Vie universitaire

Enseigner la nature aux enfants et aux ados

L’Institut EDS publie un guide visant à accompagner les écoles primaires et secondaires dans leur démarche de développement durable

Par : Yvon Larose
Excursion en forêt. L’enseignement en nature s’avère une activité très porteuse sur le plan pédagogique et pour la prise de conscience écologique.
Excursion en forêt. L’enseignement en nature s’avère une activité très porteuse sur le plan pédagogique et pour la prise de conscience écologique.

Une serre en milieu scolaire? Oui, cela existe à au moins un endroit au Québec, plus précisément à l’école secondaire de Cabano, dans la région du Bas-Saint-Laurent. Aménagée sur le terrain de l’école, la Coop Serre-vie, une coopérative étudiante, produit des légumes trois saisons par an. Ces légumes sont distribués aux élèves comme collation santé. L’été, ils sont offerts à la communauté.

Ce projet porteur donne une idée des multiples possibilités à explorer par les écoles du Québec dans une démarche de développement durable. Ce projet et plusieurs autres sont mentionnés dans le Guide d’action – Accompagner une démarche intégrée de développement durable en milieu scolaire, une récente publication de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (Institut EDS) de l’Université Laval.

«Il y a une volonté réelle d’explorer le développement durable dans les écoles du Québec, affirme la coordinatrice du guide d’action et responsable de travaux pratiques et de recherche à l’Institut EDS, Liliana Díaz. De nombreuses initiatives existent dans le milieu scolaire québécois. Elles sont pour la plupart liées à l’alimentation, la santé et l’éducation. Le guide donne des idées pour savoir où commencer. C’est aussi un outil pour aller plus loin. Nos activités en amont ont permis de débroussailler le terrain en ce domaine.»

Une partie des travaux de l’Institut EDS a consisté, ces dernières années, à mettre au point une méthodologie d’accompagnement destinée aux organisations désireuses d’intégrer les objectifs de développement durable de l’ONU dans leurs activités, structures et outils de planification et de suivi. Trois milieux ont été étudiés pour parvenir à la démarche intégrée EDS: le campus de l’Université Laval, une université africaine et un secteur de la ville de Québec. Cette méthodologie d’accompagnement a attiré l’attention du ministère de l’Éducation du Québec. Par la suite, l’institut a reçu le mandat d’adapter sa démarche au milieu scolaire dans le cadre d’un projet pilote. Cela s’est fait avec la collaboration de la Chaire de leadership en enseignement des sciences et développement durable de l’Université Laval, dans le cadre de la Stratégie gouvernementale de développement durable 2015-2020.

«La littérature scientifique souligne l’impact positif des retombées d’une éducation axée sur le développement durable à l’école, notamment avec l’enseignement en nature, une activité très porteuse», indique-t-elle.

La connexion avec la nature et le développement de la créativité

Selon Liliana Díaz, l’enfant du niveau primaire peut développer des compétences en développement durable en fréquentant la nature, en exprimant ses émotions à l'égard de son environnement naturel et en mettant sur pied des initiatives pertinentes et originales. L’élève du niveau secondaire, lui, peut le faire en s’engageant dans des projets qui stimulent ses capacités et sa créativité, et qui contribuent à lui faire sentir qu’il aide les autres et qu’il contribue à changer les choses.

L’UNESCO définit huit compétences essentielles à acquérir à l’école en matière de développement durable. Parmi elles, mentionnons la réflexion critique, la collaboration et le fait d’agir de manière stratégique. Le guide d’action de l’Institut EDS en ajoute deux autres: la connexion avec la nature et le développement de la créativité. «Nous soulignons l’importance, écrivent les auteurs, de ne pas négliger la capacité de connaître la nature et de développer un lien affectif avec elle, de s’en émerveiller pour cultiver le désir de la protéger toute la vie durant. Cette compétence s’avère fondamentale et se doit d’être développée dès l’école primaire.»

La réussite du développement durable à l’école doit reposer sur les instances existantes. L’adhésion des parents est essentielle pour la réalisation de plusieurs activités de leurs enfants. De nouvelles approches demandent d’être encouragées, comme l’école ouverte, la classe flexible ou la classe extérieure. Enfin, l’implication des enfants et des jeunes est primordiale. Pour cela, il faut soutenir leurs initiatives, comme encourager le recyclage et être à l’écoute de leurs préoccupations.

Parmi les initiatives scolaires mentionnées dans le guide d’action: jardiner dans des bacs à l’école primaire, remettre une trousse de germination comme cadeau de fin d’année, utiliser l’eau de pluie pour arroser les jardinets, comprendre la biodiversité par le fait que le jardinage dans les bacs attire les insectes, faire pousser des graines pour comprendre le processus de germination, monter une exposition à partir de branches, roches et autres matières recueillies pendant une sortie en nature, se déplacer dans un quartier à l’aide de photos ou de cartes, aménager une serre près d’une résidence pour aînés et dont s’occupent ces derniers durant l’été.

Consulter le Guide d’action – Accompagner une démarche intégrée de développement durable en milieu scolaire (PDF)

Le guide d’action de l’Institut EDS souligne l’importance de ne pas négliger la capacité de connaître la nature et de développer un lien affectif avec elle, de s’en émerveiller pour cultiver le désir de la protéger toute la vie durant.

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