Vie universitaire

En garde!

À 21 ans, l'étudiante en droit Marilyne Plante poursuit sa progression comme épéiste de calibre international

Par : Yvon Larose
Marilyne Plante (à gauche) mesure 1,62 mètre. Sa petite taille ne représente pas vraiment un handicap puisqu'une escrimeuse plus petite est souvent plus agile et plus rapide.
Marilyne Plante (à gauche) mesure 1,62 mètre. Sa petite taille ne représente pas vraiment un handicap puisqu'une escrimeuse plus petite est souvent plus agile et plus rapide.
La vie d'athlète de haut niveau a de ces côtés aventureux. Parlez-en à Marilyne Plante, étudiante de deuxième année au baccalauréat en droit et l'une des épéistes les plus en vue au Canada. Dans la première semaine de janvier avait lieu, en Virginie, une épreuve de la Coupe nord-américaine d'escrime alors qu'une puissante tempête de neige s'abattait sur l'est des États-Unis. Après un temps fou perdu dans les transports, l'étudiante est finalement arrivée à destination dans une ville aux prises avec la neige, une première en 30 ans. Tous les restaurants à proximité étaient fermés.

«Le niveau du tournoi était très élevé, explique Marilyne Plante. Ma première journée a été tout a fait exceptionnelle avec 4 victoires et 2 défaites. J'ai ensuite remporté 15-4 le match qui me permettait d'accéder à la deuxième journée de compétition. Mais cette journée s'est très mal déroulée. J'ai perdu tous mes matchs, souvent au score de 5-4. C'était très décevant parce que la tête y était, mais pas mon corps. J'étais fatiguée. Pour préparer mes compétitions, j'arrive toujours deux ou trois jours à l'avance. Je m'endors tôt la veille de ma compétition et je mange bien. Je parle à mes entraîneurs des stratégies à adopter. En Virginie, malheureusement, plusieurs de ces facteurs n'étaient pas présents.»

Marilyne Plante occupait le cinquième rang au classement final de la saison 2016-2017 de la catégorie sénior d'escrime au Canada. La saison sportive de l'étudiante en droit se déroule de septembre à mai. Son calendrier comprend surtout des compétitions canadiennes et nord-américaines. Elle participe aussi à quelques coupes du monde, comme celle qui se déroule actuellement à Cuba. L'été dernier, l'épéiste québécoise a vécu sa plus belle expérience sportive à vie en participant aux Jeux mondiaux universitaires de Taipei, dans l'île de Taïwan. «Nous n'étions que deux du Canada, rappelle-t-elle. Je n'ai pas obtenu les résultats escomptés, mais j'ai beaucoup appris.»

Sport de combat ancien, l'escrime demeure méconnue en Amérique du Nord, contrairement à l'Europe. Ce sport se pratique avec l'épée, le fleuret ou le sabre. À l'épée, l'idée de base consiste à toucher l'adversaire avec la pointe sans être touché. Des valeurs telles que le respect de l'adversaire, le courage et la maîtrise de soi caractérisent les escrimeurs. Sur le terrain, ceux-ci cherchent à prévoir les mouvements de l'autre et à réagir au bon moment. Sur le plan physique, l'escrimeur a de bons réflexes. Il est souple, rapide, agile, endurant. Il est également fort et explosif au niveau des jambes. L'équipement comprend notamment un masque en grille métallique. La piste d'escrime a la forme d'un étroit rectangle de 14 mètres de long. L'action est une combinaison d'attaques, de parades et de feintes.

«L'escrime est un sport très technique et très rapide, souligne Marilyne Plante. Tout va tellement vite. On se déplace sans arrêt vers l'avant et vers l'arrière. À l'épée, nous faisons de plus petits mouvements et tout se passe de façon plus rapide qu'avec le fleuret ou le sabre. Les trois minutes du combat sont super intenses.»

L'escrimeuse de 21 ans mesure 1,62 mètre et pèse 45,3 kilos. Il s'agit d'un physique plutôt petit lorsqu'on le compare à celui des escrimeuses à l'international, lesquelles mesurent en moyenne plus de 1,82 mètre. «Ma petite taille ne représente pas vraiment un handicap, soutient-elle. Une personne plus petite est souvent plus agile et plus rapide. Je suis gauchère. Cela m'aide un peu. Je vise juste et j'ai aussi une bonne force mentale. Je suis très persévérante et j'ai beaucoup de confiance en mes capacités. Même si je tire de l'arrière 8 à 2, je crois toujours que je vais gagner.»

Marilyne Plante consacre beaucoup de temps et d'efforts à sa vie d'athlète. Elle doit constamment bien dormir et bien s'alimenter. Son sport exige aussi de gros efforts financiers. «J'ai pris l'habitude d'étudier partout, ajoute-t-elle, notamment dans les avions.» En revanche, l'escrime lui permet de voyager, de découvrir d'autres cultures et de se faire des amis de par le monde. «Mon sport, dit-elle, permet un accomplissement de soi-même. On se sent tellement bien lorsqu'on atteint un objectif et lorsqu'on remporte la victoire.»

La piqûre, elle l'a eue à l'âge de 12 ans. Dans son école secondaire, un professeur venait de créer un club d'escrime. C'était en 2008. «J'ai commencé tard et par hasard à pratiquer ce sport, raconte-t-elle. Je ne savais même pas ce qu'était une épée. Mais j'ai beaucoup aimé ça.» En 2013, après s'être entraînée pendant toutes ses études secondaires, l'adolescente est sélectionnée au sein de l'équipe canadienne en vue des Championnats du monde juniors en Croatie. Depuis, elle poursuit son ascension. Et les Jeux olympiques de 2020? «J'y pense vraiment beaucoup», répond-elle.




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L'été dernier, l'épéiste québécoise a vécu sa plus belle expérience sportive à vie en participant aux Jeux mondiaux universitaires de Taipei, dans l'île de Taïwan.

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