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Treize étudiants de l’École d’architecture ont planché pour harmoniser le patrimoine bâti du Palais épiscopal anglican de Québec avec les besoins actuels de ses occupants

Par : Yasmine Berthou
Élévation nord du Palais épiscopal, réalisée par Mathieu St-Amant.
Élévation nord du Palais épiscopal, réalisée par Mathieu St-Amant.
Être plongé dans une situation réelle pour mettre en œuvre toute sa créativité, voilà un défi que 13 étudiants en deuxième année à l’École  d’architecture viennent de relever haut la main. Sous la supervision de la professeure Tania Martin, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti, et d’Alexandre Laprise, son auxiliaire d’enseignement, ils devaient concevoir le réaménagement du Palais épiscopal anglican du diocèse de Québec, un bâtiment néo-classique érigé dans le Vieux-Québec. Les plans, les esquisses en 3D et les maquettes résultant de leurs réflexions ont été exposés quelques jours au Church Hall, à deux pas de la cathédrale Holy Trinity.
   
Pour Tania Martin, ce genre d’exercice est d’une grande richesse. «Travailler en respectant le patrimoine est quelque chose de très difficile. Les étudiants des écoles d’architecture préfèrent généralement travailler sur des projets de construction pour y apposer leur signature. Mais les bâtiments existants ont de grands mérites, d’une part parce qu’ils sont chargés d’histoire et, d’autre part, parce qu’il est possible de les mettre en valeur en leur insufflant subtilement sa marque.» C’est ce qu’elle a voulu enseigner à ses étudiants en leur confiant les clés du Palais dans le cours Projets de réhabilitation et recyclage: devenir complice d'un héritage architectural.
   
Les étudiants avaient pour mission d’imaginer l’église anglicane de Québec du 21e siècle, et Tania Martin leur a laissé toute la latitude possible. Seule contrainte: respecter le fait que le Palais épiscopal sert à la fois de résidence familiale, de lieu d’hébergement temporaire pour les séminaristes en visite et de lieu d’accueil pour les réceptions protocolaires. Pour répondre aux besoins précis des futurs locataires, les étudiants ont travaillé en étroite collaboration avec leur «client», Dennis Drainville. Ce professeur retraité du Cégep de Gaspé remplacera l'actuel archevêque dans quelques mois et s’installera alors dans la bâtisse avec sa famille.

À l’écoute du client
Les longues discussions entre Dennis Drainville et les étudiants ont notamment mis au jour la nécessité d’ancrer le Palais dans la vie de la communauté. Les étudiants ont ainsi pensé à aménager une salle de vidéoconférences, un lieu de recueillement, une école de vitraux ou encore une soupe communautaire. «Les échanges avec notre client nous ont beaucoup apporté, note Catherine Houle. Il a été une véritable source d’inspiration qui a humanisé le projet et nous a poussés à davantage de minutie et de précision.» Mathieu St-Amant, 23 ans, a particulièrement aimé se familiariser avec l'histoire du site et les différentes phases de transformation que le bâtiment a connues. «Il fallait littéralement travailler avec l’Histoire et avec le patrimoine pour en tirer de nouvelles idées.»
   
La majorité des architectes en herbe ont trouvé l’expérience inspirante, bien que difficile: «Comme le Palais est situé en plein cœur du Vieux-Québec, on ne pouvait donc pas le modifier selon notre bon vouloir. Il fallait justifier chaque aspect», résume Nihad Tariq, qui a choisi de s'attarder aux détails, soit ajouter un porche au-dessus de l’entrée principale et des balcons afin de respecter le style de l’époque. Des interventions minimes pour un grand effet. Au final, si certains projets se veulent ambitieux par l’ajout de nombreuses bâtisses autour du Palais, d’autres, plus modestes, n’en demeurent pas moins très accrocheurs en raison de l’imagination déployée par les étudiants. Pascale Lépine a ainsi eu l’idée ingénieuse de prévoir un monte-personne, plus facile à installer, moins encombrant et meilleur marché qu’un ascenseur classique. Marie-Ève de Chantal-Blanchette a imaginé un surprenant parcours d’interprétation tandis qu’Amélie Cadieux-Soufflet a mis l'accent sur un lieu de recueillement.

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