Vie universitaire

Des sentinelles sur le campus

Depuis 1998, le Centre d’orientation et de consultation psychologique de l’Université a sensibilisé près de 250 membres du personnel à la problématique du suicide 

Par : Renée Larochelle
Le Québec détient l’un des plus hauts taux de suicide au monde. Tous les jours, on y compte de trois à quatre suicides, et de 120 à 160 tentatives. Dans plusieurs cas, une main tendue au bon moment ou une écoute active aurait pu aider la personne à traverser cette mauvaise passe et empêcher que l’irréparable se produise. C’est dans cet esprit que le Comité de prévention du suicide du Centre d’orientation et de consultation psychologique de l’Université, en collaboration avec le Centre de prévention du suicide de Québec, offre depuis 1998 des séances de sensibilisation d’une durée de trois heures à l’intention du personnel qui se trouve en contact étroit avec les étudiants. En neuf ans, près de 250 membres du personnel ont été sensibilisés au phénomène, constituant un réseau dont les ramifications s’étendent dans à peu près toutes les facultés et tous les services. On les appelle les sentinelles du suicide.

«Nous enseignons à ces employés comment détecter le risque suicidaire chez une personne et comment évaluer ce risque en fonction du message émis, explique Louise Careau, consultante au Centre d’orientation et de consultation psychologique. Plus le plan de suicide est précis, plus l’urgence est élevée. Pour le savoir, on doit aller droit au but  et ne pas avoir peur de demander quand, où et comment la personne a l’intention de mettre fin à ses jours. De la même manière qu’on ne laisse pas une personne aux facultés affaiblies prendre le volant, précise Louise Careau, on doit garder en tête que la personne suicidaire n’est pas dans son état normal et qu’elle a besoin d’aide. Une vie humaine est en jeu.»
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Selon un sondage récent , 42 % des Québécois considèrent le suicide comme un geste acceptable. Ce chiffre grimpe à 50 % lorsque les répondants ont un diplôme universitaire.


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Si le grain ne meurt
Les sentinelles du suicide proviennent d’un peu partout sur le campus : Service des résidences, Service de sécurité et de prévention, Service des activités sportives, Bureau des bourses et de l’aide financière, Bureau du registraire, professeurs, conseillers en gestion des études, directeurs de programme, etc. Grâce à la formation reçue, ces personnes sont plus attentives que d’autres à des petites phrases qui sortent de la bouche d’un étudiant et qui témoignent d’une grande détresse, que ce soit d’un point de vue financier, scolaire ou amoureux, du genre «Je ne m’en sortirai jamais», «Je vais bientôt régler le problème», »Je vais disparaître», pour ne citer que ces exemples. Sans compter certains indices qui révèlent que quelque chose ne tourne pas rond chez un étudiant, comme une absence prolongée des cours ou la remise d’un travail bâclé ou incohérent. Enfin, pour venir en aide à leurs compagnons en détresse psychologique, les étudiants de certaines facultés et écoles, dont celles de médecine, de  pharmacie et de psychologie, veillent également au grain, ayant mis en place des groupes d’entraide visant la prévention du suicide.

Selon un sondage effectué en septembre 2006 par Léger Marketing, 42 % des Québécois considèrent le suicide comme un geste acceptable. Ce chiffre grimpe à 50 % lorsque les répondants ont un diplôme universitaire. «Beaucoup de personnes pensent que le suicide est un choix individuel et qu’on doit respecter ce choix, affirme Louise Careau. Mais on ne répètera jamais assez que la personne qui songe au suicide est souvent dans un état dépressif et qu’elle souhaite avant tout faire cesser la souffrance. Il faut à tout prix éviter de banaliser le suicide.»

Dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide, le Centre d’orientation et de consultation psychologique présente un atelier intitulé «Comment aider une personne en détresse», le 7 février, de 12 h à 13 h 30, à la salle 3425 du pavillon Alphonse-Desjardins. L’entrée est libre.

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