Vie universitaire

Diplomatie parlementaire

Un colloque abordera les relations qu'entretiennent les parlements entre eux sur le plan international

Par : Yvon Larose
L'Assemblée nationale du Québec entretient des relations bilatérales avec d'autres parlements, de même que des relations multilatérales en raison de sa participation à différentes organisations interparlementaires.
L'Assemblée nationale du Québec entretient des relations bilatérales avec d'autres parlements, de même que des relations multilatérales en raison de sa participation à différentes organisations interparlementaires.
Dans notre système politique, le pouvoir exécutif, c'est-à-dire le gouvernement, jour un rôle de premier plan dans la tenue d'initiatives relatives aux relations internationales qu'entretient l'État. On n'a qu'à penser à la signature de traités internationaux ou aux missions à l'étranger menées par le premier ministre. Or, le pouvoir législatif, c'est-à-dire le Parlement, est également actif à ce chapitre. Ainsi, l'Assemblée nationale du Québec entretient des relations bilatérales et multilatérales avec d'autres parlements. Ces relations, d'une grande importance, favorisent le rayonnement de l'État du Québec.

Les parlements dans l'environnement international feront l'objet d'un colloque, le 1er mars, dans la salle du Conseil législatif de l'Assemblée nationale du Québec. Cet enjeu a été peu exploré par les chercheurs universitaires. Les experts invités, répartis entre quatre tables rondes, échangeront sur quatre thématiques. L'événement est organisé par la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, en collaboration avec le Centre d'études interaméricaines et le Département de science politique de l'Université Laval. Parmi les participants, mentionnons la présence de Jean-Pierre Charbonneau, de Louise Harel et de Daniel Turp. Deux professeurs représenteront l'Université: le doyen de la Faculté des sciences sociales, François Gélineau, et le directeur exécutif de la Chaire, Éric Montigny.

Le doyen prendra part aux discussions sur les 20 ans de la Confédération parlementaire des Amériques (COPA). Créée à l'initiative de l'Assemblée nationale du Québec, la COPA a réuni, en 1997, plus de 400 parlementaires provenant de quelque 200 assemblées législatives de 28 pays. Pour le Québec, ce fut un succès diplomatique majeur.

«En 1997, nous étions à quelques années du Sommet des Amériques et du projet qui devait amener la création d'une zone de libre-échange à l'échelle des Amériques, rappelle François Gélineau. Les traités multilatéraux foisonnaient. Des organisations régionales voyaient le jour, comme le Mercosur. Vingt ans plus tard, nous sommes dans un tout autre contexte. Plus personne ne rêve au libre-échange continental. On observe un certain retour au bilatéralisme. Les pays préfèrent signer des accords à deux, comme le Canada il y a quelques années avec la Colombie.»

Sur le plan politique, dans les années 1990, un certain nombre de pays d'Amérique latine ont été marqués par la transition d'un régime autoritaire vers un régime démocratique. «Aujourd'hui, indique le doyen, ces jeunes démocraties sont dans une zone grise, comme si, après l'espoir démocratique, la démocratie n'était pas la solution à tous les maux de la société.»

Aujourd'hui, la COPA est une tribune continentale. Les parlementaires y débattent d'enjeux en lien avec la coopération interaméricaine et l'intégration régionale. Selon François Gélineau, la COPA a plus que jamais sa raison d'être. «La COPA, dit-il, est pertinente pour le maintien des liens interparlementaires et pour l'échange des bonnes pratiques.»

Le directeur de la Chaire, Éric Montigny, souligne, pour sa part, le rôle de premier plan joué par le Québec et son parlement au niveau international. «Le Parlement, affirme-t-il, est l'un des plus actifs en diplomatie internationale. On le retrouve dans différentes associations et dans différents projets de développement ou de soutien à la démocratie.»

Ce professeur participera à la table ronde sur le renforcement institutionnel de la démocratie. Il rappelle que la longue tradition démocratique du Québec remonte à 1791. La tradition parlementaire québécoise est héritée des systèmes français et britannique. Selon lui, ces caractéristiques représentent des atouts pour contribuer au renforcement institutionnel d'autres parlements. Cette démarche consiste notamment à promouvoir l'État de droit, à améliorer la qualité de la démocratie et à renforcer les bonnes pratiques parlementaires.

Toujours selon Éric Montigny, le renforcement institutionnel de parlements ayant une assise récente dans de jeunes démocraties représente un exercice délicat basé sur le respect mutuel. «Les formations offertes, ajoute-t-il, doivent être bien adaptées aux besoins des bénéficiaires. Il faut être à l'écoute des réalités. Il ne faut pas imposer des façons de faire, mais plutôt se baser beaucoup sur les études de cas. La démarche consiste à voir comment outiller lesdits parlements pour améliorer leurs processus en fonction de leur réalité.»

Le colloque «Les parlements dans l'environnement international» se tiendra le mercredi 1er mars, de 9h à 18h, à la salle du Conseil législatif de l'Assemblée nationale du Québec. Inscription gratuite, mais obligatoire.

Université Laval

2325, rue de l'Université
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Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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