Vie universitaire

En français, s'il vous plaît

Les francophones doivent prendre leur place dans le monde

Par : Renée Larochelle
«La Francophonie, qu’ossa donne?» aurait demandé l’humoriste Yvon Deschamps. Au lendemain de la tenue du Sommet de la francophonie à Québec, des conférenciers invités à la Chaire publique de l’AELIÉS (Association des étudiantes et des étudiants de Laval Inscrits aux études supérieures), eux, ont débattu la question autrement : «La Francophonie : pour qui, pour quoi?» En d’autres termes, l’Organisation de la Francophonie (OIF) a-t-elle sa raison d’être aujourd’hui? Selon Jean-Louis Roy, président du Centre de la Francophonie des Amériques et directeur du quotidien Le Devoir de 1986 à 1990, la réponse est oui, sans l’ombre d’un doute. «On ne peut pas être contre le fait que des francophones de la planète se rassemblent pour discuter d’économie, d’environnement ou de droits humains, estime t-il. Si on ne fait pas de concertation sur des problèmes environnementaux en français, d’autres prendront la place et le feront en anglais.»
   
À ceux qui reprochent aux chefs d’État ayant participé au Sommet d’avoir parlé de la crise financière au lieu de s’être penchés sur des questions davantage reliées à la francophonie, notamment la promotion du français à travers le monde, Jean-Louis Roy répond qu’on aurait trouvé ces dirigeants totalement déconnectés de la réalité s’ils s’en étaient abstenus. «Un grand nombre de pays d’Afrique n’ont pas d’autre tribune pour s’exprimer sur la scène internationale que celle de la Francophonie, dit-il. Par ailleurs, la présence de nombreux dialectes au sein de ces mêmes pays fait que le français sert de lien privilégié entre les personnes et que c’est grâce à cette langue commune que les gens peuvent communiquer et faire avancer les choses.»

Publier en anglais
Selon le président du Conseil supérieur de la langue française, Conrad Ouellon, la Francophonie n’a pas à s’excuser d’exister, à l’instar d’autres regroupements de pays qui partagent la même langue. «Par exemple, personne ne s’étonne de l’arrogance de Gordon Brown, premier ministre de la Grande-Bretagne, qui impose par toutes sortes de moyens l’apprentissage et l’utilisation de l’anglais partout dans le monde, dit Conrad Ouellon. Même chose aux États-Unis: si l’anglais progresse tant dans le monde, c’est qu’il existe une volonté claire de la part des gouvernements et institutions que les choses se passent de cette façon.» Dans cette foulée, cet ancien directeur du Département de langue et linguistique à l’Université et doyen de la Faculté des lettres déplore que l’anglais soit encore la langue de la science et de la recherche. «En 2008, note-t-il, un professeur de l’Université Laval est toujours évalué par rapport à ses capacités de publier en langue anglaise.»

Enfin, Simon Boivin, courriériste parlementaire à l’Assemblée nationale pour le quotidien Le Soleil affecté à couverture du Sommet, souligne le manque de cohérence entre les idéaux de démocratie proclamés par certains pays d’Afrique membres de l’OIF et la réalité qui règne dans certains de ces pays. «Quand la Francophonie se positionne en défenseur de la démocratie  et que plusieurs de ses membres en trahissent les idéaux, cela fait très mal à son image et entache beaucoup sa crédibilité», fait valoir Simon Boivin. 

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