètes à répétition. Le point d'interrogation qui apparaît dans le nom du programme est significatif. Pendant l'intervention, les participantes sont régulièrement amenées à se questionner sur leur désir de perdre du poids. À la fin, elles sont en mesure de déterminer, de façon éclairée, si maigrir est vraiment ce qu'il leur faut pour être bien dans la vie.»

Pour évaluer l'efficacité de ce programme sur l'adoption d'une l'alimentation plus intuitive et sur la qualité des choix alimentaires, les chercheurs ont demandé à 216 participantes de répondre à des questionnaires au début et à la fin de l'intervention ainsi que 12 mois plus tard. Aux fins de comparaison, 110 femmes ayant le même profil que les participantes – il s'agissait de personnes inscrites sur la liste d'attente du programme – ont répondu aux mêmes questionnaires. L'analyse des réponses montre que le programme conduit à une augmentation d'environ 20% de l'indice d'intuition alimentaire. Quant à l'indice de la qualité de l'alimentation, il augmente légèrement chez les participantes, mais cette amélioration s'atténue avec le temps. «Il est difficile de définir concrètement l'importance des gains produits par l'intervention, mais pour ces femmes, chaque amélioration est un pas dans la bonne direction», commente Élise Carbonneau.

Fait intéressant, au début du programme, il n'existait aucune relation entre l'indice d'alimentation intuitive et l'indice de la qualité de l'alimentation chez les participantes. Après l'intervention toutefois, plus les femmes avaient un indice d'alimentation intuitive élevé, meilleurs étaient leurs choix alimentaires. «Il semble qu'un minimum d'encadrement soit nécessaire pour que l'alimentation intuitive puisse produire des effets tangibles sur les comportements et les choix alimentaires», constate la doctorante.

L'étude publiée dans Clinical Nutrition est signée par Élise Carbonneau, Simone Lemieux, Mylène Turcotte, Marie-Ève Labonté et Véronique Provencher, de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels et de l'École de nutrition, Catherine Bégin, de l'École de psychologie, Marie-Claude Paquette, de l'Institut national de santé publique du Québec, et Lyne Mongeau, du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le programme Choisir de maigrir? est offert dans les Centres de santé et de services sociaux du Québec. Plus d'information.

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