Vie universitaire

Fréquenter l’université avec un trouble ou une déficience

Plus de 400 étudiants en situation de handicap ont participé à une consultation sur leur expérience universitaire

Par : Yvon Larose
La plupart des répondants à l’enquête jugent essentiels les services offerts au Centre d’aide aux étudiants. Les quatre principaux facilitateurs révélés sont la divulgation de la limitation, les mesures d’accommodement, le soutien des conseillers et la relation avec les professeurs.
La plupart des répondants à l’enquête jugent essentiels les services offerts au Centre d’aide aux étudiants. Les quatre principaux facilitateurs révélés sont la divulgation de la limitation, les mesures d’accommodement, le soutien des conseillers et la relation avec les professeurs.

Il y a quelques mois, la Revue canadienne de l’éducation a fait paraître un article sur les résultats d’une enquête en ligne réalisée auprès de 417 étudiantes et étudiants en situation de handicap ayant consulté le Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval au cours des dernières années. Pour rappel, quelque 2500 étudiantes et étudiants en situation de handicap recourent chaque année aux services du Centre d’aide. Certains répondants ont révélé des obstacles tels que les difficultés financières, les méthodes d’enseignement inadaptées et la crainte d’être discriminé. D’autres mentionnent n’avoir vécu aucun obstacle et indiquent même des facilitateurs, comme le soutien des conseillers, l’ouverture du corps professoral et l’utilisation des mesures d’accommodement.

La coordonnatrice Anne-Louise Fournier, l’agent de recherche et de planification Bruno Hubert et la directrice Louise Careau cosignent l’article. Selon Anne-Louise Fournier, davantage d’étudiants en situation de handicap fréquentent l’université depuis une vingtaine d’années. «Ces étudiantes et étudiants représentent aujourd’hui entre 5 et 6% de l’effectif à l’Université Laval, explique-t-elle. Les mesures mises en place pour eux aux niveaux primaire, secondaire et collégial leur permettent d’atteindre leur plein potentiel et de se rendre jusqu’à l’université.»

Les deux tiers des répondants à l’enquête vivent avec un trouble, que ce soit de l’apprentissage, de l’attention, du langage, du spectre de l’autisme ou de santé mentale. L’autre tiers ont une déficience auditive, motrice, visuelle, multiple ou organique. Depuis une dizaine d’années, ceux et celles vivant avec un trouble sont en hausse. Les personnes ayant un trouble représentent près des deux tiers de l’échantillon. Les répondants étaient âgés en moyenne de 28 ans. Deux tiers d’entre eux sont des femmes. Plus des deux tiers ont pris leur premier rendez-vous avec le Centre d’aide entre 2015 et 2018, ce qui donne à penser que plus de la moitié des répondants sont aux études ou récemment diplômés. D’autres données colligées indiquent que les répondants proviennent surtout de cinq facultés: Sciences sociales (19,7%), Sciences et génie (13,4%), Sciences de l’éducation (12,5%), Lettres et sciences humaines (11,5%) et Sciences de l’administration (10,1%).

L’objectif de la consultation visait à documenter l’expérience actuelle de ces étudiants à l’Université Laval afin de mieux cibler les obstacles et les facilitateurs rencontrés durant leur parcours universitaire. «Nous sommes assez satisfaits des résultats de l’enquête, souligne Anne-Louise Fournier, puisque 92% des répondants jugent essentiels les services offerts par le Centre d’aide.»

Voici un témoignage d’une personne ayant participé à l’enquête: «Le Centre d’aide aux étudiants permet d’obtenir du soutien dans nos démarches vis-à-vis la Faculté. Il aide à éviter des situations de détresse et d’isolement. L’aide obtenue m’a permis de reprendre et de compléter mon programme avec succès».

Trois obstacles principaux

Les trois principaux obstacles indiqués par les répondants sont les difficultés financières, comme les dépenses liées à l’achat d’équipement adapté, les méthodes d’enseignement ou d’évaluation inadaptées à la limitation fonctionnelle de l’étudiant et la crainte d’être discriminé.

Plus de 25% des répondants affirment n’avoir vécu aucun obstacle durant leur séjour à l’Université, et ce, qu’ils vivent avec un trouble ou une déficience. «Ce résultat, soutient la coordonnatrice, indique que nos services et mesures d’accommodement compensent la limitation fonctionnelle de bon nombre de ces étudiants et leur permettent d’atteindre leur plein potentiel.»

Elle insiste sur la pédagogie inclusive. «Nous avons beaucoup travaillé avec le Service de soutien à l’enseignement pour créer des formations en ce sens, poursuit-elle. Les étudiants en situation de handicap disent apprécier les pauses fréquentes lors d’un cours magistral, la rétroaction sur les évaluations, la clarté des démarches à réaliser pour un travail long. Ces ajustements sont positifs pour tous les étudiants. Ceux en situation de handicap se disent plus attentifs, plus motivés et plus engagés que lors de cours magistraux traditionnels, par définition moins dynamiques. Le tiers des répondants ont mentionné que la plupart de leurs professeurs avaient apporté de tels ajustements. Ils étaient favorables à ce genre de demande. Le sous-titrage pour certains cours à distance est un autre exemple.»

La crainte d’être discriminé est ressentie par près de la moitié des répondants. Plus de 43% attendent d’éprouver des difficultés dans leurs études avant de se rendre au Centre d’aide. «Il est clair que certains cachent leur handicap, affirme Anne-Louise Fournier. Ils ont un grand désir de s’en sortir sans aucune aide. Il reste que beaucoup d’entre eux sont à l’aise de divulguer leur handicap à leur professeur, notamment pour bénéficier de mesures d’accommodement pour leurs examens. Ceux qui sont mal à l’aise de divulguer leur situation craignent d’être étiquetés et que cela nuise à leur stage et à leur emploi. D’où l’enjeu de confidentialité.»

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